LA FEMME ADULTÈRE
Tableau de Poussin.
CnKz les peuples civilisés les législateurs, obligés de prévoir l'adultère , source féconde de troubles dans les familles , le punirent de manière à en éloigner par la crainte du châtiment ceux qui ne trouveraient ni dans la conscience, ni dans les prescriptions de la loi, une puissance capable de les préserver daussi malheureux écarts. D'après la loi de Moïse, quand un jugement, rendu par les prêtres sur la plainte d'une des parties et sur la déposition de plusieurs témoins, avait reconnu l'adultère, le coupable était conduit hors de la ville et lapidé par le peuple.
Sachant avec quelle indulgence Jésus recevait les pécheurs , les scribes et les pharisiens voulurent le tenter et voir s'il pourrait éluder la condamnation pronoÈicée par le législateur et laisser con^ sidérer comme indifférent un crime que tous les sages avaient flétri. Ils amenèrent en sa présence une malheureuse femme sur- ^ prise en flagrant délit, et comptant l'accuser de prévarication s'il la renvoyait , de rigueur s'il la condamnait, ils lui dirent : Maître , la loi nous ordonne de lapider les coupables; vous donc , que dites-vous ? Au lieu de leur répondre , Jésus se baissant écrivait avec son doigt sur le sable. Après quelques instans leurs questions devenant plus pressantes , il se releva et leur dit : Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre : puis il se remit à é'crire, et quand , honteux de se voir démasquer et ne sachant que répondre, les accusateurs se furent retirés, Allez en paix, dit-il avec bonté à la pauvre femme interdite, allez en paix et ne péchez plus.
Poussin a représenté d'une manière pleine de noblesse et de dignité cette femme coupable, toute, honteuse de son crime, intimidée par la présence des témoins et cependant conservant encore quelqu'espérance dans la bonté de son juge; elle est à genoux ,. dans le désordre où on l'a surprise. La figure du Sauveur, un peu courte j n'a pas toute la majesté, toute l'élévation qu'on aurait droit de désirer ; mais les autres personnages, animés de séntimens divers , sont peints avec une vérité et un talent audessus de tout éloge. Dans le lointain parait une autre femme qui semble comprendre que sa présence serait inconvenante au milieu d'une telle discussion.
Ce tableau fut peint vers i653pour l'architecte André Lenôtre. Il passa depuis dans la collection du roi t et se trenve maintenant dans- la galerie du Louvre.