‹ Musée religieuxChapitre 35 sur 47 · L'ENFANT PRODIGUE · texte numérisé non relu

L'ENFANT PRODIGUE

Tableau de Salvator Bosa.

Quand il eut dissipé dans la débauche tout ce qu'il avait reçu de son patrimoine , l'enfant prodigue vit arriver pour lui le temps de cette épreuve-, où le regret du passé vient ajouter aux affreux pressentimens de lavenir. Il avait abandonné un père plein de bonté , une existence assurée , pour se jeter dans une voie qui n'aboutit jamais qu*à la bonte« et trop souvent au désespoir. Privé de toutes ressources, n'ayant plus que l'humiliation d'une misère profonde à attendre, il se vit réduit à garder de vils animaux : lui qui naguères étalait aux jeux de tous le luxe de la richesse et la magnificence de la grandeur, il n'a plus pour vétemens qu'une toile grossière, pour compagnons que des pourceaux ; et quand , pour ajouter à son infortune , la famine vient endurcir à son égard le cœur de fvs maîtres , il doit se contenter de partager la nourriture de ceux dont il était forcé déjà de partager la société.

Il se rappelle alors l'aisance qui règne dans la maison de son père : il se souvient de tout ce que les valets même y obtiennent d'égards« de bienveillance et de soins : il reconnaît sa faute, se prosterne, et s'écrie, le cœur oppressé par le repentir : « Je me lèverai et j'irai à mon père , et je lui dirai : Mon père , j'ai péché contre le ciel et contre vous ; je ne suis plus digne d'être appelé votre fils, traitez-moi comme l'un de vos serviteurs. >

L'expression de la figure de l'enfant prodigue , son dénûment, la perfection de tous les détails et l'harmonie dés couleurs rendent ce tableau remarquable au milieu des belles productions du pinceau hardi de Salvator Rosa.

■Il

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