RETOUR DE L'ENFANT PRODIGUE
Tableau de Murillo.
Après avoir courageusement dépouillé cette fausse honte, presque insépara])le d'un retour consolant , il est vrai,. mais pénible pour la nature, l'enfant prodigue se leva comme il lavait dit , et se mit en marche pour aller se jeter aux pieds de son père. La crainte dés reproches quil avait si bien> mérités venait agiter son cœur, et le troubler -au milieu des efforts qu'exigeait sa résolution : il surmonta ces obstacles , sut dissiper ces craintes , et aperçut enfin , à travers les larmes dont ses yeux étaient remplis , le toit paternel qu'il avait naguère^ si cruellement abandonné. Mais avant qu'il se fût présenté comme un étranger à cette porte , autrefois Ja sienne , son père avait reconnu , sous les haillons de la misère , le nls dont il déplorait l'égarement. Au lieu
d'attendre avec une dignité , que son cœur ne pouvait admettre , les premiers mots d une justification toujoui*s facile auprès a un père, il courut à sa rencontre, le pi*essa dans ses bras , le serra contre son cœur, etne répondit à sa demande d^étre compté parmi ses serviteurs , que par l'ordre de 1^ revêtir des habits de sa première jeunesse , de tuer le veau gras , et de s'abandonner à la joie.
Tous les détails de ce tableau sont d*une exactitude remarquable. Murillo a su donner à la figure du père une expression de bonté qui n'est égalée que par la aouleur exprimée dans les traits du fils. Le veau gras qui parait sur la gauche, et les élans joyeux du chien fidèle qui veut être aperçu et recevoir un signe de souvenir de son jeune ipaître, sont deux épisooes qui donnent à cette composition si remarquable un nouvel intéi*ét.
Svmtit pinJT .