‹ Musée religieuxChapitre 42 sur 47 · LE DENIER DE CÉSAR · texte numérisé non relu

LE DENIER DE CÉSAR

Tableau de Valentîn.

Les .pharisiens , habitués à des jeûnes austères , à de longues prières , à d'abondantes aumônes , étaient généralement regardés commes des hypocrites qui cher-' éhaient, dans Tapparentè régularité de leur vie, un inoyen d'obtenir la considération , souvent même d'arriver à- la fortune. Quelque régulières que fussent leurs inœurs , quelqu' étendues que fussent leurs lumières , ils n-aimaient pas Jésus-Christ : sa morale douce , sa sagesse admirable, n'avaient pu les entraîner, et, la haine succédant à la prévention , ils cherchaient sans cesse l'occasion de lui nuire. Quelques-uns d'entre eux lai demandant tin jour si l'on devait payer le tribut à César, Jésus connut leur malice , et, se faisant présenter

une pièce d'argent, de qui est cette image ? leur demandat-il. — De César. — Rendez donc à César ce qui est à César , et à Dieu ce qui est à Dieu , leur réponait-il.

Yalentin , né à Coulomniiers en 1600, et mort en 1 634 j ^ rendit fort jeune à Rome , y suivit l'école de Simon Youet, étudia Nicolas Poussin, mais surtout s'appliqua à imiter Michel-Ange Amerigi dans la vi-

Î^ueur de ses tons. Il consulta , mais ne choisit jamais a nature* Son tableau du denier de César est remarquable par le naturel et l'expression des traits des pharisiens , par l'étude des draperies et le ton vigoureux du coloris. Si la figure du Christ avait plus de noblesse , un seul reproche pourrait être adi^esse au peintre : il reposerait sur l'impardonnable anachronisme des lunettes ; c'est une erreur inconcevable , et qui , certes , aujourd'hui , soulèverait contre l'auteur de nien amères critiques.

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