‹ Musée religieuxChapitre 45 sur 47 · LA CENE · texte numérisé non relu

LA CENE

Tableau de Léonard de Vinci.

AU milieu du dernier repas que Jésus-Christ prenait avec les Apôtres, il leur apprit la trahison qu'un d'entre eux méditait contre lui. Gnacun d'en témoigner sa surprise, et Judas ïscariote de répondre précipitamment : Sera-ce moi , Seigneur?

C'est le mometit qu'a choisi Léonard de Yinci dans la composition de son admirable tableau ; nul n'offrit jamais plus de simplicité , de noblesse et de beauté dans l'ordonnance , de variété dans les groupes , d'ensemble dans les détailsi La diversité des caractères des têtes prouve qu'elles ont été étudiées d'après natiu'e par un nomme qui avait acquis une profonde connaissance du cœur humain , et qui a laisse à ses successeurs un modèle sublime , réunissant la force et la vérité à la no> blesse.

Ce tableau fut peint à l'huile sur le mur du n'fectoire dos Dominicains de Milan , au-dessus de la porte d'entrée. Louis XII eut le projet, tandis qu'il possédait le duché de Milan , de le faire apporter en France ; mais il fallait enlever le mur, et la difficulté de cette opération mit obstacle à ce désir. L'empereur Napoléon en fit faire, en mosaïque , une copie qui ne put être terminée en 1 8 1 5, et qui depuis a été transportée à Vienne. Il est fâcheux que des restaurations souvent maladroites, mais exigées par les dégradations considérables que produisait l'humidité , aient fait perdre à ce chef-d'œuvre une partie de sa première perfection.

Sa largeur est de 18 pieds, et sa hauteur de 8. La gravure faite par Raphaël Morghen , d'après le dessin de Matteini , est la plus estimée.

Page 1