L'ANNONCIATION
l'ablean de Solim«ne.
Peu de sujets ont été traités plus souvent par un pi us grand nombre de peintres , et cependant, il faut le dire, pour excuser le choix de ce tableau, peu l'ont été avec moins de bonheur. Quelques peintres ont placé ]a Sainte -Vierge debout, d'autres ont cru devoir la repr^nter à genoux , et quelques - uns assise. Il en est peu qui aient donné à ses traits cette expression d*hu milité soumise et résignée qui doit exprimer ce qui se passe dans son cœur. Notre Poussin lui-même , si ha • oituellement exact et scrupuleux observateur de la vérité et des détails historiques, a paru oublier, dans cette seule circonstance , les qualités si remarquables qui distinguent tous ses ouvrages.
Sans doute la composition de Solimène est bizarre dans son ensemble et dans ses différentes parties, et la critique doit d'autant moins y signaler des défauts , que peut - être sera - 1 - elle jugée au - dessous de cet examen. On reprochera avec raison à la Sainte-Yierge sa position , à l'ange Gabriel son costume , et l'auteur lui-même, s'il eût vécu à une époque où le goût plus épuré dirigeât les maîtres de l'art dans leurs ouvrages , n'eût pas cherché à excuser les défauts de celui-ci. Contentons-nous donc de constater un fait : c'est qu'une Annonciation parfaite dans son ensemble et dans ses détails est encore à naitre sous le pinceau d'un artiste. Peut-être ce chef-d'œuvre est-il réservé à l'école moderne, qui nous a si peu habitués à voir traiter dignement de grands et beaux sujets religieux.