Musée royal de Naples
L>e pieux cm peroar TbMMioM (Wftint de dutruiro \eti stz'.ixes peu décent» et ■v.tret uiouunu'iiii i\c9 paient, pour peipétuet et montrer au grand jour tent 1* ridicule, tuiit«i les iufsmi:^ Jet fauiten teligiont , et pour en intpircr le méprit et l'tbominttion.
P. STLTAtV MADEtOSAI..
Le souvenir du passé fait le charme et la consolation de la vieillesse. De tous les temps les générations près de s'éteindre ont déclaroé contre les mœurs des générations naissantes. Celte concordance d'opinions s'étant transmise de siècle en siècle , il semble qu'en remontant jusqu'aux époques voisines de la création on devait arriver à un âge d'or, de vertu et de pureté. Par le même raisonnement, en redescendant par la pensée la série des siècles à venir , on
devait atteindre à uue époque de telle dépravaliun ([uc l'euprit se refuse à en concevoir toute Ténormité. Raturonsnous , ce n'est qu'un ieu de notre imagination inquiète , une faiblesse de l'hunianité. La civilisation adoucit les mœurs , loin de les corrompre. Il n'y avait au monde qu un liomihn et une femme , et il existait entre eux une complicité de séduction. Il n'y ovdC encore que (rois hommes, et Ton comptait déjà un vieillard parjure « un fratricide et une victime innocente.
Les saintes Écritures, ainsi que les histoires profanes des premiers et des plus grands peuples du monde, n'offrent qu'une série de dégoûtantes atrocités. Nemrod fonde l'esclavage; des populations entières, livrées à la débauche la plus déboutée , périssent par le feu du ciel» et le lac Asphaltito engloutit dans ses eaux empoisonnées les restes impurs de Sodomo et de Gomorrhe ; Loth cohabite avec ses propres filles; nn roi du Jérusalem fait couper les pieds et les mains à soixante et dix princes ou grands personnages . et le« fait ramper sous sa table; Abiméleck monte sur le trdne , porté sur les cadavres de ses frères qu'il a assassinés; Âristobule condamne sa mère à mourir de faim; Hérode fait massacrer les enfans au-dessous de deux ans. Tirons le rideau sur les images sanglantes et honteuses qu'offrent les histoires de la Grèce et de Rome; elles ont été suifisamment décrites !
K Voudrois-tu peirser qae l'espèce va se détériorant I garde-
> toidel'illnsion et des paradoxes do misanthrope. L'homme
> mécoirtent du présent suppose eu passé une perfection
• mensongère qui n'est que le masque de son chagrin. Il
• loue les morts en Ivaine des vivans» fi bat les enfans avec
• les ossemens de leurs pères.
» Pour démontrer une prétendue perfection rétrograde il 9 faudrait démentir le témoignage des foits de la rai&on; et^
» s'il.r^ste aux faits passés de l'équivoque, il faudrait dé- » nie^îir le fail sulwiislaiJt de l'organisation de l'homme; il » faudrait prouver qu'il naît avec un usage éclairé de ces • sens; qu'il sait sans expérience distinguer du poison Tali- » ment; que l'enfant est pins sage que ?.e vieillard, l'aveugle » plus assuré dans sa marche que le clairvoyant ; que k l'homme civilisé est plus malheureux que l'anthropophage; » en un mol qu'il n existe plus d'échelle progressive d'expé- » rience cl d'insUniction, etc.. » ( Les Ruines , cli. xnl. )
Le mal et l'ignorance naquirent avec le monde, et Dieu voulut que l'homme devînt meilleur par la suite des temps en devenant plus éclairé. Il lui laissa le soin de perEèclionner son ouvrage dès qu'il en connaîtrait toute la beauté. La science et la vertu régneront sur la.surface du globe; mais, hélas! leur puissance parvenue à son apogée, redescendra vers son berceau , et la fin de cette grande période sera signalée par î? renaissance du mal et de l'ignorance. C'est la loi immuable : tout naît pour mourir, tout meurt pour renaître!
Il appailient à une voix ptlus éloquente que la nôtre de proclamer ces grandes vérités. Pour nous, amant obscur de la science, nous nous sommes contenté d'interroger quelques monumens , quelques traditions appartenant aux grandes époques de l'antiquité , et une sincère conviction nous fait dire que les mœurs sont actuellement plus douces, plus pures qu'elles ne l'étaient alors ; que nous avons en un mot acquis avec plus de science plus de vertu.
TSous n'ignorons pas que quelques aveugles partisans des cmps anciens prétendent qneles nudités obscènes qui appaijissent continuellement dans la littéralwre comme dans les eprésenlations artistiques desbçaux temps de la Grèce et de
Rome ne sont que les indices de la simplicité et de la candeur. Les sauvage» même de nos jours peuvent, disent-ik, servir de nouvel appui à cette hypothèse. Qu'est-ce à dire ? La pudeur n'est donc qu'hypocrisie; les anciens dont le la^uf^ge et les habitudes étaient empreints de tant d'obscénités valaient donc mieux que nous qui jetons le voile épais du mystère sur nos plus innocentes faiblesses? Yoas nous citez les peuplades sauvages ; mais consultez les voyageurs les plus dignes de foi , tous vous diront qu'il existe chez elles un sentiment inné de pudeur que la civilisation développe rapidement. Et pour être moins modeste que l'homme civilisé, le grossier insulaire en est-il meilleur? Est-ce aussi par simplicité et candeur qu'il attache tant de prix à teindre son tomahawh dans le sang de son semblable; qu'il t^c fait de son crâne une coupe hideuse , et qu'il trouve tant de jouissance dans un repas de chair humaine?
Pétrone qui chanta une honteuse victoire sur un jeune éphèbe ; Virgile qui soupirait pour le bel Alexis ; Ovide et Horace qui célébraient en vers pompeux l'inceste et t'adultère , méritaient donc d'obtenir avec la palme poéti({ue des courotineA civiques?
Avant que le christianisme eût révélé à la terre ses grands secrets de civilisation , les hommes rendaient un culte bigarre aux objets mattViels qui agissaient le plus directement sur leurs sens. On peut même pen«er que bien lon^-temps avant l'ère chrétienre il n'y avait d'autre culte que celui des symboles. La divinité qui présidait à la reproduction de l'espèce humaine,miracled« toutes les époques, méhlaitThommage le plus pur. Ce vague désir qui précède l'union de deux amans, la brûlante volupté qui en signale l'accomplissement, la doucc langueur qui la suit y tout reçut nii
nom, une ime, un attribut, et Tamour fut salué roi des deux par les acclamations du monde :
Quidquid araor jussit uon est coutemuere tulucn : Regoat et iu supeios jus habet ille deos.
OvïDEj epist. 3.
Un culte qui naquit avec le premier sentiment d'amour fut consacré surtout à l'emblème de la virilité. Même aujourd'hui les Arabes le prennent à témoin quand ils veulent faire un serment solennel ; les paysans de la Fouille l'appellent : // meinbro santo. On en fit une divinité qui présidait tour à tour à l'hymen , à la fécondation, aux plaisirs de la campagne, à la conservation des fruits, aux ruisseaux, aux fontaines, aux bosquets :
it'eau sur tten brvrHs invît» la -vcrilure,
Et ia verJore invite les amour.s.
DESHOoneast
Les législateurs des peuples sentirent la nécessité de consacrer un culte qui favorisait singulièrement le développement de la population , et ils donnèrent eux-mêmes en conséquence rexemple d'une dévotion fanatique pour une religion qu'ils méprisaient intérieurement.
S*il faut en croire Diodore, Plutarque, Pausanias, Origène, saint Jérôme, Piulïin et quelques autres écrivains, tant anciens que modernes, le culte rendu au pfialtus , ou signe priaplque, se rattache à l'histoire d'Osirîs, Voici çn peu de mots ce qu'ils racontent h cet égard :
Usirig , prince égyptien, époux d'Isig, partit pour une guerre lointaine, laissant à son frère Typhon iç soin de gou-
verocr ses états pendant son absenco. Celni-ci trompa cruellement la confiance de son frère ; il chercha à s'emparer du trône et à suborner sa l)elle-sœur. Osiris à son retour s'efforça de ramener son frère par la douceur et les bons procédés . mais le traître cachant sa perfidie sous le masque de l'hypocrisie conçut Thorrible projet de faire périr son rival. A cet etiet il l'invita à un grand festin auquel a8«isterent plusieurs officiers de sa cour qui lui étaient dévoués. .Vprès It; repas on apporta un grand coffre, et Typhon proposa à chaque convive d'essayer s'il pourrait y entrer et en remplir parfaitement l'intérieur. Le premier il tenta Vépreuve; ei lorsque vint le tour de son frère Içs conjurés •« précipitèrent dessus et l'enfennèreut. Le coffre qui contenait la royale victime fut jeté dans le KiL
Isis dé.sespénre de la mort de son époux parcourut les liords du lleuve dans l'espérance d'y trouver ses restes précieux. Fnlii) elle .tpprit qu'ils étMi(>nt en Phénicie, cachés sous des ro-seaux ; elle >'y rend sans délai , trouve l*objet de ses ardentes recherches et le rapporte en Egypte. Mais l'implacable Typhon instruit de cet événement fait enlever le corps de sou frère, et le fait couper en plusieurs morceaux qiTi furent dispersés de divers côtés. La malheureuse Isis les recueillit avec soin, leur fit denner la sépulture, et consacra les parties génitales qu'elle n'avait pu trouver : à sa mort , qui arriva ]>eu de temps après cet événement, les Égyptiens I.) )>la(èrent ainsi que son époux au rang des dieux. Des f^Vs cl mystères furent institués en leur honneur. Qn porta la représentation du phallus d'Osiris, consacré par Isis, dans 1ei> pi-ot cssions publiques , et ie culte de cet emblème de l'amour coiiiu«;al devint bientôt général en Egypte '.
H^ctjffoie., 11; 4^. 4^
Hérodote parle d'une fête célèbre chez les Égyptiens et les Grecs, et qu'il désigne sous le nom de (^«.xxttymyici, ou ïiiitipux>,icif pompa.phaUi f et ajoute que les femmes suspendaient à leur cou de petites figures représentant le signe de la virilité '. Osiris devint dans l'esprit des peuples, le symbole du soleil, principe du feu , générateur de toule la nature, et il est remarquable en effet que toutes les religions anciennes se sont accordées sur la même doctrine, ne différant entre elle que parla liturgie. Les Scythes, les Égyptiens, les Phéniciens, les Persans , les Babyloniens, les Indiens, l&s Grecs, les Étrusques et les Romains furent d'accord sur ce point. Le culte si célèbre de Milhra n'est pas autre que celui du soleil, que celui d'Osiris,du lingam, de la vertiv fécondante. Il en est de même de ceux de Bacchus, d'Apollon , de Yestà, etc. On n^ignore pas non plus que le Zend-Avesta est le livre d'une religion semblable, comme son nom l'indique, fea vivant. Enfin, co même «ttlte a suivi les longues routes de la civilisation pour arriver jusqu'à nous. Dans plusieurs de nos départemens on est encore dans l'usage d'allumer de grands feux la veille du jour de la Saint-Jean , époque de la plus grande exaltation du soleil : c'est le solstice d'été. La même coutume existait il n'y a pas bien long-temps à Paris; on peut voir dans Phistoirede Dulaure quelesroisde France se faisaient un devoir d'y assister. Et pour que rien ne manque à la ressemblance , l'usage dans certaines villes de France, et notamment du Midi, est d'accompagner les grands feux de la Saint-Jean par des aspersions d'eau froide que les gens du peuple se prodiguent réciproquement, au milieu des risées et des trépignemens de joie. Qui ne voit là
> Les prêtres chargés de porter Its phallus se aommai«ut phaVo^ phores : c'était une dignité fort recherchée.
un reste défiguré dêt luttrations sacerdotales, des mystiques ablDliuns de rantiquité?
Les Phéniciens en adoptant le culte d'Osiris le transmirent anx peapies de l'Orient. Là le phallus fut adoré par les Moabites et les Madianiles sous le nom de Belphigor ow Bielpk/gor '. En tOkl, Baal ou Béel» divinité dont il est souvent question dans les saintes Écritures ^ et au nom de laquelle les Moabites ajoutèrent le nom de Phégor, signifie avec cette adjonction dieu nu , attribut qui convient à Prinpe, D'après ce qu'on lit dans les Nombres, la fornication était consacrée à Btlphégor; et enfin la Yulgate a traduit le nom de Mipherletuth , qui est la même chose » par celui de Priape *. Les Phrygiens prirent ches les Moabites le culte de celte étrange divinité, et il reçutchexeux, particuUèferoentà Lampsaqne, le plus grand développement. Ces peuples adorèrent celte idole sous le nom de Priap* , qu'ils supposèrent fils de Vénus et de Bacchus, et instituèrent des fêtes et des mystères en son honneur. Enfin ce même culte passa chez les Grecji, ainsi qu'un peut le voir dans Hérodote, et de ceux-ci chez les Romains. Saint Augustin assure que, dans plusieurs villes d'Italie, non-seulement on portait le phallus co triomphe dans d&H processions publiques, mais encore qu'on chantait en son honneur d'obscènes cantiques; et enfin qu'il était solennellement couronné' par la plus grave matrone ' !
3nns doute chez ces peuples l'exposition du phallus ou llngam dans les temples fut une suite de la mutilation de certainsprétresqui, pour mieux honorer la divinité,faisaient abni'gation des plaisirs qui ne semblaient faits que pour elle;
» Mjrthof. de Dauîcr-
• Vouius, (te Idol. , Ht. ii, chap. 7.
' August. de Cif>. Dti
mais pIiM tard les prêtres conmrvërent le symbole en ft*abstenant de la mutilation.
Les mystères auxquels cette religion donna lieu sont connus sous bien des noms; nous citerons les pinn célèbres :
Dionysies, ou fêtes diûnyxia^ftus.
Diohysifs^ oufétes dionysiaques, en Thonnetir de Dionysos le Bacchus des Grecs, ainsi appelé de A/w génitif de Z<wV, Jupiter, père de Bâcchus, et de n»»-*?, lien de sa naissance.
BacchanaltSf fôtes d'origine égyptienne , qui différaient peu des dionysies. Dans celles-ci on .sacrifiait nu porc , et dans les premières un bouc.
LupercaUSf dérivé de tupits, parce que le chien, autre emblème du phallus j et l'ennemi du loup •
Brauromles , mystères licencieux.
Homophttgtes f oh figuraient des jongleurs qtn mangeaient de la viande crue.
Orgies, du mot tfyij, fureur, colère.
TA,yM,deThya, maîtresse de Bacciius, d*oùlesbacciiantes ont été appelées Thyade^ .
PyrodulU, culte du feu.
Orphtqu$s, orgies de Bacchus, instituées par Orphée, eJc.
Ornées, priapées , fêtes de Priape.
Cotyiies, fêtes en Thonneurde Cotyto^ déesse de la débauche.
Il nous reste à ajouter que la superstition, née des excès d'une imagination brûlante dans les climats méridionaux, attribua au «igné priapique des y€rtufi extraordinaires. Les
* Il y avait en Egypte us««ontrée noramée Lycopolite; ie« loups y rtaieot adorée. La traditiou , ttlou Diodore , disait qu^Isis et Korus , son fils , se disiwsant à combattre Typhon, Osiris rerint des enfers sous la forme d'uQ lonp, et les aida dans leur entreprise. Ne serait-ce pas l)k la Téritable origine des fêtes appelées Lupercales p
femmes stériles suspendaient à leur cnn de petits pAa/'ui en bronze ou en pierre ; les homoies poursuivis par des génies malfaisans en portaient également sur eux pour éloigner les charmes etlesmauvaissorts; on allait en pèlerinage dans les temples de Priape; on s*agenouiIlait devant les phallus; à une certaine époque de Tannée on sacrifiait à ce dieu lavirginité d'une jeune fille. Dans ces occasions la victime était placée sur Tat tribut viril de la statue à^ dieu, et y restait jusqu'à l'entier accomplissement dece honteux et cruel hommage. < Mentulâ arrectâ et in sinum ejus, priusqudm ad mai> ritum deducei'etur , nova nupta locari soUbaty ut ejus pu- » dicitiam. prior deus proeîibasse videatur. > (Lactance.)
Lactance parle ici du ddeu Mutinas, qui avait un temple à Rome; mais il paraît résulter d'un passage de saint Augustinquecette divinité n'était pas autre que Priape lui-même.'
Le (Christianisme vint enûn saper les fondemensde ce culte abominable : les idoles furent renversées ; mais les- hommes en conservèrent le souvenir dans le fond de leur cœur, et il faut dire avec douleur que, variant les formes de ces rite* impurs, ils en ont perpétué l'usage. Ainsî en Italie, ot'i Ih superstition a conservé de profondes r,icincs, or\ considère l'attribut de la virilité comme un >i\\r préservatil" contre les mauvais sorts *. Dans le royaume de Naples surtout, et en Sicile, chacun porte sur soi, les femmes «ur leur sein et les hommes à leur chaîne de montre, de petites cornes en corail, en lave, en ivoire ou autre matière. On en voit d'une immense dimension dans les antichambres de plusieurs personnes qu'onn'aurailiamaissoupçonnéesd'unepareillefaihlesse, et
' s. Aujçoit.. de du. />«■!, VI.
"> Geftaturm^tit gettare, ]elf\-
nul ne rougit d'avouer que oe itora des talismans contre les charmes. Ces cornes ont été substituées par pudeur atix;»Aa/lus des anciens auxquels on attribuait également des vertus •préservatrices contre les mauvais sorts. Nous voyons,en effet, plusieurs de CCS représentai ions obscènesgarniesd'unequaivtité de petites sonnettes ; il n'est plus douteux alors que ces objets ne ser>'issent d'amulettes, puisque les sonnettesétaient consacrées à Priape, qui se nommait également /2pivvvtç (trepitosus). Théocrile disait que le bruit du bronze était tc/eî\uftx.i>i TÛv (4.1*0- fji.ù,r ai ( qui détruit les impuretés). Ne serait-ce pas une tradition de ce préjugé qui fait croire aux gens de campagne qne le bruit de la cloche éloigne les orage*?
Rien n'est plus curieux à observer que cette vénération de certains peuples modernes pour les cornes considérées comme talismans. En Italie, quand il arrive qu'un homme a négligé de prendre sur lui une de ces singulières amulettes, il n^estpas rare de le voir poiiersa main avec affectation sur ses parties gépitales, à l'aspect d'une personne dont la physionomie malencontreuse fait naître des soupçons de maléfice. Bien plus, nous avons vu maintes fois nous-mêmes en Sicile des hommes crédules, des femmes même] témoigner le plus grand respect possible à des prêtres ou à des moines, en portant légèrement le bout des doigts vers les parties viriles de ces derniers, et puis se baisant dévotement la main. £n Espagne il eu est de même; et chez les mahométans les /emmes enceintes tiennent à grande consolation de pouvoir baiser les parties sexuelles d'un homme fou. Dans l'Orient le culte du pl.allus s'est perpétué avec plus de candeurehcore ; et le lingam ou puUeiarf adoré chez les Indiens, est , comme on sait, une représentation de l'union des deux sexes.
su.
Une autre traditiou, appuyée sur des témoignages trop suspect» pour mériter d*ètre examinée sérieusement, a fait dire à pluâieurs écrivains que le culte du phalltu avait pria son origine à Athènes , après la cessation d'une épidémie vénérienne. On institua, en signe de joie et do reconnaissance) des processions auxquelles assistaient Ic4 matrones les plus graves, portant à leur cou des représentations des parties génitales de leurs maris rendus ù la santé. Quoi qu'il eh soit de la vérité de cette tradition, il est incontestable que ces images obscènes furent pendant long-temps un ornement fort recherché par lej» dames. On a retrouvé des portraits de femmes, d'ailleurs vêtues fbrt décemment, ayant des colliers composés d'une série de petits phallus; c'étaient des ex-voto où entrait l'image du dieu autant de fois que les dames en avaient été exaucées dans leurs vœux. De même que la fillie d'Auguste mettait chaque matin autant de couronnes sur l'image de Priape qu'elle lut arait oiFcrt de sacrifices pendant la nuit.
Que Ton ne se fasse pas illusion sur ces mots de graves matrones et de respectables dames que nous empruntons à des écrivains du moyen âge ! Les mœurs auxquelles les femmes de l'antiquité sacrifiaient étaient dissolues et scandaleuses ; les nudités de cette époque et les écrits impurs de ses écrivains sont des témoignages irréfragables du libertinage qui régnait alors dans toutes les classes. C'était le temps où les hommes ne rougissaient pas defaireconnaitre au mondequ'ils avaient obtenu les faveurs d'un bel adolescent, et que les femmes s'honoraient du nom de tribadea. Ces dernières étaientellesmêmes des souvenirs vivans des fabuleux hermaphrodites , au sujet desquels nous allons entrer dans quelques détails :
Alli
Un fils de Mercure et de VénuB, doué d*une rare beauté , s'arréUi un jour prèa d'une fontaine dont Tonde pure et tranquille l'invita à se baigner. La naïade Salmacis devint tellement éprise de ce beau jeune homme qu'elle lui offrit ses plus secrète» faveurs ; mais l'ayant trouvé trop timide ^u trop InMnsfble , elle en mourut de douleur. Les dieux nrireut piiié de cette infortunée ; ils la ressuscitèrent , et l'unirent à son amant en confondant leurs sexes :
.' Nec fœmina diéi
Nec puer ot pottent, n«atranque et utratuc|uc viJeutur.
Oviut.
Cet être bizarre, à la fois homme et fcmme^ fut appelé hermaphrodite, de Hermïs, nom grec de Mercure, et y^/>/iros, surpvta de Vénus, née de Técume de la mer. La fable n'a-t-eUe pas voulu désigner par cette allégorie ces femmes qui , nées sous un climat hrûlant,recherchent tous lesgenres de volupté avec l*un ou l'autre sexe ? Quelques-unes, dotées ou plutôt affligées par la nature d'une conformation extraordinaire, que la physiologie comprendet explique, sont en étatde procurer à^em« complices des jouissances éphémères sans but et par conséquent sans excuse. CeeX d'ailleurs un fait bien avéré qu'il n'y a et ne peut y avoir de véritable hermaphrodisme que dans le règne végétai et chez quelques animaux imparfaits , tels que les nàoUusques et les zoophy les , mais j amais chez les animaux parfaits, et surtout chez les mammifères.
Les Grecs donnaient aussi aux hermaphrodites le nom d'Jndrogynes, piot qui s'explique par lui-même. Il n'est pas extraordinaire que des peuples , livrés par éducation et par tempérament à tous les excès des passions amoureuses, aieot pocordéle? honneurs de la déification auxindividus qu'ils cou*