UN PRIAPE-HERMÈS
BROIfZB. — aRA.ICD COMME L ORICIIIAL.
Ce bronze fut trouvé à Portici. Il représente un vieillard dont la barbe est soigneusement peignée ; ses oreilles , de grande dimension ressemblcKit à celles. d*un faune. Il est vêtu de la robe appelée talare , nouée autour des rçins. Ses jambes semblent emboîtées dans une gaine» et ses pieds portent une chaussure ; sa tunique est retroussée ; sa main gauche repose sur sa hanche, et dé la droite il renverse un vase à essences sur son phallus. Cette partie dé notre statue est hors de toute proportion.
Il n'y a aucun doute que ce bronze n'ait appartenu à une chapelle votive. Le vase est censé contenir une de ces compositions auxquelles on attribuait la propriété de rendre aux athlètes de Vénus leur première vigueur.
Les anciens se plaisaient à composer des breuvages aphrodisiaques, ou réputés tels, auxquels les Grecs donnaient le nom de satyrion,
Théophraste, Dioscoride et Pline parlent avec complaisance des sucs et des onguens qui avaient la propriété de donner au mâle une vigueur extraordinaire *.
II paraît , d'après ces auteurs , que les tubercules de
Théophraste, op. — Dioscoride, m, i34. — Pline, zxyi, lo. pioacHc XY.
Vcrckii-kircina servaient de base aux préparations aphrodisiaques. Les magiciennes de la Thessalie faisaient dissoudre dans du lait de chèvre des tubercules frais de celte plante , et obtenaient ainsi un breuvage qu'elles donnaient aux vieillards épuisés pour rallumer en eux les feux de l'amour. Elles se sen'aient au contraire des tubercules qui , comptant déjà une année d'existence , étaient flétris et desséchés pour produire un ejffet contraire et éteindre les feux immodérés. Ce fut, s'il faut en croire les mythologues, à raido d'un semblable ingrédient qu'Hercule ayant reçu Thospitalité chez Thespius lui témoigna sa reconnaissance en déflorant, dans une seule nuit , les cinquante flUes du bonhomme. Procuîus ayant fait cent jeunes vierges prisonnières les rendit toutes femmes, en quinze jours. Un roi des ïndes, nommé Arulropk'de y ayant envoyé à Antiochus une plante de l'espèce des saiyrionSf Théophraste assure que l'esclave chargé de ce merveilleux végétal se vantait d'avoir, par son moyeu, offert de suite soixante-dix sacrilices à Vénus ^
Les Égyptiens nomment chanlendjdm-dgarbt une plante qu'ils considèrent comme aprodisiaque. C'est la marantagalanga de Linné.
Il y a peu d'années que l'on trouvait encore dans nos p'narmacopées dés élecluaires et des préparations auxquels on supposait la même propriété. On y voyait figurer en première ligne une espèce de lézard , originaire d'Afrique , le scincus ofjicinalis. Pris en poudre, on le considérait comme un puissant auxiliaire dans les combats amoureux.
Thcopluaste ,)):st. ix, 19.
PL.XVT