FIGURE VOTIVE
BROKXe. — aBA.XB.COyUK LOMUIlCÀI..
Un vieillard , dont la main gauche est enveloppée dans la chiamyde, à la manière des athlètes , répand sur son phallus la liqueur contenue dans un vase d'une forme élégante.
Ici, comme peiit-étre dans la planche précédente, le sens all^orique de cette figure est un des plus importans degrés de rimitation aux mystères d'Isis et d'Osiris, de Bacchus ou du Soleil. L'ablutipn était un symbole cher aux anciens ; il indiquait , à la fois , l'union de Teau et du feu , à l'époque où les bains sont nécessaires pour en tempérer les ardeurs. De là, ainsi que nous l'avons déjà dit , l'origine des feux de la Sainl-Jcan et des aspersions d'eau froide encore en usage, à cette époque de l'année, diaua quelques localités de France.
Dans Tapplicalion , le sens positif est selon nous la représentation d'un usage fort commun chez les Romains '. Le vase que ce vieillard tient dans sa main droite est censé contenir une essence aphrodisiaque, et en effet il cet à remarquer que les figures du genre de celle-ci re* présentent toutes des vieillards, les jeunes gens n'ayant pas besoin de recourir à ces irritantes préparations pour se disposer au coit.
>■ Voir rexplication de U planche XV.
pjuuioiu XVI. 8
Aux détails donnés à ce sujet dans Tarticle précédent nous pouvons ajouter les suivans :
Antoine } devenu éperdument amoureux de Cléopàtre, tomba quelque temps dans une étrange perplexité. Les excès auxquels il s'était livré dès les premiers jours, dans les bras de sa royale maîtresse , l'avaient énervé au point de le mettre hors d'état de satisfaire de long -temps aux désirs toujours impétueux, toujours croissans de celle-ci. Et certes Cléopàtre était par tempérament et par habitude la femme la moins propre à se contenter d'une mince ration. L'histoire a consacré le souvenir des prouesses vraiment prodigieuses de cette femme célèbre : sub unâ nocte sumpto cucutlo , /'n lupanari prostibulo centutn et sex virorum roncubitas pertuUt.
Antoine , ayant eu connaissance des nombreuses infidélités de son amante , entra dans une grande fureur , et la menaça même de la faire périr, si elle ne changeait pas de conduite. Cléopdtre épouvantée se résigna à être sage; mais ce fut aux dépens de sa santé. Elle tomba même si dangereusement malade, qu'Antoine désespéré crut devoir s'adresser incontinent à Quintns Soranus, savant médecin et grave philosophe. Il lui exposa, avec une grande franchise, les motifs du mal qui consumait la belle Cléopàtre ,' le priant avec 'instance de lui indicpier à la fois les moyens de tempérer l'ardeur qui dévorait intérieurement cette reine passionnée, et ceux de ranimer chez luimême les désirs et la vigueur. Quintus Soranus justifia la confiance du conâiil , et lui écrivit à ce sujet une lettre que l'antiquité latine nous a conservée ; on y trouve les passages que nous allons rapporter :
« Touché de tes chagrins, ainsi que devait l'être
» un ami dévoué, j'ai long-temps chercha par quels » moyens je pourrais alléger , ou même détruire entière- » ment l'anxiété dont tu m'as fait l'aveu. En conséquence , >' j'ai consulté plusieurs livres, et j'ai interrogé les ar- » canes de la nature , tant dans la classe des animaux » que dans celle des pierres , des arbres et des herbes ; » et quoique j'aie trouva bien des remèdes pour refroidir > les ardeurs de la luxure,. je n'ai découvert cependant » le moyen d'éteindre le feu du libertinage qre lorsque » conduit enfin , par suite de mes recherches , dans le » temple de Vénus de l'ile de Chio , j'y ai trouvé un » livre qui contient la véritable recette et la vertu de » l'oxiguent que je t'envoie , ainsi que des autres pré- » parations réservées à l'usage des femmes ; tu pourras j> juger de son efficacité par ce que je t'en dis et par » ta propre expérience. La vertu de cet onguent est teUe » que toute femme se sent tellement absorbée par l'a- » mour de l'homme qui s'en sert, en ayant commerce » avec elle, que le souvenir de toute autre passion s'é- » vanouit immédiatement. Voici la manière dont tu de- » vras te conduire dans les premiers fempis : abstiens-toi B pendant neuf jours de tout travail vénérien , de ma- » nière à ne rien perdre de tes forces. Fais usage d'ali- T> mens chauds , ainsi que de fromage , d'oeufs , de vin » fort et d'épices. Si tu étais vieux, ou que ton tempé- » rament fût Naturellement froid , je pourrais t'indiquer » les excitans employés par la médecine ; mais comme » tu n'en as pas besoin, tu pourras fair^ usage des mets » ordinaires. Ce que tu dois surtout observer ensuite, » c'est qu'après le neuvième jour , lorsque tu te prépa- » reras au combat amoureux , ton épée ne doit pas avoir
» moins de dix pouces de longueur. Que si tu n'obtiens » pas cela de la nature, tu dois Tobtenir de l'art. »
K To siquidem lac caprifici et radicem lierbce quœ dicitur Telliha , et tare dUigfnter ; et illines loeretram , et confricabis vianibus : et sic adprœdictam magnitudinem consurget. Postliœc , statim ut concnbitum perficere voluerit , totum veretrum prœfaio unguento inunges; et sic mittê infrà vulvam tnuUeris , quanta expeditiùs poteris. Mox enim jacto semine et liquefacto unguento , ianio amore lantdque dutcedine attra/iit infrd se tnatria , quôd illico concipit mulier. Nam in tanto amore ex eo mulier adducitur , quôd neque , càm devirginatur y ille amor huic potest tBquari. Non tibi verendum erit eam alio viro telle commisceri nisi qui sintiliter ei potsit facere. a
Le même Quintus Soranus adressa à Cléopàtre une lettre où se trouvaient de curieuses recettes à l'usage des amaps énervés et des femmes trop embrasées.
Pi.-xvn.
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