‹ Musée royal de NaplesChapitre 43 sur 49 · PL.LI · texte numérisé non relu

PL.LI

13a SPINTHRIA.

FRESQCB DE POHPÉl.

Sur un lit d'une forme aussi simple qu'élégante , deux jeunes amans se livrent un combat amoureux. La lampe qui veille auprès d'eux indique sufBsafnment que le peintre a trahi indiscrètement un de ces mystères qui ont tant de charmes dans l'ombre dos nuits. Alors que '^i troupe importune des soucis diurnes commence à s'endormir , la volupté s'éveille, et la pâle lueur d'une lampe éclaire souvent, dans l'alcôve d'un malheureux, des scènes de bonheur et d'ivresse.

On remarque dans- cette peinture, dont le style est assez bon , que les deux acteurs retournent la tête du même côté, et il est aisé d'apercevoir dans leurs regards une expression de surprise et de crainte; on devine qu'un indiscret témoin vient les interrompre '. Cette circonstance rappelle ces vers d'Horace lorsqu'il peint le bonheur et la tranquillité dont il jouit à la campagne :

1 Nec vereor ne , dùm futuo , vîr rare recarrat » » Jaaua frangatur, latretcanis; ondigue magno » Puisa iiomus strepitu resonet : vel pallida lecto » Desiliat muiier; miseram se conscia ciamet , » CruVibus hsBC caetiiat , doti deprensa : egomet nil » Discinctâ luaicâ fugienduoa est ,ac pede nudo; N Ne nummi pereant; aut pyga , aut deaiqoe fama. »

■ Fausta , iafâtue sœur du fameux LucuUu« , avait épousé Miion , que le meurtre de Clodius et la haraogue de Ciccrou ont rendu cc-

PLÀHCBB LI.

Si h. femme .(vte nous voyons sur cette fresque est , selon ridec -1(1 pelutre une courtisane > ri ne faut pas s^étonner de ^expression de crainte qui se manifeste en elle; car^ alors comme a\tjourd*hui, ces malheureuses femmes étaient nonseulement soumises à la plus rigoureuse surveillance dans leur. propre domicile, mais elles étaient encore en butte aux plus grossières plaisanteries des jeunes libertins qui couraient les rues pendant la nuit, ou qui allaient de jour au temple de Vénus , pour se divertir aux dépens des courtisanes, en barbouillant avec de la suie le visage de celles qui ne leur plaisaient point ; c^est ce qui fait dire à Âdelphasie, dans le Carthaginois de Plaute :

« Tu es, ma sœur, plus folle que je ne le désirerais: > l'imagii)cs-ta donc être belle parce qu'on ne t'a point » barbouillé le visage avec de la suie ? »

Les Romains faisaient une distinction entre les courtisanes (lencc) et les prostituées ( meretrices. ) Les premières s'imposaient la loi de n'attirer à elles aucun hbûime marié, et de rester fidcies à celui qui les entretenait, tant que durait la convention qui avait été stipulée entre eux; et remarquez que le plus souvent cette conventioi? résultait d'un acte écrit. La loi intervenait dans ces sortes de contrais , et punissait si^vèrement la courtisane qui avait conclulé même marché avec deux aipans.

« Contre la défense de la loi, tu as reçu de l'argent de » plusieurs. » ( TrncuUntust act. jv-, se. a. )

icbre. L'bistorieo Sallaste était l'amant de cette femme, ou plulA'; dtaît un de ses nmans. Milon les ayant surpris en flagrant délit , fit sdmîuislfcr à Salltiste ce nt 'coups d'ëlrivièrea, et ne le Inîssa partir qu'âprtS avoir tiré de lui une forte somme d'argent.

« Diabole y fil» de Glaucas , a donné en piir don à Cléérète » vingt mines d'argent, pour que Philénie ( sa fille , cour- » tisane) passe avec lui les jours et les nuits, pendant celle » année , et nullement avec tel autre que ce soit. » ( li'Annaire de Plaute, act. iv, se. i. )

Les courtisanes ne trafiquaient de leurs cliarn.es que pendant la nuit , tandis que les prostituées restaient sur leurs portes, le jour comme la nuit, pour attirer les passans.

Les courtisanes et les prostituées étaient tenues de se faire inscrire chez les édiles ; elles ne pouvaient appartenir qu'à la classe des affranchies , ou à celle des femmes libres de naissance qui n'étaient ,ni veuves, ni filles, ni petites-filles de chevaliers romains. Leur habillement différait de celui des dames romaines} elles étaient vêtues d'une tunique courte et d'une toge à peu près semblable à celle des hommes. Elles ne pouvaient porter ni de l'or ni des piérreiles en public; et quand elles voulaient être parées, un de leurs esclaves portait leurs ornemens dans l'endroit où elles devaient se rendre; elles les y prenaient et les quittaient avant d'en sortir. Elles se choisissaient pour la plupart des patrons ou des patrones de qui elles dépendaient entièrement. Quant à celles qui appartenaient à des marchands d'esclaves, elles payaient à leur malfre une part de leurs bénéfices, et celui-ci tenait un registre qu'il soumettait à l'inspection des édiles* Cah'gula fut le premier qui les soumit à payer un impôt.

Les courtisanes , tenues dans cet état d'esclavage par l'influence des dames romaines , qui ne rougissaient pas d*en être jalouses, prirent une éclatante revanche sous le règne de l'infâme Héliogabale. Ce jeune fou poussa l'im*

pudence jusqu'à s'enrôler lui-méiue paruii elles, et ce: exemple trouva de nombreux imitateurs dans l'un et dans l'autre sexe *.

» Suétooc, Op. omn. — Pélrooe, cap. 4o- ~ Tacite, Annal. — Tumel ,Advtrs , lib. xvi , cap. 19. — C. Laurent , de Adult, et Ment. , cap. a. — Brisson, Aniii/- celest. — Ferrar. , de re Fexùar. , lîb. t , cap. 3 et a3. — J.-B. Levée et Tabbé Lemonnier ■ Notes archéologitjuet sur te Théâtre des Lati'fft , etc.

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