DEUX MIMES-BOUFFONS
BROHZE. - HlUTEOn, EWYIKOM a POOCES.
Ce petit bronze, d'une bonne exécution , représente un de ces bouffons que les Latins appelaient sanniones. Leur emploi était de faire rire à Taide de la pantomime. Celuici est entièrement nu et montre un phallus d'une gigantesque proportion. Sa tét,e chauve et barbue se penche sur son épaule droite. Il fait une grimace expressive e% porte, à sa bouche l'index de sa main gauche. Son autre main • est fermée à l'exception du pouce qui est passé entre l'index et le grand doigt. Ce geste fndécent se nomme encore de nos jours faire la figue.
On consacrait à Mei*cure la prçmière figue et à Priape la vii^inité d'une jeune fille. Cette analogie ser$iil-elle l'orîgne de cette dénomination donnée à un geste impudique ?
Les anciens peuples méridionaux , et surtout les Grecs , taisaient un grand cas de la pantomime. L'art en fut transmis aux Romains, et s'est perpétué dans tout le midi de l'Europe : il est particulièrement porté à un graqd point de perfection en Sicile et à Naples.
 Naples, le théâtre est eh possession d'exploiter la théorie de l'art de la pantomime. Le polichinelle napolitain est chargé du rôle principal. Ce caractère , dont le
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type esl le casligut ridendo mores, csl de la plus haute antiquité , et la petite Hgure dont nous donnons Texplication peut être considérée comme un véritable polichinelle ; car à toutes les époques et chez toutes les nations il s'e»t trouvé des gens qui , sous le masque de la bouffonnerie , se sont arrogé le droit de tout dire-
Quant au caractère particidier et local du poHcliincllc napolitain, son origine date du moyen-âge. Il y avait à Naples, du temps où la maison d'Anjou y occupait le trûnc, un gouverneur français d'une humeur sombre et atrabilaire. Il avait à son service un domestique ndXiià'Acena, petit bourg situé sur le revers occidental du mont Vésuve , dont les habitans sont encore vêtus CQmme le polichinelle, c'est-à-dire coiffés d'un chapeau calabrais en forme de pain de sucre et sans bords ; pour tout vêtement un large pantalon , et par-dessus une chemise liée autour des reins en forme de blouse.
Ce domestique se nommait Paolo Ciniello '. Il était bouffon, spirituel, gourmand et poltron. Sou maître aimait beaucoup ses reparties empreinte? de naïveté , d'esprit et de justesse. Aussi , dans ses momens de mauvaise humeur, avait-il coutume de l'appeler près de lui, et ne pouvant répéter son nom qu'avec la plus grande difficulté, il le nommait Poul'chlneile, d'où les Italiens ont fait Pnlcinella.
Le n* a, petite figure en bronze , trouvée à Pompéi, est un autre mime bouffon qui balance nonchalamment la tête et les bras à la manière des pagodes chinoises. Ses deux index sont étendus, et semblent former une paire de cornes.
' Prononce» Tchiuiello,
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