‹ Musées de la HollandeChapitre 26 sur 72 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En France on n'a jamais peint les Français, je ne dis pas seulement les classes populaires, mais les groupes de tout rang qui constituent cet ensemble varié qu'on appelle la France. C’est ce que M. Alexis Monteil reprochait à l’histoire écrite. Combien ce défaut n'est-il pas plus notable dans les arts! La France a des milliers de portraits de Louis XIV et de tous les principicules de sa dynastie, mais de Rabelais, Montaigne, Corneille, Lafontaine, Molière, ete., c’est à peine si l’on pourrait retrouver la figure authentique. La France, dans les tableaux de son école, à des Hébreux, des Grecs, des Romains, des Vénus et des Vierges, des Amours et des Anges, des Hercule, des Alexandre, des César, — mais d'hommes et de femmes, point.

Si, pourtant. Jusqu'au xvu siècle, il y a en France quelques estampes secondaires, quelques vignettes, quelques caricatures, qui touchent à la vie nationale, mais point de peinture. Au xvr' siècle, apparaissent trois ou quatre artistes assez originaux. Watteau est un peintre français, — légal, non le pareil, du grand peintre romain, Nicolas Poussin, — et il a exprimé, sinon la nature naturelle, du moins une poésie tres-humaine par le sentiment et très-française par l'élégance et par l'esprit, Et Chardin, et Boucher,

et Fragonard, et Greuze, qui est un peu plus Normand que Nicolas des Andelys. Voilà tout. Ce n’est guère.

L'art hollandais, avec son naturalisme comme on se plait à dire, est donc unique dans l’Europe moderne. C’est l'indication d’un art inspiré tout autrement que l’art mystique du Moyen-âge, que l'art allégorique et aristocratique de la Renaissance , toujours continuée par l’art contemporain.

L'art de Rembrandt et des Hollandais, c’est tout

simplement L'ART POUR L'HOMME,

Page 1