INTRODUCTION. VII
bien des jours à regarder des tableaux, bien des nuits à lire des livres et de vieux papiers
Lorsque nous avons commencé ces études, épouvanté des ténèbres qui couvrent encore l’histoire de l'art hollandais, intérieurement nous accusions notre propre ignorance, et nous avions l'espoir secret que, si nous pouvions arriver à savoir tout ce que savent les autres, alors nous verrions des lumières à la place des ombres.
Petit à petit, et par entraînement passionnel, nous avons interrogé tout, à peu près, — qu’on nous permette de le dire, — musées et collections de presque tous les pays, livres d'art, anciens et nouveaux, dans presque toutes les langues. Et toutes ces recherches n'ont guère abouti qu’à constater les contradictions ou les réticences des historiens, biographes et critiques, sur les faits et les dates, sur la personnalité même et le caractère des artistes hollandais.
Ce que nous avons appris, assez certainement, c’est que les autres n’en savent pas long, et que nous ne
sommes pas beaucoup plus avancé que les autres.
Cependant nous nous sommes fortifié dans cette idée, qu'en continuant à étudier partout les œuvres mêmes, à consulter leurs rapports et analogies, à re-
VIIT INTRODUCTION.
lever les signatures et les dates, on finirait par ressusciter à la fois la biographie individuelle des maîtres et l'histoire générale de l'école.
Mais que d'embarras ne rencontre pas en ces études un simple critique, à qui manquent les ressources des traditions conservées dans les musées et galeries, des archives conservées parles municipalités, les gildes ou les vieilles familles ! Et surtout comment examiner des tableaux pendus quelquefois à des hauteurs désespérantes, ou égarés dans des coins sombres!
Dans les musées, grâce à l'obligeance des directeurs, encore avons-nous pu généralement faire décrocher les peintures qu'il nous intéressait deregarder de près et en bonne lumière. Mais, dans les collections privées, qui, en Hollande, ne sont souvent qu'un luxe de l'habitation du propriétaire, on ne saurait troubler l'économie de ces objets décoratifs, ni dresser des échelles contre des tentures de damas. Il faudrait même souvent déranger des meubles, des consoles chargées de vases du Japon et de bouquets de tulipes!
Aussi, que de fautes, erreurs et omissions, nous nous reprochons déjà dans le premier volume de ces
1 V PEL Po het Sue :
Musées, &t même dans celui-ci, avant qu'il ait paru!