INTRODUCTION. IX
A peine une feuille est-elle tirée, que le moindre détail nouvellement découvert nécessiterait des rectifications ou adjonctions! Tout cela est noté à mesure, avec soin, sur des exemplaires où les pages manuscrites sont plus nombreuses que les pages imprimées ! Tout cela trouvera place dans une nouvelle édition qui, plus tard, réunira en un seul volume compacte
les quatre MUSÉES DE LA HOLLANDE.
Nous avons cependant encore gagné ceci, au cours de nos études persévérantes sur l’école hollandaise depuis cinq à six ans, nous avons gagné de comprendre plus intimement le caractère de cet art original et si l’on peut dire excentrique à l’art des autres peuples européens.
Par un mirage singulier, toutes les fois que nous pensons à Rembrandt et aux Hollandais, aussitôt Raphaelet les Italiens nous apparaissent, en contraste aux artistes du Nord. Durant des années, nous avons donc vécu presque sans cesse, moitié avec les Italiens et Raphael, moitié avec nos Hollandais et Rembrandt qui jamais ne nous quitte. Ces morts illustres, notre seule compagnie dansla solitude, nous ont tourmenté, le jour et la nuit, en nous proposant sans cesse leurs
énigmes si divergentes.
x INTRODUCTION.
Un matin, trouvant dans un magazine à images les portraits de Raphaël et de Rembrandt, nous nous mimes à les découper machinalement pour les accrocher avec une épingle à la muraille, comme font les plébéiens, les enfants et les artistes. Raphaël est tourné à gauche, Rembrandt à droite. Impossible de les attacher face à face : ça aurait l’air d'une double ironie. Naïvement, nous les accolâmes dos à dos, et, au-dessus des deux têtes rapprochées à rebours et à
contre-poil, nous écrivimes :