GABRIEL METSU
ce billet qu’on lui apporte, d’où vient-il? Si quelque couple converse à l'écart derrière un rideau, que se racontent-ils à l'oreille? Et que représentent les tableaux accrochés aux lambris dans la pénombre, ou les statuettes dressées sur des bahuts sculptés? — în y regardant bien, on découvre que l'amour est toujours de la partie.
Ici, nous avons Cupidon lui-même, qui sourit sur un meuble au fond de la pièce doucement éclairée par une fenêtre de gauche, dont l’ample rideau, de couleur bronzine, est tiré. Contre la fenêtre, une table, avec un tapis rouge à dessins capricieux. Près de la table est assise une jeune femme, de face. Un large tablier blanc, d’un ton exquis, couvre tout son giron sur lequel repose un petit coussin vert avec une broderie ou dentelle qu'elle tient de sa main gauche. Son caraco, bordé d’hermine, est de la nuance incarnadine que Metsu affectionnait. Pensez la charmante harmonie qu’il a trouvée dans ces roses tendres, ces blancs mats et ce vert d'émeraude. A droite de la femme, un vieux gentleman assis, son grand chapeau à plumes de toutes couleurs sous le bras, lui présente une perdrix. Il revient de la chasse sans doute, car son bel épagneul, blanc et marron, est près de lui, et par terre sont étalés une carnassière, un fusil, un canard mort. Quel costume galant pour un chasseur ! pourpoint feuille d'automne, hauts-dechausses et bas gris perle. La jeune femme ne travaille plus, et de sa main droite elle joue avec un
petit king-charles grimpé sur la table. Derrière le gentleman, on aperçoit un escalier tournant, dont la statuette de l'Amour semble montrer le chemin.
À gauche est la signature G. Metsu, presque effacée, car le tableau est un peu frotté, — c'est son seul défaut. Sur toile, de 50 centimètres au plus, en carré. Smith, n° 92.
Gerarb TEersurG. — Le Terburg n'est pas si intéressant que le Metsu. Il ne compte même pas dans son œuvre et Smith ne le mentionne point. Petit panneau large de T pouces sur 1 pied de haut. On pourrait l’intituler : l'Écolier. Mais notre écolier, au lieu d'écrire sa leçon dans le-cahier déposé avec un encrier sur une table couverte d’un mauvais tapis grisâtre, s'occupe de ses deux mains à épucer un chien épagneul qu'il tient entre ses genoux. Il est assis, de face, la tête abaissée. Il a une casaque violette et des bas bleutés. Devant lui, son chapeau gris sur un petit banc de bois. Fond neutre, tout uni, assez clair. L’exécution, un peu froide, est très-correcte. L'air circule bien partout. Ferburg, soit, Mais il faut aller admirer ce maître dans les autres collections hollandaises.
Divers. — Je rassemblerai ici divers petits peintres qui tiennent aux précédents.
Gaspar Netscher, élève de ‘Terburg, a un portrait, fort ordinaire, et Constantin, fils de Gaspar, les por-