I. — MOSAÏQUES
ique d’oecus. —
r. Mosai cènes de pêche et de chasse dans un paysage égyptien (r). Cette mosaique occupait tout le sol d’un salon d’apparat, au rez-de-chaussée d'un pavillon rectangulaire qui formait l’aile gauche d’une grande villa romaine. Cette habitation construite sur une falaise dominant la mer, à El-Alia, à 25 kilomètres au Sud de Mahdia, dans la propriété a été découverte par M. Dominique Novak, dans des fouilles
: Demeure,
xécutées par lui en 1897, avec le concours de la Direction des Antiquités. Le pavement, offert au musée de Sousse par M. Demeure, a été enlevé et remonté par l'atelier du Bardo, sous la direction de M. Pradère.
Il est assez endommagé, surtout dans la partie inférieure; celle-ci étant la plus rapprochée de la porte du pavillon a naturellement été très usée par le va-et
-vient des personnes qui entraient ou sortaient de la salle. La bordure, à peu près intacte au sommet, est au contraire presque entièrement détruite au bas, et n’existe plus ni à droite ni à gauche. Le côté gauche du tableau a aus
si beaucoup souffert: le coin, en bas, a totalement disparu. Quant aux lacunes existant au milieu de la mosaïque, nous les indiquerons au fur et à mesure en décrivant un à un les divers groupes qui composent l’ensemble.
es trois grandes fissures parallèles qui traversent la mosaïque et la divisent en quatre zones représentent les sections qu’il a fallu opérer dans le pavement pour l’enlever et la transporter au musée : elles n’intéressent guère que le fond uni, ou des figures tout à fait accessoires.
Dans son état actuel, la mosaïque mesure, entre les bordures, $",70 de hauteur et 4",85 de large. La bordure, large de o®,53, simule une corniche en relief, qui se compose d’abord d’une baguette unie, puis d’une rangée de deltas grecs, triangles rectangles isocèles, blanc sur noir, superposés de telle façon que le sommet de l’un, formé par l’angle droit, touche le milieu de F
d’un filet noir. Le fond du tableau est blanc.
hypoténuse de base des suivants; ensuite d’un bandeau d’oves aux teintes dégradées: enfin
a mosaïque représente un paysage que sa faune et sa flore du Nil, dans le delta d'Egypte. Un lac ou plutôt un marais —
exotiques localisent sur les bords
ue l’on voudrait pouvoir identifier
avec le palus Mareotis — aux rives tantôt basses et sablonneuses, tantôt escarpées ou rocheuses,
occupe le centre du tableau. Au pourtour se développe la contrée environnante, parsemée de
du marais voguent des bateaux à voile et des canots à rame,
(@) Gauckler, Comples rendus de l'Acad. des Inscriptions, 1898, 828 et suiv., 1899, p. 580. Cf. Schul-
Tbid., 1907,
ten, Archüo
Anxeiger, 1900.
p. 66 et suiv. et mise en place
figures 1,2 et3
cutées d’après les clichés de la Direc-
fabriques, et animée de figures vivantes extrêmement varices, de style alexandrin. Sur les eaux
bariolés de vives couleurs, tandis
tion des Antiquités de Tunisie. Voir aussi dans Schulten.
p. 71, fig. 3, une vue de la mosaïque au Musée de Sousse.
a om ES
que sur les hauts fonds qui affleurent çà et là, couverts d’une riche végétation de lotus fleuris,
de papyrus et de plantes aquatiques, des chasseurs poursuivent où combattent divers animaux appartenant tous à la faune caractéristique des pays du Nil.
Cette vaste composition se rapproche beaucoup pour le sujet, pour la technique et le style, et même pour la date, de la célèbre mosaïque de Palestrina et de la série de tableaux analogues
précédemment découverts en Italie et en Afrique. Ceux-ci remontent presque tous à la période
la plus ancienne de la mosaïque antique. Les premiers ateliers installés au début de notre ère dans les villes les plus opulentes du monde romain et notamment à Rome, à Pompei, en Sicile, Ein, (Ca
et industrieuse capitale: dont les Ptolémées avaient fait le foyer artistique de la civilisation
rthage, avaient à leur tête des artistes grecs égyptiens venus d'Alexandrie, cette brillante
méditerranéenne, et où la peinture en mosaïque prit naissance et produisit ses premiers chefs
d'œuvre. Ces maîtres mosaïstes, appelés dans des pays étrangers par la vogue extraordinaire
dont leur art devint subitement l’objet sous le règne d’Auguste,-emportaient en s’expatriant les cahiers de modèles où étaient reproduis avec une scrupuleuse exactitude et avec ce réalisme si caractéristique de l’art alexandrin les personnages, les plantes, les animaux de l'Égypte ; préparés s d'école et personnellement enclins à figurer de
par leur éducation artistique et leurs procéd préférence les paysages qui leur étaient familie
ils y étaient encore encouragés par ce goût de
Pexotisme qui se manifestait déjà dans le monde romain dés le premier sièclede notre ère, bien avant que les voyages de l’empereur Hadrien eussent achevé de mettre l'Égypte à la mode.
La mosaïque d’El-Alia remonte à une très bonne époque, à la fin ou peut-être même au milieu du premier siècle de notre ère ; c’est certainement l’une des plus anciennes que Pon ait encore découvertes en Afrique. Tout le prouve : la matière employée, faite de cubes de marbre et de pâtes d’émail de diverses formes, d’une extrême ténuité et d’une grande variété de tons; le dessin et le modelé des figures dont les moindres détails sont rendus avec une parfaite
justesse, abstraction faite pourtant de la perspective qui est toute conventionnelle, ou, pour mieux dire, n’existe pas; enfin le coloris, habilement nuancé, les groupes se détachant en teintes vives qui se font valoir par leur opposition, sur un fond blanc, toujours largement ménagé comme c’est la règle pour les tableaux de la meilleure époque.
Malheureusement un pavement de nature aussi fine, de matière aussi délicate, aurait dû être
préservé de tout contact un peu rude; il n’était pas fait pour qu’on marchât dessus, et ne pouvait
ister longtemps à la destination utilitaire que lui avaient assignée les propriétaires romains de
rés a villa. Aussi fut-il gravement endommagé, et de très bonne heure, dans les parties les plus exposées à la circulation : près de l’entrée, et sur le côté gauche qui s’ouvrait vers la mer, et où es habitants de la maison s’installaient sans doute de préférence, pour prendre le frais et respirer
a brise du large. Il fallut bientôt le réparer en plusieurs endroits et probablement à diverses
reprises. La restauration la plus importante parait avoir été exécutée au début où au milieu du second siècle. Certaines parties ont été refaites en entier à ce moment, d’autres simplement retou-
s par un ouvrier moins
chées; mais les réparations sont partout très visibles, ayant été opér habile que le premier, à une époque où l’art de la mosaïque commençait déjà à tomber en décadence. Les cubes sont plus gros, découpés avec moins d’adresse; les pâtes de verre se font rares,
e marbre est de qualité inférieure, parfois même remplacé, dans les blancs, les noirs et les gris,
par du simple calcaire ; le ciment sous-jacent est moins r
tant et s’est rapidement boursouflé sous l’influence de l'humidité du sol. Surtout le dessin s’alourdit et devient moins correct. Les
proportions des personnages se déforment, la tête prend une importance excessive acquise aux dépens du tronc et des membres. Le modelé est plus négligé, et les figures, qui étaient peintes à l’origine de
simples ombres chinoises. L'artiste, se sentant désormais incapable de rendre par des teintes diffé-
avec un souci scrupuleux des moindres détails du relief, tendent à prendre l’aspect sommaire
rentes la structure anatomique des corps et le ressaut des muscles, cherche à exprimer le jeu des ilhouettes,
articulations par de simples saillies du contour extérieur; de À l’apparence tourmentée des
MOSAIQUES 27
devenues massives et difformes, d’élégantes et sveltes qu’elles étaient d’abord. L'étude de la mo
que d’El-Alia permet de suivre à ses débuts la marche, encore très lente au temps des Antonins, de cette décadence qui se précipite avec une rapidité désastreuse à partir du 1° siècle.
Nous allons décrire, une à une, toutes les figures du tableau, en commençant par celles du paysage de pourtour pour examiner ensuite celles du marais central et en procédant chaque fois de haut en bas et de droite à gauche.
Figures du pourtour :
En haut, au coin, à droite: — personnage cueillant des fleurs de lotus, debout, vêtu d’une courte tunique grise serrée à la taille ; — porteur passant à droite, tenant un bâton à la main et un ballot sur l'épaule; — habitation à toit pointu très endommagée, dans un paysage rocheux ombragé par un palmier et parsemé de touffes de diss et d’alfa ; — plus loin, deux canards quètant leur nourriture devant une palissade.
Au milieu de ce côté, dans le fond et entouré d’un bosquet, un grand édifice circulaire, ouvert en avant avec un étage un toit pointu, et peut-être un vaste portique intérieur à colonnade.
Devant l’entrée une vasque, munie de deux anses ét montée sur une colonnette d’où jaillit un jet d’eau, la fontaine étant aussi haute que l'édifice dont elle devait ne constituer qu’un ornement accessoire.
Plus loin, au premier plan, sacrifice champêtre : une femme, vêtue d’une tunique verte et d’un manteau rouge noué à la taille, dépose sur un petit autel quadrangulaire allumé des offrandes qu’elle tire d’une corbeille plate. A côté d’elle, une autre femme, vêtue d’une robe rouge et d’un manteau gris, présente une longue bandelette orange. A gauche, et toujours au premier plan, un esclave, simplement vêtu d’un pagne noué autour des reins, cherche à entraîner vers un autel
cylindrique, surmonté d’une statue de Priape ityphallique, un bouc qui, solidement arc-bouté sur ses jambes tendues, lui oppose une résistance désespérée.
En arrière de ce groupe, hutte en treillis de forme conique, incurvée au sommet comme la carène d’un vaisseau (1) et dont l'aspect répond assez exactement à la description que Caton et des mapalia africains (3).
Habitation très endommagée ; rochers ; oiseau perché sur une branche et chèvre broutant un
Salluste (2) nous ont laissé
arbuste contre lequel elle s'appuie, dressée sur ses pattes de derrière. — Plus loin, au premier
plan, pêcheur à la ligne vêtu d’une courte tunique blanche à bandes rouges, allongé sur le rivage, reposant la tête sur le bras droit ramené en arrière. — Cheval attaché à un arbre. — Dans le fond plusieurs constructions. La mieux conservée a deux ailes qui s’éloignent en angle aigu d’une tour centrale supportée par une large arcade cintrée que surmonte une sorte de jardin suspendu.
Sur le côté gauche, les rives du marais ont presque totalement disparu. Elles n’offraient plus, lorsqu'on a déblayé la mosaïque, que de faibles vestiges de fabriques et de personnages épars çà et là, et si mutilés que l’on n’a pu les rajuster au pavement lorsque celui-ci a été installé au musée de Sousse : ils sont aujourd’hui conservés dans l’atelier du musée du Bardo, près de Tunis.
Sur le côté droit on rencontre d’abord une tour à un étage, à toit pointu et à deux fenêtres ; un bâtiment à deux ailes, avec porte cochère dans la partie centrale, et deux tours à un étage, aux extrémités ; enfin quelques personnages très endommagés.
Après une lacune, l’on arrive à une partie entièrement refaite dans l’antiquité. Le mosaiste chargé de ce travail s’est efforcé de dissimuler son intervention, en reproduisant aussi fidèlement que possible, sur la rive qu'il était chargé de restaurer, l'aspect du paysage de la rive opposée,
dont il imite les constructions et les figures vivantes en modifiant seulement quelques détails
(x) Caton, cité par Festus, s. v. Mapalia. des Antiquités de Saglio, p. 1592 et suiv., et fig. 4828 (2) Salluste, Jugurtha, 18. et 4829, avec la bibliographie de la question. (3) Babelon, article Mapalia, dans le Dictionnaire
Ds 27%
fl
et en variant le groupement des divers motifs. Mais la copie reste toujours bien inférieure au rfois n’être qu’une caricature.
C’est à cette seconde main qu'il faut attribuer d’abord : le berger ass
modèle, dont elle semble même
s sur un rocher devant sa hutte, laquelle est moins grande que lui, et surveillant son troupeau de chèvres qui broute
à ses côtés; puis au bas du tableau, dans le coin droit, et au premier plan, Pimportante construction précédée d’une cour qu’entoure une haute enceinte avec porte monumentale cintrée. Le bâtiment principal est flanqué de deux tourelles carrées à deux étages avec nombreuses fenêtres et toit pyramidal mansardé.
Au fond, un esclave nu, avec un pagne roulé autour des reins, cherche à attraper une grue perchée au sommet d’une hutte conique, faite de branchages entrelacés, du même type que celle de la rive opposée.
Plus loin, un cheval à lattache, auprès d’un bâtiment en fer à cheval. Très endommagé aujourd’hui, il devait se composer d’un massif central demi-circulaire flanqué de deux tours carrées et saillantes aux ailes ; devant l'entrée un jet d’eau jaillit d’un grand cratère à deux anses. Diverses autres figures, personnages où animaux très mutilés, achèvent de garnir ce côté du tableau. Le coin de gauche en bas est entièrement détruit.
La partie centrale de la mosaïque n’est pas moins intéressante.
En haut, à gauche, une grande barque de profil élégant et richement ornée, avec un mât multicolore soutenant une voile latine, porte trois hommes couronnés de fleur
à l'avant, un joueur de flûte à demi nu ; derrière lui deux personnages drapés, l’un en jaune, l’autre en bleu. — Sur la même ligne, au milieu, un chasseur nu, armé d’un bouclier rond et d’une longue lance, attaque une grue. À droite, un autre chasseur nu, coiffé d’un bonnet conique, plonge sa lance dans la gueule saignante d’un grand crocodile. Au-dessous de ce groupe, une embarcation à rames se dirigeant en sens contraire de la première, à laquelle elle correspond, porte également trois personnages : un joueur de flûte assis à l'arrière et deux hommes drapés de jaune et de rouge à l'avant, l’un d’eux tenant une torche allumée. Sur la même ligne, à gauche : nageur, canard, personnage très mutilé.
Plus bas, à gauche, deux hommes nus s'efforcent d’arracher à un crocodile un âne dont l’avanttrain a déjà disparu dans la gueule du monstre. Deux chasseurs attaquent la bête sur le côté, l’un d’eux lui perce le flanc de sa lance, l’autre, armé d’un bouclier rond, brandit contre lui une massue.
À droite, un chasseur, monté sur une barque que fait avancer un rameur, menace une grue de sa lance. Personnage debout très mutilé. Groupe formé d’un chasseur armé d’un bouclier rond,
accourant au secours d’un de ses camarades, terrassé par une grue qui le larde de coups de bec. Au-dessous et en biais, barque montée par un rameur et un chasseur assis, armé d’un bouclier vert. — L’avant de l’embarcation a été refait.
À gauche, chasseur attaquant avec une dolabra à long manche un hippopotame qui lui fait face. — Homme nu s’enfuyant à gauche en faisant un geste d’épouvante vers un autre personnage, dont il ne reste qu’un bras et une jambe.
Sur la ligne suivante, à gauche et en biais, nageur avec bracelets et colliers. — Barque à un rameur. — Autre barque avec un rameur assis à l'avant, auquel un personnage debout et drapé d’une tunique blanche tend une couronne. L’arrière a été restauré dans Pantiquité. — Audessous de la barque, personnage vêtu d’une tunique, passant à droite. Les jambes et les bras sont refaits. — Nageuse, tout entière de la seconde main. — Grue aux ailes éployées, de la première main.
Dans le coin, à droite et en travers, grande barque à rames, et à voiles, restaurée d’une façon incohérente : à l’avant était placé un rameur dont il ne reste que les bras; à l'arrière, entièrement refait, un personnage debout, vêtu d’une longue tunique, attire à lui un canard pris au lacet qui se débat.
Au-dessous, un chasseur, tout nu, assomme d’un coup de masse une grue qui lui fait face.
MOSAIQUES 29
Cette figure, refaite au second siècle, reproduit gauchement le groupe qui la suit immédiatement et qui, lui, appartient encore au pavement primitif.
Enfin, à gauche du marais et en bas, dans une partie qui est presque entièrement refaite, on trouve encore : un autre chasseur armé d’un bouclier rond et menaçant un canard de sa lance; une barque, dont l'avant muni de deux rames a été refait, et que monte un personnage assis et levant les bras ; enfin des grues, des ibis
tiques. (PI. VID.
ou des outardes perchces sur destouffes de plantes aqua-
Mosaïque de vestibule d’oecus (2, 45 >< 4, 40). — Scènes de pêche. Cette mosaïque occupait,
devant l’entrée de l’oecus, le portique de la grande villa romaine découverte en 1897, sur l’em-
a enal de Sousse, par M. le capitaine d’artillerie Dupont. Elle a été enlevée et remontée par l'atelier du Bardo, sous la direction de MM. Gauckler et Pradère (x).
Le tableau représente deux pêcheurs, jeunes hommes entièrement nus, montés sur de légères
placement de l:
embarcations bariolées de vives couleurs, qu’un rameur assis à l’arrière conduit à l’aviron. L’un
des pêcheurs debout à l'avant relève une nasse: l’autre brandit un trident, guettant les poissons qui passent à sa portée. Ceux-ci, au nombre d’une soixantaine, sont disposés en rangées horizontales dans le même sens que les lignes brisées qui ont la prétention de représenter les flots
de la mer. L’aspect de cette collection zoologique ne laisse pas que d’être assez monotone à première vue ;
mais lorsqu'on examine en détail ce tableau, qui pourrait être comparé à une planche d’un atlas d'histoire naturelle, on est étonné de la variété des espèces figurées, et de l’extrème exactitude de dessin ét de coloris avec laquelle elles sont rendues. L'artiste a choisi comme modèles es types les plus divers et les plus rares, ceux qui offrent les couleurs les plus chatoyantes et les ormes les plus bizarres, et il a fait appel à toutes les ressources de sa palette pour reproduire le brillant des écailles et les reflets des nageoires. Aussi reconnaît-on sans difficulté tous les poissons qu’il a réunis dans son tableau : la crevette, la seiche, la langouste, la murène, la méduse, e maquereau, l’espadon, les pectens et tritons, le calmar, le merlan, le congre, etc. Le tableau est bordé de roseaux élancés, qui jaillissent des touffes figurées aux coins et vont à la rencontre
’un de l’autre; ils sont séparés au milieu de chaque côté par un signe que l’on retrouve aussi au
milieu de l’abside en face à l’oecus dans la même villa, et qui parait être le blason du proprié
taire: c’est un anneau hér
de quatre tiges dans chacune desquelles sont enfilées deux perles, comme dans certaines couronnes comtales.
La mosaïque dans son état actuel est bien conservée. Seule la bordure est assez endommagée: elle à totalement disparu au sommet, où il manque environ un tiers du pavement total avec une tête d'Océan et deux nacelles de pêcheurs. Les cubes sont de moyenne et de petite taille : en
marbre pour les blancs, les bruns, les jaunes, les roses et certains rouges, en pâte d’émail pour les verts, les bleus, le
(PI. VL, fig. 2
pourpre et le vermillon. Date probable: commencement du n° siècle.
3. Mosaïque de friclinium (2",60 >< 2%,85). — L’enlèvement de Ganymède. Cette mosaïque a été trouvée dans la grande villa romaine qui fut découverte en 1897, sur l'emplacement de l'arsenal actuel de Sousse, par M. le capitaine d’artillerie Dupont. Elle se détachait au centre
d’un vaste pavement blanc uni, divisé en deux parties, l’une enveloppant l’autre par une torsade en forme de T, qui marquait la ligne de démarcation des trois lits du friclinium au fond de ÎM. Gauckler
Voecus. Elle a été enlevée et remontée par l'atelier du Bardo, sous la direction de et Pradère (2).
(x) Gauckler, Les Mosaïques de l'Arsenal de Sousse, IX bis donne le plan des parties déblayées de la villa. Rev. arch., 1897, ÎI, p. 8 et suiv. et pl. XI. La planche (2) Zbid., p. 17 et pl. X et XII.
Ge. En EE ER ARE Eco memeqins era
Elle se compose d’un médaillon central, mesurant 0",98 de diamètre, encadré d’une grecque très simple, et de huit autres médaillons plus petits, mesurant seulement o",55 de diamètre, et cernés d’un simple anneau, qui sont disposés en carré autour du motif principal. Ces médaillons renferment chacun un quadrupède différent: tigres cheval au galop.
e, ours, panthère, lion, antilope, cerf et
Le tableau central représente l'enlèvement de Ganymède. Le jeune pâtre est coiffé du bonnet phrygien, vêtu d’une chlamyde de pourpre, nouce sur les épaules et laissant le corps à nu, et chaussé de hauts brodequins. Il tient son pedum abaissé, et debout, un peu penché en avant, la jambe gauche repliée sur un rocher saillant, il semble repousser la terre du pied en s’abandonnant à l’étreinte de laigle. Celui-ci la doucement saisi sous les aisselles, en ayant soin d’enveopper ses serres dans les plis de la chlamyde, afin d'éviter la moindre meurtrissure au corps délicat de l’enfant, et, les ailes éployées, il prend son essor pour l'enlever aux cieux.
Date probable : fin du 1% siècle ou commencement du n° siècle de notre tre.
La mosaïque est presque intacte et n’a subi aucune restauration, mais les trois médaillons du haut ont été retournés au moment du montage. Ils étaient placés anciennement en sens inverse des cinq autres, tournant le dos au médaillon central et dirigés vers le fond de l’ocus de façon à
faire face aux convives qui occupaient le milieu du #riclinium. Quatorze autres médaillons, avec des poissons ou des oiseaux, placés sur deux rangs et tournés comme le groupe central du côté de l'entrée, occupaient la barre horizontale du T, attenant immédiatement à la porte ; enfin le seuil était orné de nymphes debout présentant des coquilles en forme de vasques. Cette partie du pavement a dû être morcelée en dive
au musée du Bardo. (PI. VIL.)
fragments dont plusieurs sont conservés
4. Mosaïque d’exèdre de l’oecus. — Animaux et fruits. Ce tableau, ayant la forme d’un segment de cercle dont la corde mesure 4,40 et la Aèche 1°,90, ornait le sol d’une abside dont les murs étaient également revêtus d’une mosaïque verticale et cintrée, figurant un paysage marin; cet exèdre s'ouvrait sous le portique du péristyle en face de l'entrée de l’œcus, dans la grande villa romaine qui fut découverte en 1897 sur l'emplacement de l’arsenal actuel de Sousse, par M. le capitaine d’artillerie Dupont. Elle a été enlevée et remontée par l'atelier du Bardo, sous la direction de MM. Gauckler et Pradère (1).
La mosaïque, qui était attenante au tableau marin figuré sous le péristyle, est encadrée comme celui-ci d’une bordure de roseaux. Jonchée de roses sur toute son étendue, elle figure des fruits
variés, des grenades, des pommes ou des coings et divers cucurbitacées, des pastèques, des
concombres, une courge aux flancs crevés maintenus par des ligatures d’herbe. Des corbeilles
plates, et de hauts paniers à anses, garnis de feuilles de vigne, sont chargés de figues blanches ou violettes. Au milieu du tableau, au-dessous du blason du propriétaire, affectant la forme d’une couronne comtale, une gazelle agenouillée paraît brouter un panier de raisins ; à droite et à gauche sont deux canards.
Date : Commencement du n° siècle.
La mosaïque a peu souffert, sauf en ce qui concerne la bordure qui présente d’assez grosses lacunes. (PI. VIX, fig. 1).
5. Mosaïque de chambre (aile d’ocus). — Triomphe de Bacchus. Cette mosaïque, mesurant 3 mètres sur 4, formait le pavement d’une chambre s’ouvrant à droite, par une large baie, sur l’oecus de la grande villa romaine qui fut découverte en 1897, à l'emplacement de Sousse, de l'arsenal actuel, par M. le capitaine d'artillerie Dupont (2). Elle a été enlevée et remontée par l'atelier de mosaïque du Bardo, sous la direction de MM. Gauckler et Pradère.
(1) Gauckler, R
. arch, 1897, Il, p. 15 et pl. XII. (2) Ibid., p. 18 et pl. IX.
MOSAIQUES 31
La bordure, très large, est d'une grande richesse : de larges cratères à deux anses occupent les angles ; de chacun de ces vases sortent deux rinceaux de vigne qui développent symétriquement, de part et d'autre du cratère, leurs volutes enfermant d’abord un oiseau, canard ou grive, puis un panier de raisin ; au milieu de chaque côté un amour vendangeur cueille à la main les grappes des rinceaux.
Le groupe central, tourné du côté de la porte d’entrée, représente, aux deux tiers de la grandeur réelle, Bacchus vainqueur et son cortège triomphal. Le dieu, jeune homme au visage im berbe couronné de pampres, est monté sur un char à deux roues. Il tient de la main droite une pique termine par des fers de lance et décorée de bouquets aux deux bouts ; de la main gauche il rassemble les rênes, et dirige son attelage composé de quatre tigresses richement harnachées. Bacchus est vêtu d’une lourde robe de brocart vert et pourpre rehaussée de festons et de mascarons d’or, que traverse en diagonale, de l’épaule gauche à la jambe droite, une peau de panthère fixée à la taille par une longue ceinture.
Debout sur le quadrige à la gauche du dieu, se tient une Victoire aux grandes ailes repli tenant une palme verte. Le buste entièrement nu est orné d’un collier à médaillon, tombant sur
la poitrine; les bras sont chargés de bracelets. En outre, sur le bras gauche est jetée une draperie jaune et verte qui dissimule les jambes. À gauche de l’attelage, une bacchante, vêtue de draperies légères jaunes et vertes et d’une écharpe rose qui flotte au gré du vent, danse en frappant du tambourin.
Le groupe est complété par deux Satyres, l’un qui précède, l’autre qui suit le char; tous deux sont couronnés de feuillage et portent sur les épaules la pardalide, nouée autour du cou ét retombant en arrière en dégageant le torse. Le premier semble régler la marche du cortège. Le second tient un pedum et porte sur l'épaule gauche un cratère en bronze cisele.
Deux figures accessoires garnissent le premier plan : une panthère buvant dans une coupe ; un Amour bachique tenant le pedum et le canthare et chevauchant un lion, comme celui de la célèbre mosaïque de la Maison du Faune à Pompéi. la tête du lion que chevauche PAmour ; toute la bordure au bas du tableau, une grande partie de la bor
Manquent : la tête et une grande partie du corps du Satyre qui précède le cortège ;
dure à droite et à gauche, et les deux coins en haut. Le reste est à peu près intact, et n’a subi
aucune restauration. (PI. VI, fig. 1).
6. Mosaïque de cubiculum (3",90 X 3,80). — Satyres et Bacchantes. Découverte dans une chambre ayant la forme d’un quadrilatère irrégulier. Celle-ci s’ouvrait sur le péristyle de la villa romaine située dans la propriété Mestiri, avenue de la porte du Sud, dont M. Gouvet a déblayé, en 1899, la partie que ne recouvrent pas les constructions actuelles (1). Elle était contiguë
à loecus et formait le coin de la maison. Le tableau était placé près de l’entrée et tourné vers le fond de la chambre, lequel était pavé d’une simple mosaïque blanche, marquant selon toute apparence l'emplacement d’un lit; de ce lit, l’on pouvait embrasser d’un coup d’œil les divers groupes du tableau, dont le sujet et les attitudes étaient appropriés à la destination de la pièce.
Le tableau est entouré d’une bordure imitant la frange d’un tapis. Sur toute l’étendue du pavement se développe un réseau de légers rinceaux enrubannés formés de cinq tiges de feuillages aux sinuosités parfaitement symétriques, qui se rapprochent et s’éloignent tour à tour, chacune d'elles touchant alternativement ses deux voisines, et qui sont reliées en leurs points de tangence par des guirlandes de feuillage soulignant des mascarons. Ces masques, au nombre de huit, repré-
sentent des divinités marines aux oreilles caprines, à la barbe limoneuse, entremêlée d’algues; les
(G) Gauckler, Compte rendu de la marche du Servic chäologischer Anxeiger, 1901, 2, p. 69 et suiv. et fig. 2 des Antiquités en 1899, p. 10. La mosaïque a été d’après une photographie de la Direction des Antiqui
publiée en similigravure par A. Schulten, dans L'A4r- de Tunisie.
en
ss
cheveux en désordre sont maintenus par une sorte de turban. Les figures ont toutes les mêmes traits fortement accentués, mais il n’en est pas deux qui aient la même expression : les unes sourient, d’autres sont graves ou même tristes. De chacune d’elles surgit un thyrse, entouré d’un anneau,
et se terminant par une fleur en cornet évasé, qui sert de support au groupe figuré dans chacune des larges mailles du réseau ainsi formé. Il y à huit mailles complètes à l’intérieur du tableau, huit demi-mailles et deux quarts de maille, coupées par la bordure, sur les quatre côtés et dans deux des coins opposés. Tous ces compartiments sont occupés par des figures bachiques. À l’intérieur, ce sont huit groupes érotiques de deux personnages, toujours les mêmes, un Satyre et une Bacchante, mais très variés d’attitude et d'expression. En voici la description, en procédant de haut en bas et de gauche à droite :
1° Satyre recouvert de sa nébride, assis sut un rocher contre lequel il a appuyé son pedum ; il attire à lui une Bacchante qui se débat, le torse nu, déjà dépouillé de ses draperies bleu de ciel et jaune qui retombent sur les jambes ;
2° Satyre debout, cherchant à entraîner une Bacchante qui tient un thyrse et une corbeille ;
3° Bacchante assise sur un rocher et répoussant vigoureusement, en lui meurtrissant la figure de la main gauche portée en avant, un Satyre à demi agenouillé devant elle et qui cherche à écarter les draperies roses et bleues qui voilent encore sa nudité ;
4° Groupe entièrement détruit ;
5° Bacchante debout, à peine voilée, dansant aux côtés d’un Satyre, en agitant un thyrse et un tympanon; ses draperies flottantes, entraînées par le mouvement, flottent au gré du vent et laissent à demi apparaître sa nudité qu’elles cachent de leurs plis vert d’eau et bleu d’azur ;
5° Satyre assis sur un rocher derrière lequel est jeté son pedum et attirant sur ses genoux une Bacchante drapée de rouge vermillon, qui le caresse de la main droite et offre son sein de la main gauche ;
7° Bacchante, drapée de bleu azur et bleu foncé, tenant un long thyrse enrubanné ; elle danse avec une expression d'abandon, en se penchant vers un Satyre qui l’a tendrement saisie par la taille. Le Satyre porte la nébride enroulée autour de son bras gauche qui tient Le pedum ;
8 Satyre, vu de trois quarts avec le pedum et la nébride; il suit une Bacchante, tenant un thyrse et drapée d’étoffes multicolores, qui se retourne à demi vers lui.
Les sujets voisins de la bordure, et tous tournés vers elle, représentent : 1° sur les côtés: en haut et à droite, Pan aux pieds et aux cornes de bouc, à demi étendu, s'appuyant sur le bras gauche qui tient le pedum ; en face, à gauche, Silène, au front chauve ceint d’un cordon garni de feuillage, au ventre énorme émergeant de draperies jaune clair et bleu, qui enveloppent ses jambes. À demi couché, et s'appuyant sur le bras gauche, il présente de la main droite un plat chargé de mets. En bas, à gauche et à droite, une panthère jouant avec un rhyton, et une gazelle qui broute un rameau; 2° au sommet du tableau, à gauche, deux poules de Carthage picorant du grain ; au milieu, un motif aujourd’hui détruit; à droite, une perdrix ; 3° au bas du tableau, un
ièvre broutant une grappe, deux paons affrontés de part et d’autre d’une amphore, enfin un canard.
L'aspect général de cette mosaïque, la disposition des rinceaux, le groupement et l’attitude des
personnages figurés, tout rappelle le style des fresques décoratives pompéiennes de la dernière
époque ; elle s’en rapproche certainement beaucoup par la date. Exécutée au plus tard sous le règne d’Hadrien; elle se rattache encore à la meilleure période de la mosaïque romaine en Afrique.
L'artiste qui a composé ce tableau à fait preuve d’un talent très souple, d’une connaissance approfondie de l'anatomie humaine, et d’une remarquable discrétion de touche. Avant à reproduire huit fois le même sujet érotique, il a réus
si à trouver pour tous les groupes des attitudes chant se montrer voluptueux et spirituel, sans
variées, des gestes différents, jamais dépasser les
bornes de la décence. Le dessin est généralement correct. Quelques figures offrent même
une étonnante intensité de vie. Le coloris se tient dans les tonalités vives et claires, le cha-
toiement des étoffes est rendu avec art, les nuances des draperies sont habilement calculées
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pour faire valoir la fraicheur des chairs par l'opposition des teintes des vêtements qui les encadrent.
Les dés sont de diverses tailles et de formes variées, grands et cubiques dans le fond blanc, petits et recoupés en lamelles multiformes dans les figures. Les tons sont très nombreux et quelques-uns assez rares ; les blancs, les bruns, les gris, les jaunes, les roses et quelques rouges sont
en marbre ; les bleus, les verts, les rouges vifs et les pourpres sont en pâtes d’émail.
La mosaïque est bien conservée, sauf les deux lacunes dont nous avons indiqué plus haut la place et l'importance. Mais les smalts se délitent en feuillets irisés, ayant été rongés et décomposés superficiellement par les acides végétaux qui altèrent parfois totalement leur couleur : ainsi le rouge de Saturne s’est transformé en vert Véronèse. (PI. IX, fig. 1).
a mosaïque a été enlevée et montée par l'atelier du Bardo, sous la direction de M. Pradère.
7. Fragment de mosaïque de #riclinium (2",15 >< 1,45). — Scènes de pêche et de chasse
dans un paysage égyptien. Ce fragment faisait partie d’un grand tableau en forme de T, qui
ornait les parties antérieure et centrale d’un friclinium, les trois lits des convives étant répartis au
pourtour de la haste du T, au fond de la salle de banquet, sur une mosaïque plus ordinaire,
à motif géométrique.
Le sujet de cette grande composition est analogue à celui de la mosaïque d'EHAlia (voir
page 25, et la planche VIIT). Il représente aussi des scènes de pêche et de chasse, dans un
paysage égyptien. M. Doublet a publié en 1893, dans la Revue Archéologique, un dessin de l’en-
semble exécuté par M. Pradère (r). Malheureusement, l’on n’a pas su enlever dans son entierle ,
pavement, d’ailleurs fort endommagé et l’on n’a réussi à en sauver que quelques débris. Trois d’entre
eux sont conservés au Musée du Bardo (2). Celui que possède le Musée de Sousse faisait partie
dela haste du T, à gauche, le long de la bordure. Il représente plusieurs groupes séparés par des
touffes de lotus fleuri et de plantes aquatiques. Au premier plan, un hippopotame qu’attaque par derrière un pygmée éthiopien armé d’un bouclier rond et brandissant un trident; le pachyi un pygmée, coiffé d’un bonnet conique, qui, debout à
derme fait face à un autre assaillant, au:
l'arrière d’une barque, conduite par un rameur à chapeau de paille rond, lance une pierre au monstre. Deux canards voguantsur les eaux du marais, au-dessus de l’hippopotame, tournent la tête pour contempler cette scène. En haut, à gauche, un rameur nu-tête et vêtu d’une courte tunique serrée à la taille, se dresse dans sa barque, et se sert d’une de ses rames pour assommer un gros poisson, emprisonné dans un filet que ramènent vers le rivage des pêcheurs, aujourd’hui détruits. Au milieu, et en sens inverse des groupes précédents, un autre pêcheur, coiflé d’un chapeau de paille, et assis dans un canot, relève sa ligne au bout de laquelle pend un poisson. Enfin, à l’extrémité droite, un dernier pêcheur, debout à larrière d’une embarcation très mutilée, a l'air de relever une nasse.
Ce pavement paraît avoir été exécuté à l'époque où la mosaïque d’El-Alia fut en partie refaite, et peut-être par le même artiste qui fut chargé de cette restauration. Les deux œuvres présentent, en effet, de frappantes analogies, en ce qui concerne la matière employée, le choix des nuances, le dessin et le style général de la composition. La décadence de la mosaïque africaine se manifeste déjà ici d’une façon évidente: les cubes sont moins fins, moins variés de tons, les smalts se font rares, le coloris est plus terne. Surtout le dessin et le modelé des figures, sont étonnamment incorrects. L'artiste paraît s'être rendu compte lui-même de son impuissance à rendre d’une façon fidèle et véridique la nature vivante. Aussi ne pouvant faire gracieux ou beau, a-t-il
préféré dessiner des personnages grotesques, dont les difformités paraissent voulues même quand
(x) Doublet, Rev. arch., 1892, IT, p. 217 et suiv. et 1888, p. 470. pl. XXI. Cf. Delattre, Bull. des ant. afr., 1884, II, (2) La Blanchère et Gauckler, Catalogue du Musée p. 218 et suiv.; La Blanchère, Bull. arch. du Comité, Alaoui, p. 10, n°s 2, 3 et 4.
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s, aux chairs gants et sveltes qui animent les parties les
elles ne résultent que de sa maladresse. De là tous ces pygmées aux têtes trop gros
flasques, aux jambes torses, au lieu des groupes € mieux conservées de la mosaïque d’El-Alia.
Trouvée dans une villa romaine déblayée par M. Balzan dans sa propricté de la Briqueterie à Sousse, en 1883.
Don de M. Balzan. (PI. IX, fig. 2).
8. Mosaïque de cubiculum. — Fragment brisé de partout (0",30 de hauteur). Homme assis contre un piédestal quadrangulaire supportant un groupe de Léda se livrant debout à l’étreinte du cygne (1). Manquent tout le bas du corps de l’homme à partir de la ceinture, la main droite et une partie du visage, la base de l'autel, la tête de Léda et celle du cygne. .
Le dessin est assez confus. Les cubes très petits, en marbre ou en pâtes d’émail, sont très rongés. Le fragment à été monté dans un encadrement en torsade de même provenance.
Fouilles municipales dans la villa romaine de la propriété El Mestiri, avenue de la porte Sud, 1899.