‹ Musiciens anglais contemporainsChapitre 1 sur 22 · Gardiner (Balfour). Né à Londres le 7 novembre · texte numérisé non relu

Gardiner (Balfour). Né à Londres le 7 novembre

5. Grainger (Percy). Né à Melbourne, Australie, le 8 juillet 1882.

EDWARD ELGAR

A la fin du dix-neuvième siècle, nous étions presque tous résignés en Angleterre à croire, comme nos amis allemands nous l’avaient si souvent aifirmé, que nous sommes un peuple anti-musicien. Il est vrai que nous pouvions présenter un glorieux passé. Nous pouvions nous souvenir qu’au temps de la reine Elisabeth, pour ne pas remonter jusqu’à l’antiquité, nos compositeurs sur le virginal 1 étaient réputés les premiers de l’Europe et que nos madrigalistes étaient dignes d’être comparés aux grands compositeurs de France, de Flandre et d’Italie. Nous pouvions rappeler aussi la grande figure de Purcell*, dont le génie musical, de l’aveu des critiques de tous les pays, est reconnu de premier ordre. Mais, dans les temps modernes, nous sentions qu’il était vain à nous de réclamer la parité avec les nations du continent.

Nous avions, cependant, des compositeurs honorés chez nous dont nous aimions et admirions la musi-

i. Virginal, Harpsichorde primitif.

a. Purcell, Compositeur de musique anglais (1658-1695).

EDWARD ELGAR

que — Parry\ dont les oratorios, animés du souffle puissant de Haëndel et de Mendelssohn, délectent les oreilles accoutumées aux grands 1 2 3 4 * * effets choraux — Stanford 8 , dont les symphonies, les quatuors et les cantates unissent la douce mélancolie de l’Irlande, son pays natal, à la science et à la méthode de Schumann et de Brahms — Sullivan 3 , dont les opéras-comiques ont fait les délices de Londres pendant plus de vingt ans. Mais il était impossible de nous dissimuler plus longtemps que notre musique n’a pas un caractère cosmopolite. Nous pouvions nous délecter sous les brumes de notre île, mais nous ne pouvions prétendre participer à la grande confraternité internationale de l’art.

Un proverbe dit que c’est avant le point du jour qu’il fait le plus obscur. C’est au moment où les espérances des dilettantes les plus chauvins de l’Angleterre étaient devenues presque vaines qu’une voix nouvelle s’est levée qui, si je ne fais erreur, est destinée à porter le renom de notre pays à travers le monde et à donner aux oreilles étrangères une signification rénovée de la musique anglaise.

Il serait difficile de me rappeler avec précision le jour où je connus le nom d’Edward Elgar 4 , mais je me souviens très bien de l’occasion qui me fit enten-

Page 1