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Sullivan, Compositeur de musique anglais

4. Elgar (Edward), compositeur de musique anglais. Né à Broadheath,

Worcestershire, le 2 juin 1867. Réside à Hereford, Plâs Gwyn (Maison

Blanche, dans le dialecte gallois).

EDWARD ELGAR

dre sa musique pour la première fois. C’est à un Festival des Trois Chœurs qui, à cette époque de transformation, a conservé si fortement son caractère intime et particulièrement anglais. Le Festival des Trois Chœurs est une ancienne institution qui date du commencement du dix-huitième siècle. A cette époque, il est à peine nécessaire de le dire, nos dilettantes provinciaux avaient rarement l’occasion, depuis devenue fréquente, d’entendre de la bonne musique, notamment à l’ouest de l’Angleterre dans les trois cités de Hereford, Worcester et Gloucester, si anciennes et semblables à des sentinelles avancées sur la lisière du pays de Galles. C’est en l’année 1724 que le premier Festival des Trois Chœurs fut organisé. Les trois maîtrises réunirent leurs forces chorales pour donner une série de concerts sacrés dans la cathédrale de Gloucester. Depuis lors et chaque année, des festivals semblables ont eu lieu à tour de rôle dans l’un des trois sanctuaires. Tous les trois ans, les vieilles cités endormies se réveillent et se parent soudain d’une animation extraordinaire. Leurs hôtels regorgent de clients, les habitants donnent l’hospitalité à leurs amis, et les notables du comté, venus de tous les districts environnants, s’y trouvent rassemblés. Les rues vénérables usées par le temps, — d’ordinaire si calmes, — sont pleines d’une vie active. Mais autour de la cathédrale le mouvement affairé est réduit au silence. Là, où les vieilles tours grises dominent un gazon soigneusement entretenu, règne une paix tranquille. Les ormes séculaires semblent

EDWARD ELGAR

soupirer leurs pieux secrets et le repos religieux n’est troublé que par les cris des choucas 1 volant autour du clocher de la cathédrale. A l’intérieur de l’église la paix est encore plus profonde. Une douce lumière pénètre dans la nef imposante d’où de hauts piliers s’élancent, semblables aux arbres d’une forêt vierge, et plongent leur sommet majestueux dans une demiclarté. Au bas, le service s’accomplit dans le calme de la vénération, pendant que le chant de l’orgue monte sous les arches élevées et que des voix d’enfants, des recoins de la cathédrale, se font entendre comme un chœur d’anges invisibles.

C’est dans une circonstance pareille que j ’eus l’occasion d’entendre pour la première fois la musique d’Edward Elgar, et certainement aucun endroit ne pouvait être en harmonie plus complète avec le caractère mystique et religieux de son petit oratorio The Light oj lije (La Lumière de la vie). C’est au Festival de Worcester de 1896 que j’entendis son œuvre pour la première fois et j’eus conscience qu’une voix nouvelle venait de s’élever en Angleterre. L’œuvre entière me charma par son sentiment intime et par son indépendance à l’égard des conventions de la musique sacrée anglaise. La Méditation d’orchestre, en particulier, par quoi l’œuvre débute, me parut différente de tout ce qu’un compositeur anglais avait écrit jusqu’à ce jour, — différente par le maniement de l’orchestre et différente aussi par la manière d’exprimer l’émotion.

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