‹ Musiciens bourguignons du XVIIIe siècleChapitre 2 sur 10 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

Chez Imbault au mont d'or rue S l -IIonoré entre Vhôtel d'Aligre et la rue des Poulies , N° 62y.

La partition de piano a pages, celle de violon en a 7.

Le i 3 janvier 1789, Lazare Rameau, avec 1 autorisation de Jeanne Guyot, sa mère, qui demeurait alors à Gemeaux ( 1), épousa en l'église Saint-Pierre de Mâcon, sa paroisse et celle de sa future, Laurence Nugue, fdle mineure de feu Jacques Nugue, chapelier à Mâcon, et de Catherine Duc. Parmi les témoins de la cérémonie figuraient l'organiste de Saint- Pierre, Charles de Monsigny, et un facteur d’orgues installé à Mâcon, Charles Le Bègue (2).

Le contrat de ce mariage avait été passé trois jours auparavant, le 10 janvier, par-devant M e Desgranges, notaire à Mâcon. On y voit que le futur apportait dans la communauté tous les biens et droits qui lui étaient échus par le décès de son père, et que la dot de sa fiancée s’élevait à 2,000 livres, soit 1,000 livres de trousseau, 5oo livres de mobilier et 5oo livres en argent provenant du legs inscrit en sa faveur dans le testament de son père ( 3 ). C’était en somme assez modeste.

Lazare Rameau et Laurence Nugue eurent quatre enfants (4), trois filles dont deux moururent jeunes, et un garçon :

i° Marguerite Rameau, née le I er décembre 1789, baptisée le 2 en l’église cathédrale Saint-Vincent, eut pour parrain M re Jean-Baptiste Michon de Pierreclau, et pour marraine Mlle Marguerite Michon de Pierreclau, qu'il faut identifier, nous semble-t-il, avec la « Mademoiselle de Pierreclos

(1) Gemeaux (Côte-d’Or) était le pays de Claudine Demartinecourt, mère de Jean-Philippe et de Claude Rameau.

(2) Voir Pièces justificatives, VIII.

( 3 ) Archives départementales de Saône-et-Loire, minutes des notaires de l’arrondissement de Mâcon

\ Voir Pièces justificatives , IX, X, XIV et X\ .

l'ainée » à qui sont dédiées les trois sonates dont nous avons parlé tout à l’heure : c’était une protectrice ou une élève de Rameau, et elle appartenait à la famille des seigneurs de Pierreclos (on écrivait aussi Pierreclau) qui est actuellement encore représentée à Mâcon. Marguerite {Marguerite-Cécile dit son acte de décès) mourut à près de six ans, le 22 novembre 1796 (I er frimaire an IV) (1).

2 0 Avoie-Marie-Thérèse Rameau, née le 19 novembre 1790, baptisée le 20 à Saint-Vincent, eut pour parrain M. Brice Barjot de La Combe, et pour marraine Mme Avoie-Marie-Thérèse Barjot de La Combe, veuve de M. Claude Quarré du Plessis. Elle n’est pas morte à Mâcon.

3 °Claude-Antoine-Fortuné Rameau, né le i5 janvier 1792, baptisé le 16 à Saint-Vincent, eut pour parrain M. Claude-Antoine Mioland, homme de loi, et pour marraine Mlle Claudine Faudrière. Il ne s’est pas marié à Mâcon et n'y est pas mort.

4 ° Victoire-Liberté Rameau (Marie- Victoire dit son acte de décès), née le 20 mai 1793, morte le 11 novembre 1794 (21 brumaire an III) (2).

Pendant ce temps la Révolution s’était faite et le malheureux père de famille se voyait (( prêt du bord de la misère ». Il avait obtenu néanmoins, le 26 février 1791, que le Directoire du district de Mâcon donnât, vu ses « talents distingués », un avis favorable au maintien du traitement qui lui procurait (( une substance honnête » ( 3 ). Le n janvier 1792, on faisait encore mandater à cet ((artiste recommandable » ses 4<>o livres du second semestre de 1791 et

(1) Archives communales de Mâcon. Etat-civil, (a) Id.

3 Voir Pièces justificatives, XI.

24 livres pour l’indemniser de « journées employées au préjudice de ses écolières, à démonter l’orgue des Jacobins» (i). Enfin, le 14 janvier de la même année, à sa prière, on confiait à un sieur Callinet, le soin d’entretenir et de réparer l’orgue de Saint-Vincent, aux conditions dans lesquelles le sieur Le Bègue l’avait fait depuis le 8 juillet 1785, c’est-k-dire moyennant 120 livres par an (2).

Mais au cours de l’année 1793 la fermeture des églises avait dû amener la suppression de son emploi, et il s’était vu enlever ainsi le plus clair de ses revenus. Est-ce chagrin? Est-ce privations? Toujours est-il qu’il mourut en son domicile, rue. du Pont, le 11 octobre 1794 (20 vendémiaire an III), à cinq heures du matin. Il n était âgé que de 37 ans ( 3 ).

Le souvenir de Lazare Rameau ne disparut pas tout entier avec lui. i^u commencement du XIX e siècle, la municipalité de Mâcon donna son nom à une des rues de la ville, mais à l’heure actuelle il n’y a plus aucun de ses concitoyens qui connaisse la signification de ce nom. Aussi avonsnous cru devoir écrire cette courte étude qui, jusqu’à ce qu’elle soit à son tour oubliée, fera revivre la mémoire d’un artiste de valeur auquel une fin prématurément venue ne permit pas, et c'est dommage, de donner toute la mesure de son talent.

(1) Voir Pièces justificatives, XII.

(2) Id., XIII.

( 3 ) Id., XVI. — Le défunt y est dit à tort Agé de 38 ans.

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