UN HOMME DETAT DILETTANTE
que Ton ne ferait pas à une femme de qualité qui occuperait la même place qu'elle. »
Et quelque temps après, la marquise s'en revient voir Thétis et Pelée. « On craignait qu'elle ne reçût quelque insulte de la populace de Paris, s'écrit d'Argenson à lui-même : il y avait des précautions prises secrètement par les soins de M. Berryer. » Il n'y eut pas la moindre aventure, et huit jours après, le prophète de malheur ajoute assez piteusement : « Les acteurs lui adressaient la parole dans les endroits galants tels que: Régne:{, belle Thétis^ etc. Elle recevait cela avec un air de triomphe que n'eût pas pris une femme d'une autre extraction; car les unes tirent vanité de ce que les autres ne subissent qu'avec honte ^ ». Voulait-il donc qu'elle fit froide mine aux flatteurs et sourde oreille aux bravos?
Pour terminer cette rapide inspection des mémoires de d'Argenson au point de vue musical, j'en extrairai deux petites nouvelles qui peignent le siècle dernier sur le vif : c'est court, mais éloquent. Première nouvelle : « La duchesse de Luxembourg iM'^^de BoufBers) a résolu de tenir une bonne maison cet hiver à Paris, et pour cela il faut des beaux esprits. Elle a persuadé Mn^"^ de la Vallière de donner son congé à Gélyotte, chanteur de rOpéra, et de s'attacher à sa place le comte de Bissy... Le duc de la Vallière a dit à Gélyotte : « Quoique vous ne soyez plus ami de ma femme, je veux que vous soyez toujours