Février
3. Dauberval rappelle cette initiative de la marquise de Poinpadourcn faveur de Gélyotte dans une lettre d'une fatuité iiisifçne <iu'il adressa à la Cfjiiitessc Dubarry pour la remercier ilc ses faveurs. On trouvera cette curieuse cpitrc dans l'Opéra secret au XVIII* siècle (un vol. in-8", Kouvcyrc, 18S0).
UN HOMME D i: T A T DILETTANTE 1 09
la réclame, à l'excentricité. Rien de plus naturel, au contraire, et de moins neuf. Lisez plutôt cette nouvelle de d'Argenson : « La reine tombe dans une dévotion superstitieuse. Elle va voir à tout moment la Belle mignonne ; c'est une tête de mort. Elle prétend avoir celle de M^^^ Ninon de Lenclos. Plusieurs dames de la cour, qui affectent la dévotion, ont de pareilles têtes de mort chez elles. On les pare de rubans et de cornettes; on les illumine de lampions et l'on reste une demiheure devant elles ^ »
De quelle reine s'agit-il donc ici ? De la reine de France, ni plus ni moins, de l'épouse de Louis XV, de cette dévotieuse Marie Leczynska qui, suivant Tarmée en campagne au mois de juin 1745, marquait dans un de ses billets au comte d'Argenson : « Je n'ai point fait voyager la Belle mignonne ; je n'ai pas trouvé d'endroit pour la placer, et je craignais de déranger ses attraits. Comme elle est fort délicate, la moindre chute aurait pu la déranger, et je veux que vous la retrouviez avec tous ses charmes. Pour moi certainement ce sera aussi la même amitié. »
Pourquoi donc une princesse de théâtre ferait-elle autrement qu'une princesse de sang royal, pourquoi donc une simple enfant de la balle aurait-elle moins de superstition qu'une reine de France et ne pourrait-elle pas se plaire, après tant de belles et nobles dames, en la société peu compromettante d'une tête de mort?