UN SOTTISIER DU XVIII^ SIECLE
Octobre 1879.
Dépouille-t-on jamais entièrement le vieil homme? On prend des vacances; on part en voyage, en jurant bien de ne plus ouvrir un livre, de ne plus prendre une plume, et, dès qu'on a louché barre, la tarentule vous pique, on se met à bouquiner, à fureter, à comparer, à reviser, à s'amuser enfin, tout comme à Paris, moins les ressources et les commodités. Il y a quelques semaines, j'allai pour deux ou trois jours à Bourges, Cl, sitôt arrivé, au lieu de me promener, je fourrageais dans la bibliothèque d'un mien ami, grand bibliophile devant le Seigneur. Il se trouvait précisément parmi ses livres un de ces recueils de pièces manuscrites, autrement dit Sottisiers, dans lesquels les amateurs de nouvelles du siècle dernier se faisaient copier toutes les facéties politiques, théâtrales, licencieuses et autres qui couraient sous le manteau de la cheminée.
Celui-ci provient du château de Quincy-sur- Chcr, CI appartenait à M. Sallier, conseiller au Parlement de Paris à l'époque de la Révolution, qui devint conseiller d'État et député de la Côted'Or sous l'Einpire. Ce M. Sallier possédait les
PARIS ET l'opéra EN CHANSONS III
terres de Quincy du chef de son épouse, noble demoiselle Pinon, à la famille de laquelle ce château appartenait depuis fort longtemps, mais M. et M'"^ Sallier en furent les derniers propriétaires, avant qu'il ne passât dans une famille tout à fait différente.
A première vue, ce sottisier me parut renfermer quelques pièces assez curieuses, que j'ai cru devoir copier à l'intention des amateurs: je ne les garantis pas inédites, mais elles sont à tout le moins fort peu connues. La première, en particulier, appartient à un genre de plaisanteries libres, très goûtées au siècle dernier, mais il y a dans le nombre certaines adresses parlantes que je ne me rappelle avoir vues nulle part. Inutile, je pense, de les expliquer. Elles sont assez signiticatives par elles-mêmes, et d'ailleurs telle chose peut se dire à mots couverts, qu'on serait bien embarrassé de lancer tout crûment.
SUPPLÉMENT A L'ALMANACH DES SPECTACLES i OPÉRA
Les D"" Lany, quai de l'Ecole, au Lutrin.
Lyonnois, rue des Bons-Enfants, à la Grande
Pinte.
Vestris, rue des Deux-Portes-Sain'-Sauveur,
au G couronné.
I. Cette facétie qui, pour l'Opéra au moins, ne comprend que des danseuses, se rapporte aux environs de 1765 : cela résulte clairement du collationnement que j'ai fait avec les états d'appointements conservés aux archives de l'Opéra.
Les IV" Allard,
Guimard, Peslin, Du Mirey, Rey,
Basse,
Saron, Saint- Martin,
Peiitot,
Perrin, Buard, Dornet,
Villette, La Haye,
Gaudot,
Pa^ès,