FACE ET ENVERS D U N K CARTE DE CHORON
IjS MUSIQUE
ment de fonder son école, il avait obtenu un subside du gouvernement et s'efforçait de l'augnienier par tout ce que le zèle, la persévérance, l'amour de l'art ont de plus inventif et de plus ingénieux ; mais les ressources dont il disposait étaient toujours trop faibles à son gré et lui seul avait assez de parcimonie et d'habileté pour en tirer parti : c'est merveille e]u'il ait pu arriver de la sorte à d'aussi beaux résultats.
Tous les ans, il voyageait à pied dans la province atin d'y recruter de futurs élèves. Il allait dans les bourgs, dans les villages ; il pénétrait dans les collèges, dans les pensions, dans les divers établissements d'instruction publique et faisait comparaître devant lui tous les écoliers. Dans la rue, il avait toujours l'oreille au guet et sitôt qu'il entendait une jolie voix, il s'approchait de l'enfant, allait trouver sa famille et quoi qu'il ne fut d'un aspect ni bien luxueux ni très engageant, il déployait une telle force de persuasion qu'il obtenait le plus souvent d'emmener avec lui le petit bonhomme ou la petite fille en qui il avait découvert d'heureux dons pour la musique. lù ces voyages à la recherche de jolies voix ou de jeunes enfants bien doués se faisaient dans des conditions d'économie telles que certaine personne tlisait un j(jur au ministre : « Votre laquais n'irait pas à Saint-Gloud avec ce qui suflit à M. Choron pour une tournée dans les départements. »
Ces promenades d'exploration, (|u'il faisait à ses frais et sans solliciter même une indemnité