I. Mi-moires de i'abbc Marollcs
inférieur, se distinguaient encore quelques gens à l'imagination moins riche ou moins hardie et qui se contentaient sagement de suivre la voie frayée par leur illustre modèle : d'abord le sieur Durand, contrôleur général des guerres, qui n'osait guère se risquer hors des sujets mythologiques et poétiques, puis le poète-académicien Porchères-Laugier, qui obtint, par la protection de la princesse de Conty, la charge exclusive des ballets avec douze cents livres de pension et qui, dédaigneux du vocable trop vulgaire de ballet, prit la qualité d^Intendant des plaisirs nocturnes^. Francine, ingénieur ordinaire du roi et surintendant de ses fontaines, avait la direction générale des machines dans les ballets à grand appareil. Enfin, le 17 mai i63i, un sieur Horace Morel et ses associés obtinrent par brevet le privilège de la conduite des ballets-.
Ces indications rapides montrent assez quelle extension avait prise dès lors le ballet, qui constituait bien la partie la plus importante des spectacles de cour; et pourtant, si haut qu'il fût parvenu dans la faveur des grands du royaume, il allait encore gagner en magnificence et en prospérité après l'avènement de Louis XIV, à la cour d'un roi où l'apothéose était l'occupation incessante de tous les courtisans, gens de lettres ou grands seigneurs. Mais le ballet de cour va subir ici une scission complète : tandis que le ballet mythologique triomphera à la cour sous