CONCLUSION
seul rôle. Ensuite sont arrivées des formes de pensée intellectuelles et critiques mieux adaptées au développement mental de l'homme. Désormais, son mode d'action, sa physionomie originale ont eu de la peine à percer les nuages qui l'enveloppaient, à vaincre les défiances qu'il suscitait. On a longtemps regardé cette condition primitive de la conscience comme un néant psychologique. Actuellement, des moyens, que nous avons décrits, nous sont donnés de réduire la zone intellectuelle qui fait obstacle à la perception du monde naissant, et de comprendre qu'elle n'est point tout. Nous pouvons remonter au delà de ses limites et retrouver cette condition qu'attestent les vestiges d'un ordre d'organisation disparu. Une attention accordée avec quelque sympathie aux manifestations diverses de l'activité spontanée, le développement sentimental et romantique, si important de nos jours', nous ont fait, pour un, instant, cette mentalité favorable à la compréhension de l'inconscient. S'il était besoin d'une justification tardive du rapprochement que nous avons osé tenter et qui met aux prises, semble-t-il, deux termes disparates, nous la trouverions dans cette nécessité d'une préparation nouvelle de l'intelligence pour comprendre un objet qui ne lui était plus familier. La musique peut servir d'initiation à l'étude de l'inconscient, s'il est vrai qu'elle soit, selon la profonde remarque de Myers, une chose qui se découvre plutôt qu'un produit qui se fabrique et qu'elle exprime, à ce titre, bien mieux que les modalités de la pensée claire, les procédés instinctifs de l'inconscient — naturel et spontané comme" elle cl, comme elle, pénétré de la passion primitive qui lie la vie à la vie.
I. Voir à ce propos le brillant ouvrage de M. Pierre Lasserrc, /(• Ronuinlismi' fraïKnis.
l.llAKTHi;s. IMI'HIMKHIi; UIT.AM). IU(. I ll.llICKT.
FELIX ALGAN, Éditeur
LIBRAIltlES FKLIX ALCAN et GUILLAU.MI.N RÉU.NIES