‹ Musique et inconscienceChapitre 50 sur 146 · I . lOid., p · texte numérisé non relu

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LE LA>GAGi: MUSICAL KT LA LOI DU DEVKMH lOO

extérieurs; ils nous donnent la dépouille première des choses : ils ne sont que des absirnctions. Au contraire, la musique nous donne ce qui est antérieur à toute forme, « le noyau intérieur, le cœur des choses ». Voilà comment s'explique la séduction de la musique, séduction faite dintimité et de profondeur, et qui permet de vnir on elle un langage universel et concret tout ensemble, le pur langage du sentiment. Kl l'on comprend, de plus, cpic chacune des formes de ce langage corresponde à une inll<;\inii cl à uiie nouvelle altitude de la conscience.

Schopenhauer a noté mieux que tout autre ce charme indescriptible d'inlimilé qui fait, selon ses fortes expressions, que la nmsique résonne à nos oreilles comme l'écho dim paradis familier, bien cju'inabordable pour nous, et que nous la comprenons si entièrement, bien qu'elle reste si inexplicable'. Il fait plus. Il assimile le monde des sons à un langage éminemment substantiel et significatif, et il assigne à ce langage un objet immédiat qui en explique tout ensemble le sérieux plein de gravité et la grâce pénétrante : ce langage excelle à nous dépeindre les mouNcmcnts les plus cachés de notre être saisis dans leur origine, le conir ou la volonté, et à nous les rendre, dépouillés de la réalité et de toutes ses tortures. Nous verrons plus tard ce que nous ménage une telle explication : il peut se faire quelle restitue au sentiment musical, au détriment de toute intervention de nos facultés pensantes, un caractère nettement dynamique et quelle laisse soupçonner, derrière les formes spt^ntanées de ce langage, les inflexions de la \ie personnelle, les attitudes sinn)lifiées et comme le rythme profond de la conscience. Le langage musical serait, de la

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