‹ Musique et inconscienceChapitre 80 sur 146 · DEUXIÈME PARTIE LE RÈGNE INCONSCIENT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE LE RÈGNE INCONSCIENT

cHAPiTKu: pui:mii:u

i.K i'iî()r.ij';\ii: di; i. incu.nscikm

La diflicullé du problème de rinconscient lient à ce que l'on n'a cessé d'envisager ce terme confime extérieur ù toute expérience positive et qu'on a prétendu le saisir en l'isolant. On se trouve dès lors en présence de deux impossibilités créées uniquement par la méthode d'approche à laquelle on recourt. D'abord, comment avoir des idées sans en avoir conscience ? Que peut être une représentation qui échappe à toute ^éri^lcation interne ? En second lieu, si l'on réalise l'inconscient dans la vie psychologique comme un centre d'action insolite qui n'a point de rapport assignable avec elle et qui s'isole dans un mode d'existence indépendant, couHUcnt reslilucr le type d'activité qui lui est propre ? Comment surtout pénétrer dans un système d'élats qui se retranche au delà de la vie consciente et que nulle analogie, nulle conlinuilé ne [)ermettent de rattacher aux ("ormes positives, scientiiitpiement explorées, de l'aclivité mentale ?

Le lorl do la philos()|»lnt' de riiu-onsrienl. IcUo (jue <le Harlmami la i'ornudée, n'est pas seulement d'avoir vu dans ce terme une idée positive, mais encore de recourir à lui, comme à une donnée explii'alive suffisante toutes les

fois que la série de causes psychologiques ou physiques se suspend. L'inconscient ne serait admis de la sorte que par une expérience contestable dont il aurait fallu combler les lacunes, au lieu d'en accepter les résultats. Pareille expérience négative et déficiente serait, selon Spinoza, à Torigine de notre croyance illusoire en la liberté. Liberté et inconscience naissent, dans un monde voué à la continuité des causes, de l'ignorance des conditions essentielles qui échappent à nos investigations. La psychologie serait donc amenée à rejeter l'inconscient dans l'ordre des explications mythiques, si une observation impartiale ne lui en révélait brusquement Texistence et si elle ne découvrait, non sans surprise, en déplaçant son champ de vision au delà de la zone éclairée par la pensée réfléchie ou parcourue par les courants affectifs, que les lois psychologiques ont quand même leur application. Ainsi, certaines combinaisons d'états qui se produisent au delà du seuil de notre conscience, suivent le même processus, obtiennent le même résultat, remplissent la même fonction que le feraient les événements conscients. Nous sommes donc bien en face d'une activité psychique capable d'effectuer des groupements spontanés ou des synthèses naturelles; innis cette activité se dérobe. Ses résultats sont directement saisis ; son principe, son travail sont imperceptibles.

Le sentiment de ces difficultés, en autorisant une analyse minutieuse du concept négatif d'inconscient, pourrait suggérer une hypothèse nettement défavorable à la réalisation de ce type d'existence. Selon cette hypothèse, il ne saurait y avoir de catégorie psychologique en dehors des deux catégories générales du conscient et du naturel, du mental, qui a pour caractéristique la représentation, et du physi(pic ou du {)liysiologique. Tout clat inconscient se

LA HKM.IIK Di: L INCONSCIENT I "3

prêterait ainsi à une sorte de disjonction, susceptible tour à tour de rejoindre un lait de conscience atténuée et primitive, l'élément de conscience, comme voulait Lehnit/, ou bien de se résoudre dans la réalité matérielle du choc nerveux et du mécanisme cérébral. Il n'y aurait plus lieu de rechercher dans la vie psycliologique une zone intermédiaire correspondant à un zéro de conscience. L'écpiilibrede rindiiïérence suffît à nous expliquer, par une facile analogie, que certaines de nos représentations passent en nous comme inaperçues ; et d'autre part, l'automatisme se charge de faire entendre l'apparition et la croissance d'actes vides de pensée et faisant cependant irruption dans la pratique. La réalité se prête ainsi à une dichotomie toujours renouvelée : comme la remarqué M. Fouillée, elle se distribue entre les deux grands genres du physique et du mental. Nulle détermination précise ne correspond à l'inconscient qui fait nécessairement retour à l'un ou l'autre de ces genres. Entre ces deux faces de Tcxislence, ainsi que l'avait compris Descartes, il n'y a pas de troisième terme interposé.

Si toutefois on s'acharne h le maintenir, c'est qu'on profile d'une limitation naturelle de nos facultés d'analyse. Tant que la synthèse intervient scul(\ elle nous laisse en présence d'assemblages qui doivent à leur confusion un semblant d'existence originale. Mais qu'on presse les termes composants, on s'aperçoit bientôt du caractère précaire d'une telle unité, et l'on a vile fait de la résoudre en des éléments intelligibles. Pareille erreur, due uniqucmonl à l'abus de la synthèse, s'était glissée dans la croyance en la causalité efficiente et en l'efficace de l'efTort dont Hume devait faire éclater l'inanité. C'est un semblable sophisme (|iic l'on jK^urrait relever dans r.illiruiation de la finalité, vue provisoire qui lient à une réduction incomplète des

formes d'organisation aux lois du mécanisme, au mêmelitre que les notions du discontinu et de la contingence sont de véritables notions-limites qui ne révèlent rien de Têtre vrai, mais qui établissent momentanément des bornes impossibles à franchir par nos facultés actuelles d'analyse. L'inconscient serait une pseudo-notion incapable de se maintenir en face du dogmatisme de la connaissance : il résulterait de l'obscurité et du mélange des idées. Il correspondrait, dans l'analyse de l'esprit, à une synthèse imaginative rendue encore possible par le repos ou la défaillance de l'entendement. Cette suspension arbitraire de notre pouvoir d'analyse serait la seule cause de l'apparition d'un terme aussi ambigu. L'inconscient n'est donc pas simplement un ordre équivoque et incertain, ou plutôt il n'est l'équivoque et linstabililé même que parce qu'il est au préalable, pour une connaissance incomplètement informée, une notion négative et irrationnelle.

Avouons-le cependant : cette conception, avec le dualisme des genres d'existence auxquels elle ramène la totalité des faits, n'avait de chances de subsister que par la forme spéciale de métaphvsique qui lui a donné naissance. Elle n'a de valeur qu'au regard d'un dogmatisme de la connaissance prétendant ramener strictement l'être aux lois théoriques de la pensée, et déniant toute valeur aux formes hostiles ou indlfîérenlcs données comme irréductibles, partant comme irrationnelles. Pour une telle conception, il ne saurait y avoir dans la réalité plus que l'entendement ne fournit, comme si les progrès de l'entendement n'étaient pas imc conquête incessante sur l'inconnu qui le sollicite, et comme si ces progrès n'étaient dus, non à l'application tyrannique des types explicatifs de l'intelligence, mais aux révélations de l'expérience qui cliangcnl le plus souvent l'altitude

(le la raison et qui renversent son parti pris d'explication rornielle. C'est d'ailleurs un fait historique irrécusable : rintcrèt donné à Tétude du contingent, du spontané, de l'individuel même tenus par le dogmatisme de la connaissance pour des termes indifférents, a signalé un redoublement de faveur pour le problème de l'inconscient. Et si cette faveur s'accroît encore de nos jours, c'est que les sources de compréhension se font actuellement plus variées et plus nombreuses. Les formes Imaginatives ou afl'eclives de l'activité nous intéressent au même litre que les formes logiques et morales, plus arrêtées et mieux définies, où se complaisait uniquement l'ancien dogmatisme. D'autre part, les systèmes organisés de la vie mentale nous apparaissent de {)lus en plus comme des extrémités ayant leur préparation, communiquant par une série d'intermédiaires, de formes ébauchées et successives qui assurent des unes aux autres une indestructible continuité. Ajoutez enfin limportance croissante du pragmatisme qui tend à replacer l'esprit au sein de l'action, de la vie organisatrice plutôt que de la pensée strictement cx[)licative, et qui sollicite noire elTort de compréhension pour les manifestations les plus inattendues de l'expérience. Bref, l'unique intérêt de la spéculation philosophique n'est plus de réduire la diversité des faits à quelques types formels d'explication : nous avons le sentiment que la nature, hors de nous et en nous, est beaucoup plus riche que ne le laissent croire nos besoins tl interprétation rationnelle. Réduire ces aspects mobiles et complexes ne nous sulllt plus. Nous voulons plutôt les saisir en eux-mcmes, au principe de leur originalité, lans la forme spécifique qui constitue leurs droits à être. Nous préférons les comprendre que les expliquer.

Mais, à mesure que se réduit de la sorte la portée de

iy6 LE PROBLÊME DE l' INCONSCIENT

nos facultés explicatives, un nouveau champ d'expérience s'ouvre devant nous, qui sollicite notre intérêt. Pour parler avec Schopenhauer, la représentation limitée à son objet, a fait place à la volonté ; Tidéal du dogmatisme intellectualiste a fait place à un naturalisme psychologique pour qui le sentiment, l'instinct, la spontanéité sont donnés antérieurement à l'intelligence et se développent d'après les lois d'une logique indépendante. C'était faire très grande la part des puissances inconscientes, car c'était se refuser le droit de les déduire des lois de l'esprit ou de les dériver de la conscience par voie d'exténuation et d'alanguissement. L'ordre de l'inconscient, donné comme un ensemble de forces quasi-naturelles incomplètement assimilées par la représentation, n'offrait nul mystère et surtout n'enveloppait aucune impossibilité, si l'on avait au préalable décidé que les termes accessibles à l'intelligence exigent une longue préparation de la sensibilité et de l'imagination. Rien n'empêchait de regarder cette préparation comme mettant en jeu une logique extra-rationnelle et comme dégageant peu à peu les forces purement instinctives dont la lente libération devient pour la conscience un objet de contemplation, bien qu'elle se soit d'abord produite indépendamment d'elle. A cette thèse, où l'on reconnaît sans nul doute la suprématie accordée à l'inconscient par Schopenhauer et de Hartmann, des travaux de limitation plus modestes devaient apporter un appoint décisif. Si l'on suppose que la conscience est une crise accidentelle, qu'elle exprime une organisation provisoire de certains états dominés par l'attention à la vie, on ne sera plus tenté d'y voir la mesure de la réalité intérieure. Non sans doute qu'nnc fois apparue elle ne puisse modifier le cours des faits et qu'elle soit négligeable ; mais l'activité mentale,

LA UKALI il: I)I: 1. INCONSCIENT

à la prendre d'ensemble el dans sa conlinnilé, est dunnôc avec des forces et des rap[)orls fondamentaux réellcmcnl indépendants de l'apparition ou de labolilion do la con science. Celle ci doit simplement se borner à parfaire celte liarmonie primitive et travailler constamment à rct.iblir le point d'équilibre psychologique.

La seule dillicullé que soulève une pareille supposition tient évidemment au caractère fuyant et indéfini de ce principe engagé dans tous les produits de la nature, dans toutes les inventions de l'esprit et ap[)liqué, en fait, universellement. Or, le premier résultat d'une telle application sera de n'en riensavoir sous la forme analytiqueetscicntifique (jue la connaissance rationnelle exige : à peine pourrons-nous demander à des suggestions ou à des évocations habiles de nous en fournir une connaissance d'art. Toute détermination plus exacte nous sera interdite. Par un curieux retour, la philosophie qui réalise l'inconscient sous forme dun jirin- ( ipe universel, le présente aussi comme une réalité évanouis- -MUle, fuyant devant la représentation, échappant à tout essai de détermination et d'analyse. Celte volonté qui est lout synlhétiquement parlant, n'est rien pour la science à laquelle elle se dérobe sans cesse. A peine pourrons-nous recueillir quelques traces de sa mystérieuse action, dans l'impossibilité de retrouver, par des fragments isolés, la structure de l'ensemble. En fait, Schopenhaucr et son disciple n'ont point échappé à cette extrémité. A[)rès avoir consacré \c primai de la volonté. el réalisé l'inconscient ou lirrépréscntable comme une substance, une chose en soi sans comiiuuie mesure avec les phénomènes, ils n'ont réussi à le défmir qu'en devenant infulèles à leurs prémisses el en demandant aux phénomènes un commencement de délcrminalion. Ou, s'ils se s<^nt, à de certains moments, acharnés Ba/.aillas. la

I^S LE PROBLÈME DE l'iNCONSCIEXT

à retrouver l'inconscient dans un fond métaphysique, ils ont fait retour à une philosophie de TinefTable, véritable mysticisme qui mettait les obscures révélations du cœur à la place des investigations de Tintelligence. De là, incontestablement, Télhique négative de la pitié, la théorie passive de la contemplation artistique, le quiélisme théorique, et, pratiquement, le repos final dans le nirvana. Toutes ces conclusions négatives font éclater la contradiction que recèle la philosophie générale de rinconscient et sous laquelle finalement elle succombe. Si l'inconscient absorbe toute la réalité, on ne voit pas le moyen d'en poser une détermination quelconque soit théorique, soit pratique. Une extension de notre connaissance elfective est impossible en pareil cas. Toute action, comme tout concept, expire en ces profondeurs. Le dernier mot de cette décevante doctrine n'est pas l'agnosticisme, qui ignore sans doute mais qui fait elTort et espère, c'est l'indifférence.

Vm examinant nous-mêmes rilliislon qui avait égare Schopcnhauer, et qui n'est autre que l'élévation au rang de principes absolus ou de « choses en soi » d'un système affectif positivement donné et empiriquement accessible, nous avons montré que le problème de l'inconscient devait se poser en termes strictement psychologiques. C'est d'abord en ce sens que les investigations de la pensée moderne paraissent décidément s'orienter. Abandonnant toute spéculation sur la chose en soi, renonçant à hypostasier l'inconscient, elle y voit simplement un ensemble de forces groupées dans des rapports précis, mais ne participant que

L INCONSCIENT i'SVCIIOLOGIOLE 1-f^

d'une manière indirecte — soit en reflet, soit en projet — à la vie de la conscience. Il reste que l'existence organisée et ( ontinue, en nous comme hors de nous, ne soit pas simplement conditionnée ou provoquée par des lois dintclligibilité immédiate. Nous n'allons pas de la conscience à la réalité, nous allons plutôt de la réalité donnée avec son équilibre et le système harmonique de ses puissances constitutives, à la conscience qui réfléchit sur la technique ap[)liquée d'abord d'instinct par la réalité. Le moi ne sera plus, en conséquence, le centre de l'optique interne, lexemplaire invariable delà réalité consciente. Avant l'apparition du personnage intérieur, beaucoup de formes, en nous, ont aspiré à être. Beaucoup de possibilités se sont ébauihées, donnant lieu à une organisation éphémère. Notre conscience est remplie de leurs résidus et du souvenir de leurs aspirations, presque autant que de ses succès. Avant de parvenir à la réussite du moi, à l'équilibre provisoire de la personne, que débauches, que de formes avortées, que d'essais utilisés d'abord, oubliés ensuite, tombés on désuétude sans pourtant avoir disparu! Et la succession de ces formes, qui s'étagent de la vie physique à la vie personnelle, n'est pas l'effet du caprice d'une activité en mouvement, ni le signe de l'inquiétude des éléments composants ; (Ile atteste la valeur universelle de la loi de la continuité. Elle montre qu'en nous les dilTérents- aspects de l'être se réalisent, puistju'une série habilement ménagée de nuances et de transitions permet à la conscience de se dégager de l'unité naturaliste où elle ne lait qu'un avec le cosmos, pour passer, en une suite de libérations nécessaires, par les formes de plus en plus iléfinies de l'activité consciente et s'élever, comme en une ilialcctique vivante, au terme su[)érieur de l'aulonomic et de la posse>-

sion de soi. « La prétendue naissance de la conscience^ disait Hoffding, n'est qu'un passage, un cliangement d'unfr forme en une autre, de même que chaque mouvement matériel nouveau résulte d'une transformation d'une autre espèce de mouvement. » La zone inconsciente nous paraît correspondre à ce moment d'origine de la conscience. Elle est la région intermédiaire où s'effectue la métamorphose ; elle rétablit la continuité entre les termes discontinus et partout opposés du réel et de Tidéal, de la nature et de l'esprit.

L'histoire d'ailleurs en fait loi : cette orientation des théories de l'inconscient vers une détermination psychologique les conduit à situer l'inconscient, à le rattacher à l'organisme psychique de Phomme, au lieu de l'en isoler pour le réaliser à part, comme en une existence solitaire. Que l'on suive le travail accompli en ce sens : on y démêlera quelques tendances générales qui aboutissent à la même conclusion et qui s'accordent à replacer l'inconscient dans une région déterminée de la vie mentale d'oîi il rayonne comme une force psychique élémentaire, comme un système dynamique capable de pénétrer l'action et d'inspirer la pensée.

A certains égards, cette hypothèse finale dépasse les théories partielles qui nous y acheminent. Beaucoup s'arrêtent en roule, se refusant à examiner le monde inconscient dans sa continuité et dans son mouvement global. La psychologie de l'inconscient présente alors un caractère épisodique et morcelé, comme le serait la psychologie du rêve ou des cas lélcpathiques. Au surplus, elle refuse de rattacher cet ordre, si nouveau par certains côtés, au mécanisme de la Aie psychologique vis-à-vis duquel il constituerait un déposé inassimilablc, une étrangeté, une

l'incon.scii:;m ps^<;iioloi;iqle l8i

aiiijiriallo. Mais celle lendancc à lexplicalion sporadiquc, ])OiuTail-oii dire, ne doil pas nous cacher TefTort vraiment pliilosophiquo Icnlé à [)lusieurs reprises pour ratlacher les phénomènes subconscients à hi vie g-énérale de Tespril. (Jn a noté avec une scrupuleuse e\aclilude la formation de centres multiples, de petites individualités conscientes qui ne correspondent que tardivement à une conscience supérieure. De la sorte, l'inconscient serait la condition du travail mental préparant, dans le silence de la vie aflective, les apparences conscientes. Il aurait son origine dans une période forcée de dissolution où les systèmes psychologiques ne coïncident pas, où ils vivent d'une vie propre, en attendant de s'organiser en une unité composite souvent précaire et de former une espèce de réussite. Toutes ces consciences ébauchées et commençantes « retentissent ainsi confusément dans la conscience dominante, mais toutes aussi peuvent agir séparément, carchacunea dans l'ensemble des fonctions spéciales... On comparerait l'œuvre commune à une symphonie. Chaque conscience ne connaît et n'exécute que sa partition, simple ou complexe, uniforme ou variée; seule la conscience du moi dirige l'ensemble et connaît l'harmonie qui en résulte, et pourtant celte harmonie, inconnue de chacun des exécutants, est la raison même de leur existence et de leur activité ' ». L'inconscient se trouve ainsi replacé dans le travail intérieur dont les épisodes nous échappent, et dont nous ne saisissons pas davantage les produits. S'en tenir unicpioment à la consciencedominante, c'est oublier sa longue préparation ; c'est négliger les intermédiaires qui l'onl rendu possible, les formes permanentes qui lui servent encore de soubassement. « La con-

Page 1