‹ Musique et inconscienceChapitre 83 sur 146 · I.\ vu: INCONSCIENTE l · texte numérisé non relu

I.\ vu: INCONSCIENTE l

nialion ne serait d'ailleurs négligeable. Quand il s'agit diui mode d'existence aussi éloigné de noire mentalité aclucili- ■et que tant de phénomènes surajoutés recouvrent et dissimulent à nos veux, on n'a qu'un moyen d'approche légitime : il consiste à supputer par voie d'hypothèse « les diverses possibilités qui se déduisent de ce que nous savons déjà ». Ce monde obscur, donné en corrélation avec l'ordre conscient, est en comparaison de ce dernier comme un fragment complémentaire : il n'est possible de le compléter que par voie d'hypothèse. C'est ce que la méthode d'expérience psychologique continue rend en partie plausible.

Ilàtons-nous d'ajouter que la théorie métaphysique de l'inconscient renferme une indication précieuse dont nous comptons profiler. Si elle a tnil de réaliser l'inconscient sous forme de substance, elle a raison de le saisir dans son ensemble et dans sa continuité, comme un système indécomposable valant par sa consistance même et son unité. C'est bien ainsi que nos précédentes études d'approche nous ojit permis de l'imaginer. Si l'on prend l'inconscient dans ses aspects discontinus, il perd toute signification psychologique, et son nMe, corrélatif de la vie mentale, nous échappe aussitôt. Nous avons alors le sentiment dune « inconnue» à dégager sans moyens sulTisanls de résoliiliofi. D'aulre [>ail. la description j)ortant sur des phénoiuènes incertains ou ambigus se fait rhapsodiqueet fragmentaire : elle laisse échapper jusqu'au sens de la réalité qui lui est soumise. L'inconscient n'est pas un simple entassement de faits de provenance différente, im ramassis d'états élémentaires mal définis. Il y a une vie inconsciente, au même titre qu'une vie psychologique. Cette vie de l'inconscient se conforme à la haute inspiralimi qui gouverne le développement de la nature humaine, quand celle-ii se refuse à ce que les forces

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qui la composent se bornent à développer lenr puissanc e propre, et qu'elle leur impose de travailler constamment soit à maintenir la continuité du mouvement intérieur, soit à se disposer en un système dont l'équilibre est dû justement à la rencontre de tous ces efforts partiels. Isole comme un fragment du système total des forces psychiques, Tinconscient n'a plus la double signification qu'il tient de la nature, dont il piolonge en nous la vertu, et du règne conscient dont il fait pressentir l'arcliitectonique. Il se réduit à un mobile amas de forces déposées en lui par la nature ou par l'espril ; il devient le lieu de ces formes fuyantes, à peine ébauchées. Si nous cherchons alors à le saisir dans quelques-uns de ces aspects, c'est au hasard et sans profit. L'insignifiance de ces découvertes n'a d'égale que Tincohérence des aperçus qu'elles nous valent ; et nous balançons ainsi dans notre essai de détermination, incertains après tout si l'inconscient est une réalité constituée ou s'il n'est qu'un ensemble inconsistant de possibilités pures, s il marque le commencement fécond et le premier projet de la conscience, ou au contraire le terme de son déclin et comme son épuisement.

En résumé, si on l'isole pour le considérer en deliorsdu point d'équilibre mental auquel il (onliibue, l'inconscient n'est plus qu'un assemblage équivoque où se rencontrent, sans se fusionner, les forces hétérogènes déposées en lui. Mais, à le prendre d'ensemble et dans sa continuité, il constitue luie giande fone psychologique. Il a la suite et la consistance d'un règne de la nature. Il nous fait songer, jar sa composition et par l'unité de son plan, à quelque grand dé[)artcmcnt du monde extérieur et il correspond, à cote du règne conscient cpiil environne et pénètre, à un grand département de la nature bu-

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