LA ME INCONSCIENTE 1 N
disséminés à la surface de la conscience ; elles ne nonsfunl pas saisir le travail sourd et ronlinu (|ui se produit dans les profondeurs.
Nous pourrions du moins, en in-tilu;mL des analogies dont les sciences de la nature nous donnent des exemples mémorables, tirer de ces explorations multipliées à la su- [)erficie de la conscience, (pielque inférence touchant la structure interne de la vie mentale. Nous aurions à interpréter les mes-^agesde Tinconscient. Un travail deraccordet de rapprochement serait d'ailleurs nécessaire [)Our nous en faire soupçonner le fond. C'est ainsi que des sources vives pratiquées çà et là à la surface d'un champ nous permettent d'explorer la nappe d'eau qui s'y cache et d'en mesurer approximativement l'étendue. Les théoriesempiriquesdel'inconscient ont eu le défaut de considérer les faits qui en révèlent l'action comme autant de phénomènes synthétiques isolés : elles n'ont pas tenté ce travail de rapprochement (jui permettrait de les constituer en séries, pour retrouver à l'aide de ces séries les inflexions et les courbes du réel. De ce point de vue exclusif encore, on ne paraît pas s'être préoccupé d'examiner les conditions précises de l'inconscient, ni de décrire son mécanisme. Pourtant il ne suilit pas de noter, comme en un répertoire commode, des faits inconscients isolés. Il im[)orte beaucoup plus de retrouver la connexion d3s états qui vont d'un de ces faits à l'autre, et qui composent ainsi la trame conlituie de la vit> subconsciente suivie dans son déroulement même à travers quehjues phéno mènes représentatifs. Dès qu'on applique celte méthode lie régression, on constate l'organisation de sentiments ou d'images avant évolué, avant leur présentation à la pensée, dans une condition alVective où n'avait [)u avoir lieu It^ travail d'adaptation et de sélection qui caractérise l'actiNit»'
lOi'l LE PROBLEME DE L INCONSCIENT
réfléchio. Se transporter dans cette période préparatoire de la conscience, c'est bien s'efforcer de dégager, par voie (riivpothèse, le monde inconscient enseveli sous tant de couclies superposées, et c'est par là même supputer ce qui fait la fécondité secrète et la continuité de son action'. Mais c'est aussi se résoudre à le saisir globalement, pour le considérer dans son mouvement d'ensemble plutôt que de s'en tenir à ses aspects discontinus. Insensiblement, on se trouve conduit à le situer dans la vie psychologique avec le mode d'action, l'espèce de mentalité qui lui sont propres. Or, c'est là une méthode d'exploration continue tout autre que la conception métaphysique, occupée àhyposlasier linconscient comme en une réalité inconnaissable, tout autre encore que l'empirisme psychologique, désireuv simplement d'en cataloguer les effets et den noter les manifestations isolées. Nous réintégrons le monde inconscient dans la vie globale de l'esprit à laquelle le rattachent des liens de réciprocité d'action. Nous y voyons un corrélatif de la pensée, comme le mécanisme de la connaissance représentative est en corrélation avec le dynamisme foncier. Ces échanges, ce commerce entre le dynamisme inconscient et les centres de la pensée pure nous permettent de retrouver un terme qui se manifeste par ses effets, mais qui nous échappe en son principe. Nous faisons ici comme le philologue « qui restitue au moyen d'ime critique conjecturale un fragment d'auteur ancien" «.
Dans cet essai de restitnlion méthodique, nulle approxi-
1. I II iisycliologuo circonspect et prul'oinl nous y autoriserait, llolliling déclare en cfFet : « L'inconsci<Mit est luie notion-limile de la science, et quand nous arrivons à une limite fie ce genre, essayer par voie d'hypothèse de supputer les diverses possibilités qui se déduisent de ce que nous savons peut avoir son prix ». Pivc/io/oj/ie, p. ii3. (V. Alcan)