ACTE PREMIER
éhard qui va s'emporter,) D'ailleurS> Jean n'est
pas beau, il est bien. Il n'est pas fat, il est simple, n a dé plus un talent qui grandit tous les jours. Il sera certainement de Tlnstitut. Ça vous fera plaisir, ça, qu'il soit de rinstitut? Ça vaudra Bien votre ingénieur.
Et puis, toutes les femmes le trouvent charmant, excepté vous,
MADAME DE RONGHARD.
C'est justement ce que je lui reproche. Il est trop bien. Il a déjà fait le portrait d'un tas de femmes. Il continuera. Elles resteront des heures seules avec lui, dans son atelier,.. Et nous savons ce qui 8*y passe, dans les ateliers î
LÉON
Vous y avez été, ma tante î
80 MUSOTTB,
MADAME DB RONGHARD, offusqua.
Ob ï (Se repreuant.) Ah ! SI, une fois, chez Horace Vernet.
l£on.
Un peintre de batailles!
MADAME DE RONGHAHD.
Enfin, je dis que tous ces artistes-là, ce n'est pas fait pour entrer dans une famille de magistrats comme la nôtre. Ça y amène des catastrophes. Est-il possible d'être un bon mari dans des conditions pareilles, avec un tas de femmes autour de soi qui passent leur temps à se déshabiller, à se rhabiller?Les clientes, les modèles... (Avec
intention.) LeS modèles SUrtoul... (EUe se lèye,
Léon M tait.) J'ai dit les modèles, Léon, ,
▲GTE PREMIER. SI
LÉON
J'entends bien, ma tante.' C'est une allusion fine et délicate que yous faites à rhistoire de Jean. Eh bien, quoil II a eu pour maîtresse un de ses modèles, il Ta aimée, très sincèrement aimée pendant trois ans. ••
MADAME DE RONGHARD.
Est-ce qu'on aime ces femmes-là I
LÉON
Toutes les femmes peuvent être aimées, ma tante, et celle-là méritait de Fétre plus que bien d'autres.
MADAME DE RONGHARD.
Beau mérité, pour un modèle, d'être jolie. Ça rentre dans le métier, ça I
Zt MUSOTTB.
LÉON
Métier ou non, c'est tout de même joli d'être jolie. Mais elle était mieux que jolie, celle-là, elle était d'une nature exceptionnellement tendre, bonne^ dévouée..»
Il ne fallait pas qu'il la quitte, alors !
LÉON
Comment, c'est vous qui me dites ça?
Vous qui tenez tant à l'opinion du monde?
(Se croisant les bras.) ScrieZ-VOUS pOUr l'unioU
libre, ma tante?
Madame de ronghard.
Quelle horreur!
LÉON, sérieux.
Non I la vérité c'est qu'il est arrivé à