ACTE PREMIEja
LÉON, à part
Hum l hum I
JEAN
Oui! je disais que je ne vous av?iîs pas encore fait mon cadeau de noces, parce que cela m'a demandé beaucoup de réjQexion.
MADAMB DE RONGHARD, sôche.
Mais Gilberte m'en a fait un très beau pour vous deux, Monsieur.
JEAll.
Ça ne suffit pas. Moî, j'aî cherché quelque chose qui fût particulièrement agréable à vos goûts... Savez-vous ce que j'ai trouvé? C'est bien simple. Je vous prie, Madame, de vouloir bien accepter
M MUSOTTE.
ce portefeuille qui contient quelques billets pour VOS' toutous abandonnés. Vous pourrez établir dans votre asile quelques niches supplémentaires, et vous me permettrez seulement d'aller caresser de temps en temps ces pensionnaires nouveaux, à la condition que vous ne choisirez pas les plus méchants pour moi.
MADAME DE RONGHARD, flattée dans sa manie.
Mais... merci bien, Monsieur. C'est gentil de penser à mes pauvres bêtes.
LÉON, bas> à Toreille de Jean.
Diplomate, val
JEAN
Rien d'étonnant, Madame. J'ai pour les bétes beaucoup d'amical instinct. Ce sont les frères sacrifiés de l'homme, ses esclaves
ACTB PREMIER. 43
et sa nourriture, les vrais martyrs de cette terre.
MADAME DE RONGHARD.
Ce que vous dites là est fort juste, Monsieur. J'y ai souvent songé. Oh! les pauvres chevaux, battus par les cochers dans les rues!
LÉON, ayeo emphase.
Et le gibier, ma tante, le gibier affolé, tombant sous le plomb de tous les côtés, fuyant éperdu devant ces horribles massacres. . . pan I pan ! pan I
MADAME DB RONGHARD.
Ne parlé pas de ça... On en frémit. •.
C'est épouvantable I
JEAN, allant à Gilberto.
Épouvantable 1
14 MUSOTTB.
LÉON, après an temps, gaiemoDl»
OuL.. mais c'est bon à manger t«.«
MADAME DE RONGHARD.
Tu es sans pitié 1
LÉON, à Yoix basse, à sa tante.
Sans pitié pour les bêtes, peut-être; mais vous, vous l'êtes pour les gens.
MADAME DP RONGHARD| de même.
Qu'entends-tu par là?
LÉON, de même, lui montrant Jean et Oilberte qui se sont assis sur le canapé, à droite.
Croyez-vous que votre présence leur soit bien agréable, ce soir, à tous les deux?
(Lui prenant le bras.) Papa a Certainement fini
ACTB PREMIER. 45
de fumer... Allez un peu dans la salle de billard.
MADAME DE RONCHARD.
Et toi?
LÉON
Moi, je descends au rez-de-chaussée, dans mon cabinet de travail. •• et je remonte aussitôt après.
MADAME DE RONCHARD, ironique.
Tou cabinet de travail. .• c^est ton atelier à toi, hein, polisson?... Les clientes?
LÉON| pudique.
Ahl ma tante... chez nous on ne se déshabille pasl ^A part.) Hélas !... (Sortant par U droite, en bënissant les deux jeunes gens.) Enfants, JO
VOUS bénis ! (M-* de Ronchard sort en même tempe par le fond.)
MUbOlTU.