ACTE PREMIER
JEAN
Je VOUS regardais en artiste, et j'admirais, vous trouvant délicieuse de figure, de tournure et de geste. Et puis, pendant six mois, je suis revenu souvent dans cette maison où votre frère m'invitait et où votre présence me rappelait. J'ai senti votre charme à la façon d'un aimant. C'était une attraction incompréhensible m'appelant
vers vous sans cesse. (U s'assied près d'elle, à droite de la table.) AlorS, Une idée COnfuSC,
celle que vous pourriez un jour devenir ma femme, s'est glissée en mon esprit, et j'ai fait se renouer des relations entre votre père et mon oncle. Les deux hommes sont devenus amis. N'avez-vous rien compris de mes manœuvres ?
GILBERTE
CompHs? non; j'ai un peu deviné, par
moments. Mais j'étais si surprise qu'un homme comme vous^ en plein succès, si connu, si fêté, s'occupât tant d'une fillette aussi modeste que moi, que je ne pouvais croire vraiment à la sincérité de vos attentions.
Pourtant nous sûmes nous entendre et nous comprendre bien vite.
GILBERTB.
Votre caractère me plaisait. Je vou8 sentais très loyal ; puis vous m'amusiez beaucoup, car vous m'apportiez de l'air artiste qui faisait vivre mes idées. Il faut avouer aussi que mon frère m'avait bien préparée à vous apprécier. 11 vous aime beaucoup, Léon.
JEAN
Je sais. Je crois même que c'est lui qui