‹ MusotteChapitre 20 sur 92 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GILBERTE

Ouï, très bien. C'est mon frère qui vous a amené dîner. Je crois même que vous avez fait quelque résistance.

JEAN, riant

Est-il peu sûr, votre indiscret de frère 1 Ah 1 il vous a avoué cela... Je suis confus tout de même qu'il vous Tait dit. J'en conviens, j'ai fait quelque résistance. J'étais un artiste accoutumé à notre société particulière , vivante et bruyante , libre de propos , et je fus un peu inquiet à l'idée de pénétrer dans un intérieur sérieux comme le vôtre, un intérieur à magistrats et à jeunes filles. Mais j'aime tant votre frère, je le trouve si imprévu, si gai, si sagement ironique et perspicace sotis sa trompeuse légèreté, que je le suivrais partout, et je l'ai suivi chez

52 MUSOÏTK.

VOUS. Etjerenaibienremercié,allez. Quand je suis entré dans ce salon où votre famille se tenait, vous disposiez en un vase de Chine des fleurs qu'on venait d'apporter; vous ea souvénez-vous?

GILBEHTB.

Oui, certainement.

JBAN.

Votre père me parla de mon oncle Martinel, qu'il avait connu autrefois. Ce fut un trait d'union entre nous. Mais, tout en causant, je vous regardais arranger vos fleurs.

GILBERTE, sourianU

Vous me regardiez même trop pour une première fois.

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