ACTE PREMIER
adressée à moi, je déchire Tenveloppe, et je lis des choses écrites à Jean, des choses qui m'ont enlevé toute raison. Je viens vous trouver pour vous demander conseil, car il s'agit de prendre une résolution sur rheure^àla minute même.
LÉON
Parlez I
HARTINBL,
Je suis un homme d'action, monsieur Léon, et je ne demanderais l'avis de personne s'il s'agissait de moi; mais il s'agit de Jean... J'hésite encore pourtant... C'est si grave... Et puis, ce secret n'est pas à moi, je l'ai surpris.
LÉON
Dites donc vite, et ne doutez pas de moi.
6i MUSOTTB.
MARTINEL.
Je ne doute pas de vous. Tenez, voici cette lettre. Elle est du docteur Pellerin, le médecin de Jean^ son ami, notre ami, un toqué, un viveur, un médecin de jolies femmes, mais incapable d'écrire ceci sans
nécessité absolue, (n pam la lettre à Léon qui la lit tout haut.)
LÉON, Hsant.
« Mon cher ami, je suis désolé d'avoir à vous communiquer, surtout ce soir, ce que je suis obligé de vous dévoiler. Mais je me dis pour m'absoudre que si j'agissais autrement, vous ne me le pardonneriez peutêtre pas. Votre ancienne maîtresse, Henriette Lévêque, est mourante et veut vous
dire adieu, (ll jette un^regard à Martînel, qui lui fait
aigne de continuer.) Elle ne passera pas la nuit. Elle meurt après avoir mis au monde, voilà