ACTE DEUXIÈME. m
JEAN
Musottel
Mais laisse-moi coDtinuer. Je suis restée à Saint-Malo, le plus longtemps que j'ai pu, en cachant mon état,., Puis^ je suis revenue à Paris et, quelques mois après, le petit est né. Un enfantl Quand j'ai compris ce qui m'arrivait, j'ai d'abord éprouvé de la peur... oui, de la peur,.. Puis, j'ai pensé qu'il était de ton sang, qu'il avait de ta vie, qu'il me resterait comme de toi!
On est bête, quand on n'est pas instruite; on change d'idées comme s'il vous passait du vent dans l'esprit, et j'ai été contente tout à coup, j'ai été contente à la pensée que je relèverais, qu'il grandirait... qu'il m'appellerait maman... (Eiie sanglote encore) 11 ne dira jamais maman, il ne m'embras*
ISS MUSOTTE.
sera jamais avec ses petits bras, puisque je vais le quitter, moi, et m'en aller, je ne sais pas où... là où tout le monde val Mon Dieu! mon Dieu!
JEAN
Calme-toi, ma petite Musette. Est-ce que tu parlerais comme tu parles, si tu étais aussi malade que tu crois?
Tu ne vois donc pas que la fièvre me brûle, que je perds la tête, que je rie sais plus ce que je dis?...
JEAN
Mais non, mais non... calme-toi«
Câline-moi, tu me calmeras.