ACTE DEUXIEME
Écoute. Voilà commeDt ça s'est passé Sitôt après que tu m'as quittée, j'ai él6 malade... bien malade... J'ai pensé mourir, tant j'ai souffert. On m'a ordonné un changement d'air. Tu te souviens... C'était l'été... Je me suis rendue à Saint-Malo; tu sais, chez cette vieille parente dont je t'ai souvent parlé...
JEAN
Oui... oui...
C'est là, après quelque temps, que je me suis aperçue... Un enfant de toi! Mon premier mouvement a été de tout t'apprendre. Tu es un honnête homme... Tu aurais reconnu l'enfant... peut-être même
m MUSOTTE.
aurais-tu renoncé à ton mariage... Ça^ je ne l'ai pas voulu 1 C'était fini, n'est-ce pas? ça devait rester fini... Je savais bien que jamais je ne pourrais être ta femme.
(Riant.) M** Martiuel, moi, Musette ! Vois-tu ça?
JEAN
Ahl ma pauvre amiel Comme nous sommes brutaux et durs, nous autres hommes, sans le savoir et sans le vouloir!
Ne dis pas cela. Je n'étais pas faite pour toi. J'étais un petit modèle; toi, tu étais un artiste, et je n'ai jamais cru que tu me garderais. (Jean sanglote.) Non, va! ne pleure pas! Tu n'as rien à te reprocher; tu as toujours été bon pour moi. C'est Dieu qui est méchant pour moi !