‹ MusotteChapitre 81 sur 92 · ACTE JROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE JROISIÈME

père ; mais il faut être juste pour tout le monde.

Est-ce que Jean l'aima beaucoup aussi?

MARTINEL.

Oui, certainement. Maïs son amour s'alVaiblit. Il y avait entre eux trop de distance morale et sociale. Il lui demeurait cependant attaché par reconnaissance de la profonde tendresse qu'elle lui avait donnéCé

GILBERTE, gray«.

Et Jean vient de la voir mourir?

MARTINEL.

n eut le temps de lui dire adieu.

178 MUSOTTB.

GILBERTE, à mi-roix.

Sî je pouvais deviner ce qui s'est passé en lui à ce moment-là! Ohl cette morte, c'est bien pis pour moi que si elle était vivante !

MADAME DE RONGHARD, assise à droite, se le- ; ' ^ , Tant et remontant.

Je ne te comprends plus, ma chère. Elle est morte, tant mieux pour toi. Dieu t'en délivre 1

GILBERTE

Non, ma tante; ce que j'éprouve est si pénible que j'aimerais mieux la savoir loin que delà savoir morte,

PETITPRÉ, descendant.

Moi, je l'admets, c'est là un sentiment déjeune femme émue par un atfreux évé-

ACTS TROISIEME. in

nement. Il n'y a qu'une complication grave là dedans, très grave : celle de Fenfant* Quoi qu'oij fasse de lui, il ne sera pas moins le fils de mon gendre et un danger pour nous tous.

MADAME DE RÛNCEABDp

Et un ridicule* Voyez-vous un peu ce qu'en dirait le monde?

LÉON

Laissons le monde tranquille, ma lante, et occupons-nous de nous-mêmes 1 (AiiEintà sa sœur.) Toi, Gilbertc, est-ce que Fidée de Tenfant t'émeut beaucoup?

GILBERTE

Oh ! non, le pauvre petit

laO MUSOTTB.

PETITPRÉ.

Encore des folies de femmes qui ne comprennent rien de l'existence.

LÉON

Eh! papa, pourquoi avons-nous tant de morales diverses, suivant que nous sommes spectateurs ou acteurs des événements? Pourquoi tant de différence entre la vie d'imagination et la vie réelle ; entre ce qu'on devrait faire , ce qu'on voudrait que les autres fissent, et ce qu'on fait soi-même'?. .. Oui ! ce qui nous arrive est très pénible ; mais la surprise de cet événement, sa coïncidence avec le jour du mariage, nous le rendent plus pénible encore. Nous grossissons tout de notre émotion, parce que c'est chez nous que ça se passe. Supposez un instant que vous ayez lu ça dans votre journal .

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