ACTE PREMIER
LÉON
Aussi n'est-ce qu'un surnom, ma tante, son surnom de modèle... son vrai nom est Henriette Lévêque.
MADAME DE RONCHARD, offusquée.
Lévêque?...
LÉON
Eh bien! oui, Lévêque! qu'est-ce que vous voulez, c'est comme ça, je n'y suis pour rien. Or Henriette Lévêque ou Musotte, si vous préférez, non seulement pendant toute cette liaison a été fidèle à Jean, l'adorant, l'entourant d'un dévouement, d'une tendresse toujours en éveil, mais à l'heure de la rupture, elle a fait preuve d'une force d'âme!... Elle a tout accepté sans reproches, sans récriminations...
elle a compris, la pauvre petite, que c'était
■6G MUSOTTE.
fini, bien fini... Avec son instinct de femme, elle a senti combien l'amour de Jean pour ma sœur était réel et profond. Elle s'est inclinée, elle a disparu, acceptant non sans résistance la position indépendante que lui créait Jean. Et elle a bien fait d'accepter, car elle se serait tuée
plutôt que de devenir Une... (S'arrêtant, respectueusement à sa tante.) une courtisane! Ça, j'en suis sûr!
MADAME DE RONCIIARD.
Et depuis, Jean ne l'a pas revue?
LÉON
Pas une fois. Et voilà de cela huit mois à peu près. Comme il désirait avoir de ses nouvelles, il me chargea d'en prendre. Je ne la retrouvai pas. Et je ne pus rien savoir d'elle, tant elle avait mis d'adresse à