‹ Musotte; pièce en trois actes [par] Guy de Maupassant et Jacques NormandChapitre 97 sur 100 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

GILBERTE, émue.

M'aimez-vous vraiment tant que cela?

JEAN

D'un amour que je sens inguérissable.

GILBERTE

Mais vous l'avez aimée , elle ?

JEAN

J'ai été épris. J'ai éprouvé un tendre attachement pour un être gentil, dévoué... (A mi-voix, avec passion.) Tenez. . . ce que je vais vous avouer est indigne... infâme peutêtre... mais je ne suis qu'un être humain, faible comme les autres... Eh bien! tout à l'heure, auprès de cette pauvre fille, mes yeux pleuraient, les sanglots m'étouffaient; tout mon être vibrait douloureusement ;

MUSOTTB.

mais là, dans mon àme, au plus profond de mon ame, je ne pensais qu'à vous !...

G I L U E R T E , se le vant vivement.

Vrai?

JEAN, simplement.

Je ne sais pas mentir.

GILBERTE

Eh bien! savez-vous ce qui m'a fait tant souffrir tout à l'heure quand mon frère me racontait cette liaison et cette mort? Je peux vous le dire maintenant : J'ai été jaloux. C'est vilain, n'est-ce pas? Jalouse de cette morte ! Mais, il a si bien parlé d'elle pour m'apitoyer et j'ai senti qu'elle \i»us aimait tant, que vous me trouveriez peut-être indifférente et froide après elle. Kl j'ai souffert de ça, j'ai eu peur de ça, jusqu'à vouloir renoncer à vous.

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