PÉRORAISON
Nous n'avons pas voulu entreprendre, Les mauvais dans ce discours, l'éloge hyperbolique du hôtes. professeur d'énergie qu'est Benito Mussoini. La tâche est trop facile, qui consiste à exalter, au moyen de périodes plus ou moins redondantes, le rôle d’un homme d'action survenant tout à coup dans la médiocre politique mondiale contemporaine. Nous laissons aux panégyristes bénévoles l’aimable fonction d'illustrer, par leurs écrits, la mission des conducteurs
de peuples ; nous préférons garder pour
nous le plus difficile travail et chercher, en juxtaposant l’homme à la vie universelle, si la venue de celui-là doit être profitable à celle-ci. | Or, nous avons la conviction profonde, l’enivrante conviction que les temps modernes sont menacés de périr si le principe d'autorité et de responsabilité se stérilise et s’étiole. Nous répetons et répéterons sans relâche que les foules latines, échappant de plus en plus à la forte discipline civique sans quoi l'Etat n'est plus qu’une expression vide de sens, accueillent trop volontiers les ferments de désagrégation. Dans notre civilisation, qui tend à un excès de raffinement, il se trouve toujours un public enthousiaste pour saluer, en art, en littérature, en politique, les novateurs les plus saugrenus.
Nous estimons plaisant de faire nôtres des écoles, des théories, des tendances plus ou moins baroques, dont l'éclat, momentanément, nous divertit, nous éblouit et nous empêche de constater les lésions qu’elles produisent. Il en a été ainsi de cette fameuse doctrine dite communiste, dans laquelle les peuples épris de liberté n'ont pas manqué de discerner une forme plus hardie, imprévue, originale d'indé- pendance, et un intéressant principe de gouvernement. On peut dire que, à son origine, la République des Soviets rencontra, dans le monde, des partisans théoriques beaucoup plus nombreux que ne l’étaient ses détracteurs. Cette atmosphère de confiance platonique et de curiosité bienveillante fut extraordinairement
favorable au développement de la fatale
évolution russe; quand on s’aperçut que les Soviets n'avaient fait que substituer au déplorable état social du tzarisme, un état social infiniment pire, 1l était trop tard pour anéantir cette nichée de serpents. Déjà Paris, Londres, Rome, Madrid, Lisbonne, Bruxelles, toutes les capitales de l’ancien et même du nouveau Monde, principalement les cités millénaires, berceaux de la civilisation, recevaient Îa visite sournoise d’étranges émissaires, de délégués cauteleux, porteurs de la funeste parole moscovite. Déja des fiiales se fondaient un peu partout, des commissaires étaient nommés et, à des réunions sottement tolérées par la police, des badauds accouraient pour entendre quelque petit homme aux pormmettes saillantes et au front fuyant, prononcer des paroles
de fraternité universelle et entonner le cantique du prolétariat uni contre les satrapes du capitalisme.
[n’en eût pas été ainsi, croyons-nous, si le principe d'autorité n'avait pas été altéré.
Puisque tous les pays se trouvaient d'accord pour refuser d'admettre, comme digne et
salubre, la théorie foncière du commu-
nisme, telle que la prêchait Lénine, il eût fallu, dès la première heure, empêcher que cette théorie indésirable se répandit avec autant de sécurité que s'il s'était agi du plus bel évangile. Il eût fallu que les chefs des divers gouvernements, tacitement d'accord, poursuivissent comme rebelles à l'ordre public les apôtres de l'erreur et
OS
Liberté, que de crimes en ton nom !
les apologistes du crime. Ainsi, le bolchevisme, pour lui donner son nom populaire, eût été rapidement circonscrit, et, privé de contact politique aussi bien qu'économique avec le reste de la terre, n'eüt pas tardé à périr sur place. On en arrive donc à cette conclusion que, si ces dernières années ont été troublées, émues par la menace d’un communisme intégral sur le modèle de celui de Moscou, c'est uniquement parce que les nations, exagérément confiantes et accueillantes, ne se sont pas opposées, dès le
premier instant, à la propagation du virus.
Mais un Seul, Mussolini se rendit compte de homme ces vérités premières, il ne put se ré-
veillait! soudre à tolérer que la noble terre ita-
LE RATE NREES
henne devint une colonie russe ; il n’admit pas que des énergumènes, des visionnaires et des assassins s’arrogeassent le droit d’empester la pure Italie de leurs conjurations fumeuses. Ainsi naquit, sous son impulsion, le Fascisme, la défense de la Patrie contre les iconoclastes. Engagé dans cette voie de salubrité publique, 1l ne pouvait qu'y persévérer et devenir tout naturellement le chef de lItalie libérée.
Nous voyons donc, dans le développement rationnel du mouvement fasciste, la démonstration éclatante que le principe d'autorité, quand il est soutenu parle patriotisme héréditaire, est un gage de salut. Par conséquent, si quelque fléau soclal comparable à ce que fut le bolchevisme en Italie, nous menaçait, Latins, tôt
ou tard, l’un ou l’autre, nous ne pour-
La Terre Promise.
rions y échapper qu’en nous gardant avec un redoublement de vigilance.
Or, ce danger, quel sera-t-il? Nul ne saurait le dire, mais 1l est bien certain que la civiisation sera toujours menacée et, toujours, devra se défendre. Il est donc grand temps que la méditation de tous les peuples se repose sur exemple de Mussolini, gardien de la tradition, de l'honneur et de toutes les vertus ascendantes qui ont élevé peu à peu lhumanité vers l'idéal.
C’est pourquoi, aux Foules latines, nous voudrions adresser un fervent appel.
Qu'on ne s’y trompe pas, le communisme russe n’est que l’une des formes transitoires de l’ambition septentrionale, qui
ne peut détacher ses regards des rivages où la vie est facile. Aussi longtemps qu'il y aura des terres ingrates et des terres fécondes, des ciels de brume et des ciels ensoleillés, aussi longtemps Îles peuples maltraités par le sort envieront ceux que favorisa le destin. Aucune autre raison n'est à la base des discordes, des invasions et des conflits. C’est à la conquête MP Din-ètre et de la volupté que s’élancent les parias, c’est en leur vantant les grasses campagnes, les lourdes treilles et les belles filles des contrées bénies, que tous les capitaines de tous les temps ont irrité le stupre des armées, depuis Attila jusqu'à Guillaume Il.
Foules latines, souvenez-vous, souvenez-vous que vous tes des proles promises! C’est vous qui possédez les labours
et les vergers, les fleurs, les fruits, les
moissons et les vignes. Sachez les dé-
fendre, sachez les garder, sinon les rudes
travailleurs du Septentrion, ceux qui peinent et souffrent pour ensemencer un sol avare, ceux qui règnent sur les sombres usines, sur les äpres chantiers, ceux-là, un
jour, se révolteront contre ce qu'ils ap-
pellent un injuste partage. — Pourquoi pas nous? gronderont ils en regardant ces longues plaines blondes, en respirant cet air léger qui fait de la vie un régal et non plus une soufirance.Et,trop tard,hommes nonchalants, vous saurez que la clémence des saisons et la grâce des paysages sont des trésors sur lesquels 1l convient de veiller sans cesse, et qu'il faut protéger contre la cupidité des peuples las de subir les frimas et les tourmentes.