‹ Mussolini, batisseur d'avenirChapitre 20 sur 36 · FA · texte numérisé non relu

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œuvre! D'accord avec le contradicteur, nous disons comme lui que la vie d'un homme n'est rien. Ce qui compte, c’est l'édifice qu'il laisse après lui, c’est le monument qu'il a su élever. Déjà Mussolini se confond avec le Fascisme, et, lorsque son chef ne sera plus qu’un souvenir, lorsque Mussolini aura disparu, la nation italienne n'aura besoin que de prendre conscience de sa rédemption pour assurer à l’homme des « Faisceaux »> l’immorta-

lité.

Mussolini Mais 1l est un grief plus aigu à la charge opposé à de Benito Mussolini et que formulent Mussolini. Certains de ses antagonistes, c’est que le

fondateur du Fascisme commença par être

un socialiste invétéré, qu'il fut parmi les plus fervents disciples de Karl Marx, qu’il devint à cette école un polémiste vénéré de la classe ouvrière et le porte-parole du prolétariat turbulent. « A l’heure présente, ajoutent les Zoïles du Fascisme, nous voyons que Mussolint a subi une mue étrange et que l’ancien folliculaire, le brandon de discorde, le virulent leader de l’'Avanti s'est transformé en un conservateur à tous crins, ferme soutien de la droite et qui, nouvel archange, barre le seuil de son paradis aux camarades dont, naguère, 1l avait su capter la confiance.

Ce bel exemple de versatilité, encore qu'il ne soit point rare parmi les homme d'action, n'en fait pas moins de Mussolini un être sujet à caution. Rien ne démontre,

en somme, que demain norientera pas

son esprit vers des horizons nouveaux, et qu'il ne décevra pas ses Fascistes les plus fidèles en retournant à sa religion première, pour peu que le socialisme, rétif au dressage qu'il prétend lui imposer, lui donne un témoignage de sa force et lui inculque ainsi un salutaire respect. »

Cette vieille accusation de versatilité mérite assurément qu'on s'y arrête; elle a atteint quantité d'hommes illustres, elle est, entre les mains de leurs détracteurs, l’arme la plus sûre et la plus durable. Ce que l’on dit aujourd’hui de Mussolini, on l’a dit non seulement de Napoléon [°, mais encore de tous les Chefs qui partirent de l'insurrection pour aboutir au pouvoir. Lorsque la foule assiste à cette sorte de génération spontanée qui fait soudai-

nement d’un inconnu le-meneur le plus populaire, elle manifeste toujours quelque surprise et, toujours, 1] se trouve un railleur pour lui démontrer que l’homme qu'elle acclame n’est pas digne de ses ovations, étant donné qu’il fut d’abord le contraire de ce qu'il est. De là à prononcer sur le mode goguenard le sentencieux ad augusta per angusta, 1 ny a qu'un eflort de mémoire. L'opinion publique juge souvent avec une singulière sévérité ces métamorphoses dont les hommes sont pourtant moins responsables que les événements. En circonscrivant dans un alexandrin célèbre la définition de « l’homme absurde », le poète a dit vrai. Car la vérité, n’en déplaise aux moralistes, est éminemment variable, tout au moins en sociologie, puisque la condition

de l’homnre est sans cesse perfectible.

Aucune loi morale n’exige que le geste libérateur doive ëtre permanent, autre-

ment dit que l’état révolutionnaire, parce

qu'il peut apporter le salut, s’installe à demeure et ne prenne jamais fin. Il est parfaitement légitime que, voyant sa patrie en péril, un homme se dresse, provoque un mouvement populaire, attaque le gouvernement incapable et le renverse.

Que les suffrages désignent ensuite les organisateurs de l’émeute pour occuper la place des vaincus, c’est normal, sinon logique... En effet l’'émeute est une forme de la guerre et tel grand capitaine n’a pas nécessairement l’étofle d’un grand ministre. Mais passons : docile au vœu de la nation et, au surplus, conscient de sa su-

périorité sanctionnée par la réussite, voici

Hi

l’agitateur promu chef de gouvernement.

Sera-t-1l assez élémentaire pour encourager ses partisans à redoubler d’excès?

Cherchera-t-1l sa voie dans la confusion et la terreur? Non, il a trop l’enseignement du passé, du 1649 anglais, du 1793 français qui, par leur orthodoxie frénétique, ouvrirent à la réaction le plus large Chemin Son devoir est de se rendre stable autant qu'il fut mobile, de réfréner les fureurs aussi bien quil les 1rrita.

Pourquoi aurait-il abattu le gouvernement auquel il succède, si son premier soin n'était pas de faire précisément ce que ce gouvernement n’a pas fait? Pourquoi, par obéissance à une logique arbitraire et proprement stupide, se montrerait-il d’une fidélité immuable envers les dogmes

de son passé, sans se préoccuper de sa-

voir si ces dogmes cadrent encore avec les exigences nouvelles ? Ce raisonnement n’est fondé sur rien; au reste, 1] est à remarquer que ceux qui le tiennent d’ordinaire avec le plus de rigueur, ceux qui articulent avec le plus d’emphase le mot versatilité, sont les mêmes qui reprochent aux anciennes classes dirigeantes de ne pas avoir su s'adapter aux conditions post-révolutionnaires, telle la noblesse française retour de Coblentz après 1814 et qui, selon le mot de Talleyrand, n'avait « rien appris, rien oublié ».

Adaptation, par conséquent, et non pas versatilité, adaptation qui fait de l’homme d'Etat l’auxiliaire et le guide de l’événement, dans le sens de la tradition, comme le tuteur aflermit et maintient le rameau dans le sens de la nature. La science de

gouverner est assurément faite de prévoyance, mais prévoyance n'équivaut pas à divination; or, la politique est toute conjecturale. Etre prêt à tout, c’est encore la meilleure formule; elle signifie que le politicien responsable de la sauvegarde d’une nation a le devoir strict de porter cette responsabilité comme il l'entend, de renverser les protocoles, en un mot de donner à ses propres antécédents le démenti le plus formel, si son passé a tort et si son présent qui, seul, compte, qui, seul, est la vie immédiate, a

raison.

« Soit! vont s’écrier les éternels con- Le spectre de

tradicteurs, nous accordons que la dicta- la réaction

nu P

ture de Mussolini ait été amenée par des courants purement nationaux et pour des fins éminemment nationales. Il n empêche que la dictature, en soi, représente un abandon des libertés si durement conquises par la démocratie italienne au cours de son histoire. Ces acquisitions, les voilà donc à vau l’eau ! Tous les gains réalisés par lItalie pour son affranchissement, tous les résultats de sa patiente politique pendant un siècle, de quel droit les anéantir par une si soudaine régression ? Mussolini en revient, en somme, à la doctrine césarienne, à l’autocratie qui n’admet nt controverse, ni contrainte, n1 contrôle. Il l’a dit à qui a voulu l'entendre : ou avec moi, ou contre moi! Un pareil autoritarisme ramène l'Italie au despotisme des temps révolus. »

Tout d’abord, il conviendrait que l’on Autoritarisme sentendit sur ce mot: autoritarisme ; ne et autorité, soyons pas dupes de la polémique et rendons-nous compte que le terme d’autoritarisme nest que la déformation péjorative du terme autorité. C’est celui-ci qui est le bon, et Mussolini ne se défend point, tout au contraire, d'en user largement.

Mais en quoi cette œuvre d’autorité porterait-elle atteinte au patrimoine moral de PItahe? Lisez ses discours, ses écrits, hommes de peu de foi qui prenez ur satanique plaisir à travestir les plus généreux élans! C’est justement parce que des perturbateurs s'acharnaient à polluer la dignité italienne et sa noblesse et sa bravoure, cest parce que l’Italhie, entre leurs mains sacrilèges, allait devenir quelque chose

d'informe, une cohue cosmopolite et non

plus une nation, une bande et non plus une armée, qu’il a dû réagir avec une force souveraine. Ce faisant, il a donc exalté l’idée de patrie, l’idée de civisme, l'idée de travail, enfin l’idée romaine. Vous l’accusez d’arbitraire pour excuser l’anarchie; vous vous hypnotisez sur la vieille formule des droits de l’homme, sur le vieux poncif de l'indépendance d'opinion, et vous consentez ainsi au meurtre de la collectivité, pourvu que l'individu garde, saine et sauve et intangible, la liberté de dire et de faire tout ce que bon lui semble.

Mussolini, à qui vous reprochez d’avoir si vite oublié son socialisme initial, vous démontre qu'il ne le répudie nullement, car ce sacrifice de l'intérêt particulier au profit de l'intérêt général, c’est dans les meilleurs auteurs du parti qu'il en prit la notion, en

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sorte que la destruction, par lui, d’une minorité turbulente en faveur d’une majorité menacée, c'est du socialisme et du meilleur.

On n'a donc pas le droit de prétendre que la politique moderne de l'Italie inflige un démenti à sa politique ancienne. En fait, rien n'a varié, niles idées, mi les hommes.

Seules les années qui ont immédiatement suivi l'armistice ont présenté, en Italie, aux regards de l’Europe, un aspect d’incertitude. S'il faut incriminer une politique, c’est celle qu'ont exercée aux lendemains de la guerre, des ministres incapables, insuffisants ou indignes. Si le Royaume d'Italie a montré, quelque temps, une physionomie inquiète, la faute en est aux Cabinets quise sont succédé de 1919 à 1922, et c'est précisément en raison de cette inca-

pacité scandaleuse que la nation italienne,

Attendre avant de juger.

se ressaisissant tout à coup, a produit un homme susceptible de laider, d’une main ferme, à poursuivre son ascension.

Au demeurant, quelle importance peut avoir, dans l’ordre des faits matériels, le choc plus ou moins retentissant des mots ?

Au lieu de s'ingénier à trouver des vocables pour défendre, attaquer, expliquer Mussolini, mieux vaudrait attendre en silence et mesurer au travail accompli la qualité de son intervention. C’est seulement lorsque le gouvernement de Benito Mussolini aura, par des preuves abondantes et renouvelées, montré ce qu'il vaut, fourni à la critique une copieuse masse documentaire, dressé un édifice,

qu'il sera loisible d'entreprendre un pareil examen. Jusque-là toutes réserves doivent être faites; le moins que l’on puisse exiger des coalitions adverses, des ratés des anciens clans, des vaincus des anciennes batailles, c’est le silence à défaut du respect.

Las de chercher des noises à Mussolini lui-même, d’aucuns, parmi ceux qui ne l’aiment point et surtout qui n'aiment point l'Italie, s’avisent de demander à haute voix dans les couloirs diplomatiques si vraiment le Fascisme est aussi majestueux qu'on le dit, sice mouvement populaire n’a pas dépassé la mesure... « A tout prendre, de quel danger l'Italie était-

elle menacée ? Une poignée de braillards

Le Fascisme vu de trop loin.

milanais, quelques paysans excités dessinèrent, un beau jour, une sorte de geste agressif et envahirent, les premiers, deux ou trois usines, les seconds, les lopins de terre dont ils avaient la garde. C’est là bien peu de chose pour prononcer le grand mot de Révolution; l’agitation italienne a été fort courte, peu sanglante; elle s’est réduite à un échange de horions entre jeunes ambitieux et politiciens cupides.. On a mené grand bruit pour pas grand chose et ce minime événement n’eût jamais acquis la réputation dont il bénéficie à cette heure, sans le concours du soleil italien, de l’exubérance méridionale, de la mise en scène des « chemises noires ». Imprudent qui ne prendrait pas garde au mirage et ne restituerait pas au Fascisme sa dimension exacte.»

En ceci réside peut-être l’insinuation la plus perfide que puisse articuler la faction

opposée au développement du Fascisme.

Une propagande qui met tous ses efforts à rétrécir un mouvement national est une propagande criminelle. Dans les pays de hberté on a toujours témoigné une estime profonde aux peuples, quels qu'ils fussent, amis, ennemis, indifférents, qui secouaient un despotisme et jetaient les bases de leur indépendance. En France, notamment, on s’est toujours enthousiasmé pour les belles révoltes, les colères généreuses, les insurrections populaires obéissant à un sentiment national... La Grèce eut son heure, l'Irlande eut la sienne et la Pologne, et le Transvaal et, enfin l’Italie..… mais l'Italie de 1868 |

L'enthousiamne ne serait-il

qu'une mode?

Pourquoi donc l'Italie de 1923 ne retrouve-t-elle pas, dans les esprits, cette fièvre magnanime, cette spontanéité qui lui ralhait, 1] y a soixante-cinq ans, tous les penseurs, tous les artistes, tous les poètes et presque tous les peuples ? Comment se fait-il que la campagne d’Itahe menée par Victor-Emmanuel IT et Napoléon III, avec des armées fort peu considérables et des armements puérils contre une Autriche d’opérette, comment se fait il que cette campagne d'Italle soit revètue aujourd’hui d’un tel prestige et tienne, dans l’histoire du xix° siècle, une place si prépondérante, alors que le Fascisme ne provoque en certains groupes que des moues dubitatives, voire des haussements d’épaules. En vérité 1l y a là, pour lhis-

torien philosophe, matière à d’étranges

méditations sur la mobilité de l’esprit humain. La mode voulut que, sous le Second Empire, on füt plus italien que nature, mais, sous la Troisième République, le scepticisme a fait des progrès si désastreux que l’on ne retrouve plus la force de s enflammer pour une belle cause.

Où es-tu, Garibaldi dont le seul nom était la fanfare de toute une jeunesse, Garibaldi qui fis frémir d’allégresse et d’orgueil le sensible Quartier Latin! Expédition des Mille, Conquête du Royaume de Naples, où êtes-vous ? Il n’était point de café littéraire, voici quelque soixante ans, sur la rive gauche de la Seine, qui ne retentit d’acclamations à propos du patriote niçois et de ses volontaires aux chemises rouges. Puis, lorsque Garibaldi vint ofirir son épée à la France envahie,

son nom, dans tous les cœurs français, fut synonyme de bravoure et d’abnégation. Un demi-siècle s'écoule ; le théâtre du monde est toujours le même et aussi le décor, mais la lumière à changé. D’Annunzio lance l'Italie dans la guerre, aux côtés de la France, contre l’ennemi triomphant de 1870; puis l’un des interventistes de la première heure se hausse jusqu’à la mission de régénérer la patrie souillée par l’émeute aux gages de létranger. Spectacle splendide, en vérité, spectacle bien fait pour soulever la jeunesse française de 1920, digne héritière des enthousiasmes anciens... Erreur profonde ! Les fils de ceux qui saluaient de vivats le nom de Garibaldi, accueillent le nom de Mussolini par des hochements de

tête; les continuateurs des hommes qui

É pleurèrent en voyant combattre les Chemises Rouges, n'accordent qu'une attention fugitive aux Chemises Noires et à

leurs exploits !

Hâtons-nous de le dire, lPélite est 1c1 beaucoup plus responsable que la foule, car la foule est toute confiance et croit ce qu'on lui dit. Par malheur, dans un grand nombre de journaux, en France, en Angleterre mème, la rubrique de pohtique étrangère est rédigée un peu comme une critique, d’un style assez distant et quelque peu enclin à l'ironie. Il en résulte une certaine affectation à ne pas prendre au sérieux les événements qui se passent au delà des frontières. On a

Les arbitres.

La Légende et l'Histoire.

l’impression que les autres nations -— excepté deux ou trois, et encore | —— n'existent qu’à l’état de comparses et n'ont importance aucune. Cette méthode journalistique de juger les affaires de l’Europe présente le double inconvénient de renseigner fort mal les lecteurs et de blesser gravement la susceptibilité des étrangers.

On souhaiterait qu'elle fit place à de plus équitables procédés d'examen, mais 1l y a bien peu de chances pour qu'une telle évolution se produise.

Il n’en subsiste pas moins que de mesquins esprits refusent à l’Italie cette beauté de l'effort, cette noblesse de révolte pour lesquelles le monde se passionna volontiers

naguère, quand 1l les constata ailleurs.

Force est donc de restituer au Fascisme sa véritable atmosphère, et, pour cela, de prendre l'exemple le plus frappant qui soit, le plus auguste, celui de la Révolution Française. Dieu sait si cette tourmente nous apparaît vaste aujourd’hui; nous avons l'impression qu’un cyclone a parcouru l’Europe, faisant trembler les trônes sur leurs bases, et la Convention, pareille à une montagne de lumière, domine ces temps surhumains. Eh bien, 1l y a là un singulier effet de perspective à rebours; les événements dans lesquels sombra le xvui® siècle ont grandi à mesure que nous nous éloignions d'eux.

Car, pour les contemporains, la Révolution ne dépassa pas l’enceinte de quelques grandes villes. A vingt-cinq ieues

de Paris, les campagnes offraient l'aspect le plus paisible ; hormis les quelques affiches au mur de la Maison commune, hormis la visite pompeuse d’un envoyé du Comité de Salut public, rien ne témoignait que le gouvernement du Roi eût fait place à la volonté populaire, et ce que les cultivateurs voyaient de plus clair dans cette transformation du régime, c'était la main-mise sur les grandes propriétés devenues Biens Nationaux. Le même aspect nous est offert par la Russie où le mouvement soviétique n’exerce ses cruautés qu’à Moscou, Pétrograd, Odessa. Mais, contre la force d’inertie de la masse paysanne, P’impérialisme de Lénine n’a aucun pouvoir. Pour les paysans, la révolution, ce fut la prise de possession des fiefs; en dehors de cette considération rien ne les émeut.

Cependant, on ne peut nier cette évidence éclatante que la période historique dite Révolution Française a ‘un pouvoir d'irradiation d’une extraordinaire intensité. Elle est l’astre central des temps modernes, elle éblouit comme un foyerunique, bien que sa masse ignée n'ait pas été, tout d’abord, aussi homogène que, vue à distance, elle le paraît. Des États Généraux jusqu'au Directoire, la Révolution, sans cesser de travailler, a beaucoup tâtonné. Elle a cherché sa structure définitive en passant par l’Assemblée nationale, par l’Assemblée législative, par la Convention. Mais, dans notre imagination, ces phases se confondent, elles forment un tout universellement admiré, en dépit des excès, des abus, des persécutions qui attristèrent cette grandiose époque. Par quelle

Conclusion.

bizarre injustice refuse-t-on d'accepter aujourd’hui le Fascisme comme un stade précurseur d’une émancipation immense ? Instruits par l’expérience historique, pourquoi ne discernerions-nous pas, dans le Fascisme, l’élan préliminaire du peuple italien vers un vaste avenir ? Ce sont les temps futurs qui pourront le juger sainement, non pas nous, témoins de son départ, mais ignorants de sa lointaine destination.

Ainsi se dissolvent, sous le rayon ardent de la réfutation, les critiques injustes, tendancieuses, malfaisantes, que les antagonistes du Fascisme tentent de formuler.

Nous nous trouvons au lendemain d’unacte de patriotisme incontestable, nous som-

mes dans la journée d’un dur labeur, nous sommes à la veille d’un triomphe certain.

Notre devoir élémentaire est de considérer les événements italiens avec la sympathie vivace qui doit faire de tout peuple latin l'ami d’un peuple latin : notre devoir est surtout de nous interdire de porter des He PHIenS hâtifs et de tirer des conclusions téméraires. Ce qui est hors de doute, c’est que la stature de Benito Mussolini se détache sur le fond grisaille de la médiocrité contemporaine avec une telle vigueur, que l'attention de tous les peuples d'Europe s’est tournée soudain vers cette impressionnante apparition. Et, pour peu que l'observateur impartial passe dans les groupes et prête l’oreille aux conversations éparses, 1l surprend, de ci, de là, des allusions trou-

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blantes à la politique monotone et monocorde de la plupart des pays, en comparaison de la politique rapide et sévère du nouveau gouvernement italien.

Maintes fois des propos de cette nature ont frappé nos oreilles ; cette opinion publique qui est censée régir le destin du monde, nous l’avons entendue s'exprimer avec une inquiétante vigueur, à propos du travail déjà accompli par Mussolini dans les fonctions qu’il a reçues du Roi et du Peuple. Et, tandis que dans les bas-fonds de la politicallerie, se meut en sifflant de colère le grouillement reptilien de l'envie, de la calomnie, de la haine, cependant que les cuistres vont partout déplorant ce qu'ils appellent le coup d'Etat italien, les foules latines, gagnées à leur insu par le vin subtil de l’enthou-

siasme, relèvent la tête et cherchent en elles les hommes intrépides, capables d’accomplir dans leurs pays le même geste que Mussolini, dispensateur de la même clarté.

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