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remise d’un terrible désastre financier qui se chiffrait par trente millions, la ville de Varèse contribua à lemprunt pour cinq millions et demi.— «Ah! s'écriait M. Pavia, quand viendra la paix, si la France veut traiter l'Italie en vraie sœur et travailler avec elle, que de belles choses on pourra réaliser pour le progrès et la prospérité économique des deux nations! » :
Que disait, à Venise, le comte Brimani, maire de l'illustre ville ? « — Voilà que le présent nous rappelle les beaux jours du passé : Magenta, Solférino, toute l’épopée de 18ç9. Nous retournons à des alliances naturelles après avoir rompu des alliances qui étaient contre nature. »
Paroles admirables, paroles prophétiques, pourquoi donc avez-vous été étouf-
we,
fées par le tumulte des armes! Faut-il rappeler l’intrépidité des volontaires garibaldiens en Argonne ? Faut-il nommer Avellino, Muraccioli, Cotrozzi et les deux Garibaldi, Bruno et Constantin ? Faut-il évoquer les luttes épiques du Carso et Gorizia et la Bainsizza et enfin Vittorio Venetto ? A quoi bon! La gloire italienne peut se passer d'hommages. C'est à Rornéquellé est née |... Elle à de qui tenir |
Bornons-nous à songer que les inimitiés passent, et que les drapeaux demeurent.
Et arrivons à l'erreur inconcevable qui empêcha, entre l'Italie et la France, un rapprochement que la victoire commune indiquait cependant comme Île plus logique et le plus aisé.
L'Italie déçue.
Lorsque tomba soudainement, au mois de mai 1919, le Ministère dont M. Orlando était le chef, la France qui formait alors l’axe de l'Europe, put ressentir l’impression que l'Italie avait quelques raisons sérieuses de ne pas se déclarer satisfaite des résultats de la Conférence de la Paix. En 1914, aucune raison d'intérêt n’obligeait la Péninsule, soudée par Crispi à la double Monarchie et à l’Empire allemand, à ne pas suivre ses alliés dans l’effroyable aventure et à prendre l’attitude, si rassurante pour les frontières françaises, de la neutralité. Si rassurante en eflet, car la mobilisation de l’armée italienne, à laquelle 1l était permis de s’attendre comme à une chose parfaitement logique, eût singulièrement troublé le haut commandement français déjà at-
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taque au Nord et à l'Est. Il est. donc incontestable — et c'est là une paroe que:
l’on ne saurait trop fortement répéter — que la seule neutralité proclamée par l'Italie dès l’ouverture des hostilités, fut un acte de générosité dont le souvenir doit demeurer impérissable dans tous les cœurs français. |
C'était assez pour que fût réservé à l’Italie, au moment des négociations finales, un traitement digne de sa chevaleresque fraternité. Pourtant l'Italie ne se borna pas à se détacher de ses alliés pohtiques, à refuser de prendre les armes contre l’Entente, elle eut encore, entrainée par sa généreuse ardeur, enivrée par le surpatriotisme de Gabriele d’Annunzio, la volonté de se ranger aux côtés de la
France et de la Belgique envahies, moins,
VA
certes, pour combattre son ennemi héréditaire, l’Autriche, que pour obër au torrent d'enthousiasme qui précipitait alors à la défense des nations spoliées, toutes les loyautés et tous les héroïsmes.
En Italie, c’est la rue qui a ordonné au gouvernement de prendre part à la guerre, c’est l’Âme même du peuple qui a exigé le sacrifice. Il ne s’agissait pas là de ces obscurs calculs d'intérêt qui, parfois, conduisent les chefs d'Etat à des actes bel- :
hqueux pour des fins inconnues aux combattants eux-mêmes ; il s'agissait bel et bien d’un immense souffle venu des profondeurs de l’âme latine pour la défense d’un sol sacré, pour la protection d’une sœur en péril. Selon la plus élémentaire politique et, pour tout dire, selon la plus élémentaire gratitude, il convenait donc
de traiter l'Italie au moins avec autant de sollicitude que les autres alliés à l’heure de la récompense. Or, 1l n'en fut rien, et l'impression trouble qu'à Paris l’on hésitait à reconnaître la part de travail de l'Italie, à dénombrer ses six cent mille morts, irrita singulièrement la pensée populaire. Le parti des anciens neutralistes, battus par les partisans de l’intervention, se hâta d'exploiter cette mauvaise humeur légitime et d’aigrir ainsi la nation.
C'est dans cette atmosphère d'inquiétude où déjà grondaient des colères, que M. Orlando fit place au pouvoir à M. Nitti.
Quelle erreur de croire que la fameuse question du port de Fiume put suffire à
jy
Fiume
exaspérer la tureur patriotique des Italiens! Fiume n’était, à la vérité, qu’un symbole:
Ce que l'Italie ne parvenait pas à comprendre, c’est la raison pourquoi les négociateurs de Paris s’obstinaient à prendre en considération avec une telle déférence les exigences d’une nation composite, formée non seulement par les Serbes, mais aussi par des groupements jusque-là vaguement définis et qui, pour la plupart, avaient pactisé avec la cause autrichienne. Même en admettant qu'il pût y avoir un risque d’iniquité à confondre avec les ennemis de l’'Entente quelques Tchèques peut-être innocents, il eût été préférable de choisir entre deux maux le moindre, et d’épargner à l'Italie, sœur d’armes, jusqu'à l’ombre d’une déception.
Les Italiens, au cours des préliminaires
de la paix, avant la signature de ce malencontreux traité de Versailles, furent fondés à croire qu'on leur disputait tout ce qui pouvait ressembler à un essai d’indemnité. Ce nest pas que leurs prétentions fussent grandes; ils se seraient contentés d'avantages modestes si ceux-ci leur avaient été oflerts avec un généreux élan.
Mais une attitude pleine de réserve, un je ne sais quoi de glacé achevèrent de gâter ce que les préliminaires du traité avaient déjà compromis.
À l’heure présente il est hors de doute qu'aux yeux de tout Italien, la Franceest responsable de l'erreur commise, si l’on peut appeler erreur un tel manque de présence d’esprit. Sachons voir les choses telles qu’elles sont et proclamer les vérités,
surtout quand elles sont dures à entendre:
GI
si, en 1919, la France — ou plus exactement le Triumvirat de l’Entente — n'avait point affecté de considérer la dignité italienne comme une quantité négligeable, jamais les lignes suivantes, parues depuis dans La Vraie ltalie, n’eussent été publiées :
« Mainte et mainte fois nous avons exprimé notre façon de voir les choses; nous avons dit comment l’Italie, en entrant en guerre à côté de la France avec une pleine sincérité de sentiment fraternel, se promettait de cimenter de Îa sorte une amitié que ni affronts, ni injustices n’étaient parvenus à éteindre. Pendant les années de la lutte commune, des communes douleurs, des communs triomphes, et jusqu’à la victoire, ce sentiment n'avait jamais langui; bien au contraire. La guerre finie et l’heure de la justice étant venue, l'Italie
fut douloureusement étonnée de décou- Mdans la France, non cette € sœur amoureuse > qu'elle s'attendait à voir à ses côtés pour jouir ensemble du fruit de tant d'efforts et de sacrifices, en trouvant en elle un fort appui contre quiconque eût tâché de chicaner sur ses droits, mais bien une rivale froide et hargneuse, plus acharnée que tout autre à la contrarier dans ses requêtes, prête à l'intrigue et à la trahison, et seulement soucieuse d’établir à son avantage cette hégémonie qu'on avait Cru anéantir en terrassant nos ennemis. »
La France |... oui, cette entité vient tout L'ingratitude naturellement sous la plume du patriote Versaillaise.
indigné! C’est la Krance qu'il juge ingrate,
c’est la France qu'il incrimine et 1l ne saurait, en effet, agir d’autre sorte. Cependant la collectivité française est pour bien peu dans cette maladroite action; elle n’a pas
été consultée, nul n'a pris soin de l'inter-
roger, aucune enquête n'a été entreprise
auprès d'elle sur le partage des droits et des charges. Il fallut bien que le peuple français s’en remit à l'expérience des hommes d'Etat pour la rédaction du traité de Versailles, un traité qui eùût fait hésiter Tallevrand. Ces hommes d'Etat, quels étaient-ils ? Un illuminé : Wilson; un égoïste: Lloyd George; un brutal:
Clemenceau. Comme s'il ne suffisait pas que les négociations portassent sur l’enchevêtrement le plus inextricable de l'His-
toire, à la fin d’une mêlée qui avait mis
en contact toutes les nations, le Président Wilson, debout au bord d’un abiîime dont la profondeur lui échappait, les regards perdus dans l’évocation d’une nouvelle Salente, prêchait le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et chantait lhymne des Quatorze Points. Lloyd George, uniquement préoccupé d’escamoter la marine et les colonies allemandes, refusait de s'attacher aux considérations secondaires, entendant par là l’honneur et la sécurité d’autrui. Et Clemenceau, après avoir été un homme de gouverne- :
ment dans toute l’ampleur du terme, montrait à l’Europe étonnée que ses quahtés de la veille équivalaient, le lendemain, à autant de défauts, et que cet homme de force nétait pas, en définitive, un
homme très fort.
Que le Triumvirat de la Conférence porté donc l’écrasante responsabilité de ses erreurs, cela est Juste, mais tu te trompes, Italie, en poursuivant la France entière de ta rancune. Cartu n'as pas été la seule mal servie, tu dois t'en rendre compte en mesurant avec quelle peine le gouvernement français besogne à tirer de ce traité omnibus les moyens d'assurer sa propre sauvegarde. Songe que, le jour de l'armistice, la France, amoindrie de seize cent mille soldats, était lasse et n'aspirait qu'au repos, qu’elle n'avait plus sa clairvoyance habituelle, et dis-toi bien que tu as pâti des fautes de quelques-uns, les plus hauts placés, mais non pas les meilleurs! È
Bref, M. Nitti prit le pouvoir au moment du grand désarroi italien. Peut-être soucieux d'une popularité qu'il n'avait jamais pu atteindre, 1l nhésita pas à confier les portefeuilles des Finances et du Trésor à MM. Schanzer et Tedesco, lesquels avaient été parmi les neutralistes les plus ardents. En dépit de cette manœuvre propitiatoire, le mécontentement des Italiens éclata lorsque le prix de la vie,
déjà exorbitant, s’éleva encore. Ce qui
devait arriver arriva : les consommateurs :
bousculèrent les marchands et firent main basse sur les denrées. Dans les grandes villes, à Rome, à Milan, à Turin, a Gênes, il y eut des scènes nettement révolutionnaires. Difficilement le cabinet Nitti restaura l’ordre, mais sans améliorer
la situation, car les boutiques, maintenant
L'Italie indignée.
respectées, ne renfermaient point de vivres, en sorte qu'il fallut user de la réquisition appuyée sur la force armée pour obtenir des campagnes les produits indispensables.
On estima que les élections prochaines pouvaient, seules, rétablir l'équilibre du pays et l’on se hâta d’y pourvoir. L'idée capitale du gouvernement Nitti était de modifier profondément le système électoral, ce qu'il accomplit, en enebien remplaçant le scrutin d'arrondissement par une manière de scrutin de liste avec.
représentation proportionnelle. Il s'agissait, pour les électeurs, de voter sur des listes toutes faites, avec faculté de remplacer
des candidats par d’autres, mais dans une faible proportion. Malheureusement, adoption de ce système eut pour immédiate conséquence d’aflaiblir, en les divi-
sant, les forces constitutionnelles, pour le plus grand profit du parti socialiste, hostile à la guerre par définition, et du parti
populaire formé par les catholiques, an-
Ciens adversaires de l'intervention armée. Il apparut dès lors que le succès des | à
élections ne pouvait aller qu’à ces deux groupements, d’ailleurs fort bien organisés,
puisque le peuple italien, déçu et meurtri,
rejetait sur la guerre toute la responsabihté de ses infortunés.
Menacé d’un triomphe du redoutable |
P. U.S. (Partito Ufficiale Socialista), en collaboration étroite avec la C. G. T., le Gouvernement essaya de faire comprendre au pays qu'une révolution serait pour
L'Italie déchirée.
lui une condamnation à mort et que Îa gravité exceptionnelle de la situation économique imposait, tout au contraire, un surcroît d'ordre et de travail. Ces objurgations raisonnables, mais mornes, ne servirent de rien ; les partis les mieux organisés l’emportèrent, savoir, les socialistes par 166 élus et les catholiques par une centaine. Les groupements constitutionnels se trouvaient donc, grâce à leur désunion ou plutôt à leur indifiérence devant le vote, singulièrement aflaiblis. Tout de suite, le Parlement prit une attitude menacante ie ET NICÉCEnOES 1919, les socialistes se lancèrent dans une violente démonstration contre la Couronne, en négligeant les plus élémentaires formes de courtoisie. Déroutés, les partis modérés n'eurent point assez d’esprit combatif
pour riposter par une contre-manifestation.
Une seule fois, 1ls s’y décidèrent, mais cette marque d'énergie n'eut d'autre résultat que de pousser les socialistes à une violence plus grande encore, à des vociférations de « Vive Lénine » et à une imposante levée de mouchoirs rouges. Entre ces énergumènes et les catholiques qui, s'ils étaient, eux, hostiles aux socialistes, ne l’étaient pas moins au Gouvernement, M. Nitti était fondé à se demander de quel côté la majorité allait lui venir. Finalement, il en obtint une, pas très encourageante, mais acceptable, due à son affirmation péremptoire de gouverneravecle Roi. Les députés qui, déjà, voyaient s'avancer un régime de Soviets, se ralhèrent à cette sécurité et sauvèrent
le Ministère en péril.
DE
L'émeute
Mais le désordre n'était pas qu'au Parlement ; il régnait surtout sur la voie publique où le P.U. S. ne négligeait rien pour célébrer l'avènement de ses 166 champions. À la suite de quelques horions échangés entre nationalistes et socialistes, des grèves éclatèrent, puis des bagarres d’un caractère particulièrement odieux. A Milan, des officiers furent malmenés, frappés, dépouillés de leur uniforme ; même les civils, quand ils étaient vêtus.
avec quelque recherche, étaient mis à mal. On le voit, les rancunes se donnaient hbre cours d’une façon toute rudimentaire contre les classes dirigeantes et les anciens combattants. Cependant que M. Nitti se démenait, à Paris, à propos des affaires de lAdriatique, les fonctionnaires de l'Etat italien, employés des Postes d’une
part et « cheminots > de l’autre, témoignèrent de leur valeur de prolétaires conscients et organisés en abandonnant leur travail. Aussitôt d’autres industries emboîtèrent le pas, puis les cultivateurs.
Il s'ensuivit que le pays, déjà privé de viande fraîche, rationné pour les denrées de première nécessité, vit son malaise augmenter et diminuer ses dernières ressources. Dans différentes régions, en Ligurie notamment, des usines fermées furent envahies et réquisitionnées par des ouvriers constitués en Conseils d'exploitation. En somme, on s’acheminait vers les usages communistes qui ont fait si enviable la Russie d'aujourd'hui.
A la consternation des vieux parlementaires, la Chambre, pendant ce temps, offrait un spectacle désolant. Il n'était
plus de séance sans vociférations, pugilats et mêlées. Toute la politique se réduisait à des grèles de coups... Que M. Nitti ait trouvé le moyen de se maintenir au pouvoir dans de telles heures de gâchis et de fureur, c'est un miracle de chance ou d’'habileté. Car il y resta, mais à quel prix |! En accordant aux paysans le décret Visocchi qui attribuait à qui voulait la prendre toute terre insuffisamment cultivée; en. infligeant aux soldats Quea guerre le décret Mortara qui amnistiait les idésertenrs |
Pressé entre les socialistes qui voulaient supprimer la grande propriété (Latifundium) pour y substituer l'exploitation en coopératives, et les catholiques, partisans de la même suppression, mais pour créer la petite propriété, le gouvernement Nitti
mt
marchait de concession en concession. La question agraire, vitale pour Pltalie, tourmentait la nation au plus profond d'elle-même ; elle prenait une ampleur égale à la question agraire d'Irlande et menaçait de conduire le peuple aux pires extrémités. Comme en Irlande, le grand propriétaire italien n’habite pas sa terre ; il la loue à un « gabellotto >, comparable au <« midleman » irlandais, intermédiaire qui exploite le paysan et le tient à merci par la terreur du renvoi et par l’usure.
Ayant obtenu, et c'était justice, l’abolition du détestable « gabellotto », les paysans exigèrent davantage, sans s’accorder sur leurs revendications. Faute de s'entendre, ils se mirent en grève, solution qui ne résolvait rien. En mars 1919, les grévistes de l’agriculture se chiffrèrent par 200.000.
Les chemins de fer firent cause commune.
Le désordre, l’anarchie, atteignirent à leur paroxysme, à la satisfaction totale du P. U. S. qui, à grand renfort d'une pie pagande menée par le journal l'Avanti, conduisait l'Italie au communisme intégral.
M. Nitti, intrépide, remania son Cabinet ; il s’'appuya sur M. Luigi Luzzatti, économiste célèbre, plein de sagesse et d'expérience, et sur M. Bonomi, jeune député réformiste, et1l afficha aux regards de l'étranger un optimisme de commande.
Nul n'y fut pris, d’ailleurs; M. Nitti ne reculait que pour mieux sauter. Au début de mai 1919, sa chute était accomplie.
Mais, tandis que le leader du Popolo d'Italia applaudissait à cet événement, le ministre renversé reprenait le pouvoir que M. Giohitti, par une adroite manœuvre,
venait de refuser. Quinze jours plus tard il tombait définitivement sur la proposition d’un décret portant augmentation du
prix du pain.
Cette fois, M. Giolitti accepta de former le Ministère. Il avait une belle partie à jouer, mais il appartenait à la génération des « vieux malins », des professionnels du parlementarisme, et :1l préféra amuser le tapis plutôt que de risquer courageusement un grand coup. Entre la force d'inertie des ouvriers et le lock-out des patrons, il n’osa choisir, persuadé que les choses s’arrangeraient toutes seules. Il n'en fut rien; les choses s’aggravèrent, l'occupation des usines par les ou-
Où Giolitti reparaït.
vriers devint un fait accompli. De n'avoir pas empêché cette occupation, le gouvernement Giolitti, devant l'Histoire, aura deux excuses : d’abord la police ne lui eût point obéi et, ensuite, cette occupation a démontré d’une manière éclatante l'incapacité des ouvriers à se passer des techniciens. M. Giolitti, en s’abstenant, ne dut pas prévoir cette conséquence, tout adroit qu'il fût. Elle sera néanmoins comptée à l’actif de son savoir-faire.
Puis, brusquement, le Ministère prit position contre les communistes. Il ordonna que l’anniversaire de la victoire füt célébré avec éclat, 1l fonda un Bloc de l’ordre... Energie un peu tardive qui jeta de l’huile sur le feu. Cependant que d'Annunzio, à Fiume, perturbait la diplo-
matie scandalisée et versait de l’héroïsme
au cœur de la jeune Itahe, les socialistes s’élançaient en formation massive à l'assaut du pouvoir. Bagarres, assassinats dans les villes, agressions à main armée dans les campagnes, la révolution, une révolution sans beauté, sans idéal, une révolution slave, allait empoisonner à jamais peutêtre les sources latines, quand, tout à coup, le mot « fascio », telle une abeille rapide et furieuse, vola de place en place, fut répété, transmis, crié, acclamé par des voix frémissantes…
Et ce fut, en décembre 1920, la Nativité du Fascisme.
Tous ceux qui, dans le pays tout entier, Les dans toutes les sphères, dans tous les Faiscaux.
Cat SE DATE
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