PARTIE II. — CHAPITRE I
Évêque, le prêtre qui porte une croix sur la poitrine ; on met sur la poitrine les deux index en croix.
Archevêque, l’homme qui prie, comme le prêtre, et qui a une croix à quatre branches latérales. Placer également sur la poitrine l’index et le médius de la main gauche, et perpendiculairement dessus l’index de la droite.
Homme, faire le signe de chapeau, en longeant le corps de la tête aux pieds avec les deux mains.
Femme, lé même mouvement précédé de celui de bonnet, dont on décrit la garniture avec le pouce sur la joue.
Animal, faire l’action démarcher à quatre pattes, en faisant mouvoir alternativement les deux mains qu’on écarte d’abord à cet effet.
Silence, mettre le doigt sur les lèvres, et l’y appuyer assez fortement.
Rien de plus admirable et de plus simple aussi que la distinction du présent, du passé et du futur. La marche rapide du temps n’aura jamais eu dans aucune langue une définition plus exacte. Le passé, c’est ce qui est derrière nous ; pour l’exprimer, le sourd-muet jette sa main sur son épaule; il l’y jette deux fois coup sur coup pour indiquer un temps très reculé. Le présent, cet espace de temps dont la fugitive existence est à peine appréciée par notre
intelligence, et que définissent si bien ces paroles
admirables du poète :
Le moment où je parle est déjà loin de moi,
est représenté par un mouvement court et rapide des mains qui, étant ouvertes, sont portées de haut en bas. L’expression de la physionomie fait que ce geste exprime parfaitement bien l’actualité. L’avenir, c’est tout ce qui est devant nous; le sourd-muet porte la main ouverte et placée devant sa poitrine en avant, autant que son bras peut s’étendre.
Le langage des signes n’a besoin, pour manifester toutes les idées, que de cette triple division l , mais la nécessité d’expliquer au sourd-muet la théorie des temps et des modes du verbe, dans notre langue, a donné lieu à la création de signes grammaticaux dont on ne se sert que dans l’enseignement, et pour lequel nous les considérons comme étant plus dangereux qu’utiles. La phrase du sourd-muet est toujours excessivement simple ; elle ne comprend que le signe de l’objet et celui de sa qualité, le sujet et l’action; tout ce qui dans le langage actuel des signes exprime d’autres rapports a été arbitrairement créé. L’abbé de l’Epée l’avait très bien senti; mais voyant que rien