CHAPITRE I
pas tardé à dénier le sens commun, pouvait-il comprendre quelque chose à des raisonnements aussi subtils ? L’abbé Sicard s’aperçut bien vite de tout ce qu’il y avait de défectueux dans les créations mimiques de son respectable prédécesseur ; mais, doué d’une imagination trop vive, il était moins apte que tout autre à y porter remède. On verra par les citations suivantes, que nous avons empruntées à sa théorie des signes, quel est le mérite des modifications qu’il a fait subir aux gestes. Nous avons choisi de préférence quelques uns des mots dont nous avons précédemment fait connaître l’expression mimique actuelle, afin que l’on puisse juger de l’énorme différence qui existe entre le langage révélé par la nature, et celui qui était, en partie, le résultat de tant de doctes élucubrations.
Signes de l’abbé Sicard (1).
Dieu. 1° Montrer le ciel et tout ce qu’on y voit, et surtout le soleil, la lune et les étoiles. On figure ces astres, s’ils ne peuvent être montrés; 2° montrer la terre, figurer les mers, les fleuves, les montagnes et les vallons, les pierres, les arbres et les animaux, et surtout l’homme, dont il faut figurer l’esprit, le cœur et le corps; 3° lever la paume de la main droite, qui sert à indiquer tous ces objets,
(1) Sicard, Théorie des signes pour l'instruction des sourds-
et exprimer l’action de les avoir fait sortir du néant et de les conserver; 4° terminer tous ces signes par un signe de respect et de profonde adoration, en inclinant la tête et le corpsjusqu’à terre, et en montrant qu’on n’est que poussière devant Dieu, et que Dieu seul est grand.
Prêtre. 1° Signe d’un ecclésiastique qui a été séparé des autres fidèles, pour être spécialement consacré au service divin et à la sanctification des âmes; 2° figurer l’onction sainte qu’il a reçue aux deux mains, et qui est le signe de sa consécration, et la grande couronne qui est au-dessus de sa tête ; 3° figurer les vêtements sacrés dont il se revêt pour la célébration des saints mystères ; 4° figurer le droit qu’il a reçu d’exhorter, de catéchiser, de prêcher les petits, les pauvres et les ignorants, d’écouter la confession de leurs péchés et de les absoudre. On se borne aux signes principaux quand le caractère des prêtres est bien compris.
Souverain. 1° Signe d’un État d’une grande étendue ; 2° signes des principaux corps de l’État : ecclésiastiques, religieux et civils ; judiciaire, comprenant les différentes cours de justice; militaire, comprenant toute l’armée de terre et de mer ; les établissements d’instruction publique, comprenant les anciens collèges, connus actuellement sous le nom de lycées, et les maisons d’éducation ; 3° fi gu-