LA TOMBE DE SPATA
substance ayant la propriété de briser les rayons de la lumière, les ornements ont un éclat argenté et miroitant. Landerer fait observer que c’est du verre de soude (en allemand Natnm-Glas), et que cette substance a la propriété de se diviser en petites feuilles ou éclats. Circonstance très-digne de remarque : fous ces ornements de verre ont été évidemment moulés ; beaucoup d’entre eux ressemblent plus ou moins aux types que nous voyons gravés dans les moules mycéniens (fig. 162 et 163). Au revers de la plupart de ces objets, il y a un, deux ou trois petits trous, ou des anneaux tubulaires, pour les fixer sur d’autres objets, probablement sur des vêtements.
Un objet qui revient fréquemment à Spata est celui que nous retrouvons dans le dessin gravé au bas de la figure 162. On rencontre enfin de petits cônes d’un verre très-altéré ; ils se rapprochent considérablement du type que nous voyons sur le côté de la figure 163, dans la rangée supérieure, à la droite du spectateur; ils ressemblent aussi beaucoup au petit cône de la figure 164, dont un grand nombre d’exemplaires ont été recueillis à Mycènes ; la seule différence consiste en ce que, sur les cônes de Spata, c’est une ligne spirale qui est imprimée, tandis que ce sont des cercles concentriques sur les cônes de Mycènes. Cependant il est à remarquer que le moule de la figure 163 offre l’empreinte d’un cône de cette nature avec une ligne spirale. Mais, d’un autre côté, la différence est grande entre les substances qui entrent dans la composition de ces cônes ; tandis qu’à Spata les petits ornements sont en verre, les cônes et les autres objets de Mycènes (voy. fig. 164, 165, 166 et 167) sont d’une argile très-cuite et enduite d’un vernis de plomb ; on n’a pas trouvé trace de verre à Mycènes, sauf quelques petites perles de verre, le petit objet représenté figure 177 et les tubes presque microscopiques de verre de cobalt décrits dans les pages suivantes. Gomme, d’un autre côté, on a recueilli une grande quantité de petits ornements en argile très-cuite, enduits d’un vernis de plomb, nous pouvons être sûrs qu’à Mycènes la fabrication du verre était dans l’enfance; que jusqu’à la prise de la ville (468 av. J. -G.) elle n’y fit aucun progrès, et que tous les