ORNEMENTS D’OR VARIÉS
cinq autres pareils. Ces hippocampes ont tous la tête tournée en arrière et la queue recourbée; tous sont percés de trous.
L’ornement de la figure 274, déjà cité, qui représente deux aigles posés face à face avec la tête tournée en arrière, est également percé de trous. La figure 277 représente un sphinx. J’en ai trouvé cinq autres semblables à celui-là. Ces six sphinx sont des lions ailés,
Fig. 274 à 280. — Ornements d'or. Troisième tombeau. Grandeur réelle.
avec une figure humaine imberbe ; ils sont coiffés du bonnet phrygien d’où semble s’élancer un long panache ; mais il est impossible de savoir si l’artiste a voulu représenter un sphinx mâle ou un sphinx femelle. Remarquons ici que, d’après Hésiode, x\pollodore et Euripide, Sphinx est fille de Typhon et de TÉkhidna onde la Chimère, ou bien d’Orthos et de la Chimère, et que cet animal fabuleux est, dans tous les cas, d’importation égyptienne en Grèce. Mais le sphinx égyptien est mâle, puisqu’il est le symbole des rois, tandis que le sphinx de la légende thébaine d’Œdipe est femelle. L’ornement d’or (fig. 278) qui semble représenter un arbre a été
LE TROISIÈME TOMBEAU
trouvé îi sept exemplaires; tous les sept sont percés de deux trous. Parmi les ornements de petite dimension, je citerai la figure 276 ; elle représente deux oiseaux dont on ne peut distinguer l’espèce. Ils se tiennent debout en face l’im de l’autre, la tête tournée en arrière ; ils sont liés l’un à l’autre par des spirales,
Sur la tête de l’un des trois corps, j’ai trouvé la magnifique couronne d’or ((7T£p.p.«, fig. 281), l’iin des objets les plus intéressants et les plus précieux que j’aie recueillis à Mycènes. Elle a 2 pieds 1 pouce (0"',625) de long et est couverte à profusion d’ornements, qui ressemblent à des boucliers en miniature. Gomme elle est travaillée au repoussé, tous les ornements font saillie et se détachent en bas-relief, ce qui donne à l’ensemble un aspect d’une magnificence indescriptible. L’effet en est encore augmenté par les trentesix grandes feuilles, décorées de la même manière, qu’on y a adaptées. Il faut remarquer que, quand la couronne était attachée autour de la tête, la partie lapins large se trouvait juste au milieu du front; naturellement les feuilles se tenaient droites autour de la partie supérieure de la -tête. On ne peut pas imaginer qu’elles fussent dans une autre position, car elles auraient alors formé une espèce de visière qui aurait caché le front et une grande partie de la figure. A chacune des deux extrémités on peut voir un petit trou ; on passait un mince fil d’or dans ces deux trous pour attacher la couronne. J’appelle l’attention du lecteur sur les signes curieux qui sont entre les boucliers de la rangée supérieure ; cinq de ces signes ressemblent à de belles fleurs ; la disposition seule des têtes de ces fleurs suffirait h prouver que la couronne devait être placée avec les feuilles en dessus ; c’est du reste dans cette disposition que je l’ai trouvée sur la tête du mort. Les quatre autres signes ressemblent au ou caducée, la verge de
héraut d’Hermès.
Le magnifique diadème d’or (fig. 282) a été trouvé autour de la tête d’un des trois autres morts ; une partie du crâne adhérait encore à cet ornement ; il est d’un travail très-soigné. La bordure est formée de deux lignes parallèles et d’une rangée de points saillants; cette bordure diminue de largeur depuis le milieu du dia-
^LE TROISIÈME TOMBEAU
dème jusqu’aux deux extrémités ; elle est décorée de dessins
en spirales, accompagnés de petites lignes de points en . creux ou en saillie. L’espace compris entre les bordures est rempli par une rangée de boucliers en miniature dont le diamètre varie selon la largeur du diadème, et qui se composent d’un certain nombre de cercles concentriques autour d’une bosse centrale. Dans les cinq grands boucliers, l’espace compris entre les cercles est rempli par une bande circulaire de petites feuilles ou de points saillants. On voit aussi entre les boucliers tout le long de la bordure deux rangées de
petites bosses cerclées de points en saillie. A chacune des deux extrémités du diadème il y a un trou ; un mince fd d’or ou de cuivre passé dans ces trous devait servir à attacher le diadème. Gomme ce bel ornement est formé d’une plaque d’or assez épaisse, il n’a pas été nécessaire de le soutenir avec une armature de laiton.
J’ai trouvé encore avec les trois morts . cinq autres diadèmes d’or, dont deux sont représentés figures 283 et 284. Deux de ces diadèmes (fig. 283) sont décorés de la même manière
Fig. 282. — Diadème d’or trouvé sur la lêle d’un autre personnage du troisième tombeau. Au cinquième environ de la grandeur réelle.