ORNEMENTS D’OR
à cause de leur très-grande antiquité, sont devenues d’un brun foncé, et nous les avions prises d’abord pour de la résine; mais l’analyse du professeur Landerer a montré qu’elles sont de l’ambre le plus pur. Nous ne saurons jamais d’ailleurs si cet ambre provenait des bords de la Baltique ou d’Italie, où on le trouve en plusieurs endroits, particulièrement sur les côtes de l’est de la Sicile. Mais il est bien vraisemblable que l’ambre fut introduit en Grèce par les Phéniciens; en effet, en grec, ambre se dit electrum iri'kiv.xpov) ; or elek signifie résine en arabe, et il est probable qu’en phénicien il avait le même sens. L’ambre était très-bien connu d’Homère, qui en parle trois fois dans VOdyssée comme d’une substance que l’on emploie au même usage que les pierres précieuses dans les parures d’orf
Autres objets trouvés avec les trois corps, dans le troisième tombeau : un ornement formé d’une feuille d’or quadrangulaire ;
— deux épingles d’or pour parer la poitrine ; — une fleur d’or à tige d’argent; — une quantité considérable de menus ornements en or;
— un grand nombre de coulants d’une pierre rouge transparente , provenant de colliers; — une broche de bronze plaquée d’or; — sept ornements d’or représentant des lions, dont deux seulement ont des têtes; — un ornement d’or qui figure un taureau attaqué par deux lions ; — une grande quantité de petites feuilles très-minces d’or battu, dont le tombeau était littéralement jonché, au-dessus
i. Odyssée, XV, 46U ;
Xp'J(7£OV op[J,OV ï'/JxiV, [XSTa Ô’ •^XéxTpOt'TlV ssp-ro.
U Portant un collier d’or, monté avec des perles d’ambre. >>
Et XVIII, 295-296 :
''OpiJ-ov ô’ Eopup-a'/w uoX’JÔai'ôaXov a'jxtx’ ’svsixsv,
*/puo-£ov, TjXéxxpotaiv lepp-évov, ^éXiov wç-
« 11 apporta aussitôt à Eurymaque un élégant collier d’or, monté avec des perles d'ambre, un vrai soleil. «
Dans les deux cas, l’emploi du pluriel correspond exactement au sens de perles d'ambre serties dans une monture d’or.
Le troisième passage, Odyss., IV, 73:
XpodoO x’ rjXéxxpo'j xs xa\ àpyupou -^ô’ sXsçavxoç,
« L’or et l’électron (l’ambre), l’argent et l’ivoire, » se trouve dans la description du palais de Ménélas ; dans ce vers, l'or et Vambre, qui sont jaunes, semblent former une antithèse poétique avec l’argent et l'ivoire, qui sont blancs.
284 LE TROISIÈME TOMBEAU
et au-dessous des corps; — la coupe d’or (fig. 317) et la boîte d’or (fig. 318).
La coupe n’a qu’une anse ; la partie extérieure est divisée par une bande horizontale en relief, composée de trois rubans, en deux compartiments, dont l’un est au-dessus de la bande et l’autre au-dessous ; tous les deux sont ornés de poissons en relief, au repoussé, d’un dessin très-naturel. La boîte d’or (fig. 318) est très-curieuse; elle est munie d’un couvercle bien ajusté, qui était
Fig. 317 et 318. — Coupe et boîte d’or. Troisième tombeau. Au trois-huitième euviron de la grandeur réelle.
attaché à la boîte au moyen de deux fils d’or et de quatre trous; un trou de chaque côté du couvercle et un trou de chaque côté du bord. On trouve une combinaison semblable dans la boîte qu’Arètè, femme du roi Alcinoüs, remplit de présents pour Ulysse ; car voici les recommandations qu’elle lui adresse : ce Regarde maintenant toi -même le couvercle et noue promptement un nœud sur le dessus, de peur qu’on ne te vole pendant le voyage, quand tu te reposeras dans un doux sommeil, une fois embarqué sur le vaisseau noirL »
Homère ajoute dans les vers qui suivent immédiatement :
(( Mais aussitôt que le patient, le divin Ulysse, eut entendu ces