MONCEAU D’ÉPÉES ET DE LANGES
appeler ratteiitioii sur les trois têtes de vaches à longues cornes (dont deux seulement sont en or, et la troisième, à ce qu’il semble, en argent), qui figurent parmi les offrandes, sur les peintures murales d’un tombeau de Thèbes, conservées au Musée Britannique. Les deux têtes d’or sont portées par des Asiatiques, sur des vases d’or, tandi's que la tête de vache en argent est offerte par des Égyptiens. J’appelle aussi l’attention sur les Voyages en Éthiopie, de M. G. -A. Hoskins (p. 330); on y trouve la reproduction d’une peinture murale tirée d’un tombeau de Thèbes; cette peinture représente une grande procession, dans laquelle, entre autres présents, il y a des anneaux et quatre têtes de vaches avec de longues cornes : tous ces objets semblent être en or.
En poursuivant mes fouilles de l’est à l’ouest, je découvris un monceau de plus de vingt épées de bronze et d’un grand nombre de lances. La plupart des épées avaient eu des fourreaux en bois et des gardes également montées en bois, dont on pouvait voir encore de nombreux débris. Tout le long du monceau d’épées, et dans le monceau même, j’ai trouvé étendues en ligne beaucoup de plaques rondes en or ornées de belles intailles, et des restes de rondelles en bois, qui avaient autrefois formé une ornementation continue de chaque côté des fourreaux d’épée. La plus grande plaque se trouvait à l’extrémité la plus large du fourreau, et la plus petite plaque à l’extrémité opposée. Les gardes en bois des épées avaient été pareillement ornées de gTandes plaques rondes couvertes d’un riche travail en intaille. L’espace qui restait entre les plaques a été constellé de petits clous d’or, et l’on peut voir des clous d’or sur les gros pommeaux en bois ou en albâtre des gardes d’épées. Sur les épées et sur les débris des fourreaux, et tout autour, on remarquait en grande quantité une fine poudre d’or, dont la présence prouve évidennuimt que gardes et les fourreaux avaient été aussi dorés.
Quelques-unes des hampes de lances semblaient bien conservées; mais elles tombèrent en poussière au contact de fair. Malheureusement, les crânes des cinq squelettes étaient dans un état
lÆ QUATRIÈME TOMBEAU.
de décomposition si avancé, qu’il a été impossible d’en conserver un seul en entier. Les deux corps dont la tête était tournée vers le nord avaient le visage recouvert de grands masques, faits de plaques d’or grossièrement travaillées au repoussé. Par malheur, un de ces masques a tant souffert du feu funéraire et du poids énorme des pierres et des décombres, de plus la cendre y
Fig. 331. — Masque d’or, trouvé sur la face d’un des morts. Quatrième tombeau. Au tiers environ de la grandeur réelle.
adhérait si fortement, qu’il a été impossible d’en prendre une bonne photographie. Cependant, il suffit de le considérer quelques minutes pour se faire une idée assez juste des traits. Il représente une grande figure ovale, jeune, avec un front élevé, un long nez grec et une petite bouche à lèvres minces; les yeux sont fermés, mais les cils et les sourcils sont bien indiqués.
Le second masque (fig. 331) représente une physionomie tout à fait différente. La face est ronde, les joues pleines et le front peu développé ; le nez ne continue pas le front en ligne droite