‹ MycènesChapitre 155 sur 254 · SCÈNE DE DATAJLLE SUR UN ANNEAU · texte numérisé non relu

SCÈNE DE DATAJLLE SUR UN ANNEAU

derrière sont au niveau des hommes du char, tandis que ses pieds de devant sont encore plus haut. D’ailleurs, le corps de ce cerf ne manque pas de naturel. L’objet que l’on voit juste devant les pieds des chevaux est destiné à représenter la surface du sol, bien que la courbure de l’anneâu lui donne plutôt l’apparence d’un arbre. Celui qui est à la fois au-dessus du cerf et au-dessus de l’archer n’est qu’un pur ornement, qui est peut-être destiné à représenter les nuages; M. Newton pense qu’il représente des montagnes.

La scène de bataille représentée sur l’autre bague à cachet offre encore plus d’intérêt (fig. 335) ; nous y voyons quatre guerriers, et l’un de ces guerriers a évidemment vaincu les trois autres. Un des vaincus, blessé, est 'assis sur le sol, à la droite du vainqueur, appuyé sur ses mains. Il n’a qu’un casque bas de forme (yjjvi-fi) sur la tête et est d’ailleurs complètement nu. On distingue bien sa barbe, et le graveur mycénien s’est donné beaucoup de peine pour représenter l’anatomie du corps ; bien qu’il soit assis avec les jambes étendues de profil pour l’œil du spectateur, néanmoins toute la partie supérieure du corps est vue complètement de face et sans aucun souci des lois de la perspective.

Le second guerrier vaincu semble être également blessé, car il a un genou en terre devant le vainqueur, tandis que son autre jambe est étendue sur le sol ; mais il continue de lutter contre son antagoniste, essayant de le frapper avec la longue épée qu’il tient dans sa main droite. J’appelle l’attention sur le gros pommeau qui termine la garde de l’épée.

Le guerrier blessé n’est pas complètement nu, car on voit distinctement qu’il.porte une espèce de pantalon, qui d’ailleurs ne descend pas plus bas que le milieu des cuisses. Il aurait eu certainement la tête bien proportionnée si l’artiste n’avait oublié d’enlever une petite parcelle d’or; cette parcelle produit une petite ligne dans la photographie, et cette petite ligne fait que le guerrier semble avoir tout simplement un casque et pas de tête. Snpposons que celte ligne a disparu, nous reconnaissons tout de suite les véritables proportions de la tête, avec son petit casque, qui a une partie supé-

LE QUATRIÈME TOMREAU.

rieurc ((paXog), mais pas de licoog on panache. Quoique ce guerrier soit aussi agenouillé en profil pour le spectateur, ou voit néanmoins le corps tout entier absolument de face, au mépris des règles de la perspective.

Le troisième guerrier semble avoir pris la fuite ; on ne voit que sa tête et ses pieds, parce que tout le reste du corps est caché par un énorme bouclier d’une forme particulière; ce bouclier, si l’homme était tout debout, le couvrirait de la tête aux pieds. On voit une bordure tout autour du jbouclier, et il semble porter un ornement, qu’il est du reste difficile de distinguer. Si le guerrier semble n’être pas debout, cela tient seulement à la courbure de ranneau. Le bouclier nous offre, sans aucun doute, le modèle d’un de ces grands boucliers homériques, d’une si énorme dimension que le poète les compare à des tours L

(( Ajax s’approcha, portant son bouclier pareil à une tour, bardé d’airain, formé de sept peaux de bœuf ; c’était l’œuvre de Tycliios, le plus habile de ceux qui travaillent le cuir ; il habitait à Hyla. ))

La tête de ce guerrier est couverte d’un casque, avec une large bordure et un grand «paXoç, auquel est attaché le ; au Hotte un panache (innoopig) très-bien dessiné. Il semble s’être arrêté dans sa fuite ; il a tourné la tête et il s’efforce de frapper le vainqueur de sa longue lance. Le vainqueur est d’une taille gigantesque ; il porte sur la tête un casque semblable à celui de l’homme au bouclier ce grand comme une tour » ; le panache seul est différent : il se compose de trois bandes qui représentent peut-être des plumes d’autruche. On dirait qu’il porte un large ceinturon, car on voit quatre longues courroies qui pendent de ses cuisses ; son corps est le mieux proportionné des quatre. Il saisit de la main gauche le vaincu qui est devant lui ; de sa main droite levée il lui porte un coup mortel avec une large épée à deux tranchants ; sur la garde de cette épée nous voyons encore un très-gros pommeau,

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