râ xuxXœuia (Euripide, Oreste
FOUILLES A TIRYNTHE
les murs très-anciens (comme nous les voyons à côté de la porte aux Lions de Mycènes) composés d’énormes blocs quadrangulaires, grossièrement taillés, posés par assises horizontales, mais dont les joints ne sont pas tout à fait droits, de sorte qu’il reste de petits interstices entre les pierres. Les murs de maisons ou de forteresses construits de pierres quadrangulaires bien taillées et ajustées avec précision, sans mortier, ne peuvent être appelés (( cyclopéens ». Par exemple, les grands trésors souterrains de Mycènes et d’Orchomène n’ont aucun titre à cette dénomination, encore qu’ils puissent remonter à la plus haute antiquité*.
Ou reconnaît facilement, à 1 mille de là, au pied d’un rocher surmonté d’une chapelle dédiée au prophète Élie, la carrière d’où ont été tirés les matériaux de ces murailles. Mais cette carrière ne forme pas un grand creux, comme celles que l’on voit à Syracuse, à Baalbek ou à Corinthe. A Tirynthe et à Mycènes, les constructeurs cyclopéens se sont contentés de détacher les blocs à fleur de rocher.
Le rocher à plate-forme de Tirynthe a 900 pieds (270 mètres) de long, sur 200 ou 250 pieds (60 ou 75 mètres) de large, et de 30 à 50 pieds (9 à 15 mètres) de hauteur. Il s’étend en droite ligne du nord au sud ; il est bordé par le mur d’euceinte cyclopéen dont nous avons parlé. Ce mur a de 25 à 50 pieds (de 7'“,50 à i5 mètres) d’épaisseur; il est dans un très-bon état de conservation. Seulement il n’est pas plein dans toutes ses parties ; mais il est traversé par des passages intérieurs ou galeries à voûtes ogivales; il y en a quatre que l’on distingue facilement. Dans une de ces galeries, longue de 90 pieds (27 mètres), haute et large de 7 pieds 10 pouces (2‘",35), et qui n’est point obstruée de décombres,
1. Cf. ch. Il, p. 71). 11 faut observer aussi que l’emploi de ces différents modes de construction ne correspond pas toujours à une suite régulière dans l’ordre des tem|is ni à un progrès continu dans l’art de bâtir. Des constructeurs très-capables de mettre en œuvre des blocs quadrangulaires ont souvent employé, pour leur convenance, des fragments de rocher, des pierres telles qu’elles sortaient de la carrière, sans être dégrossies, et d’autres pierres qui présentaient naturellement une forme polygonale; on peut citer comme exemples des murs où le plus ancien appareil se trouve employé par-dessus l’appareil le plus récent. Voyez Les Débris cyclopéens de l'Italie centrale, de M. E. II. Bunbury, dans le Musée classique, 1845, vol. II, p. 147 et suivantes. Voyez aussi l’article Mürus, dans le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines du l)>- Smith.